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| | | Essai sur le Heaume entre 1170 et 1205 | |
| | Auteur | Message |
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Wallace Chancelier, Chancelière


Nombre de messages: 429 Age: 23 Lieu d'origine: Dinan Date d'inscription: 04/01/2008
 | Sujet: Essai sur le Heaume entre 1170 et 1205 Ven 3 Oct 2008 - 10:57 | |
| Cette article provient de www.fiefetchevalerie.comLeur autorisation m'a été accordé afin de le faire paraître ici. Il a été écrit par un certain Julien. J ’ai tenté ici de présenter l’évolution et les types de protection de tête ayant coexisté pendant la période allant de 1170 à 1205 environ. A ma connaissance aucune étude sur les heaumes de la fin du XIIème siècle n’a été établie à ce jour. Cette « revue » des heaumes n’est pas exhaustive. Je présente les pièces que je pense être les plus représentatives de cette époque. J’ai classé les heaumes par ordre chronologique. Un heaume daté de 1170 pouvait avoir été contemporain d’un autre daté 1185. Gardez à l’esprit qu’au XIIème siècle rien n’était standardisé en matière d’équipement militaire, ce dernier étant à la charge des combattants. Par conséquent la désuétude devait très certainement côtoyer le dernier cri en fonction du rang du combattant ou « miles ». Il me semble qu’une fourchette de trente ans soit acceptable pour déterminer la durée de vie d’un heaume (ce qui correspond également à la période déterminée comme étant celle entre deux génération à cette époque). Il est vraisemblable que les protections des années 1170 aient survécu jusqu’en 1200 chez les guerriers les plus pauvres ou bien ai été « recyclées » à l’usage des sergents (servientes pedites et equites) ou de miliciens communaux. Les sources qui mettent en scène vers 1200 les milices urbaines, notamment italiennes, montrent des combattants à l’équipement désuet et déjà en usage chez le cavalier des années 1170 - 1175. Par contre le fait qu’une tradition de legs des heaumes entre génération de combattants eut court en cette fin de XIIème siècle ne nous semble pas vraisemblable. D’une part le heaume étant un élément de protection fait de plaque de métal, donc rigide, il est difficile de le réadapter à la morphologie d’un nouveau propriétaire. D’autre part l’essor commercial et monétaire survenu à la fin du XIIème siècle a certainement permis aux « milites equites » (bénéficiaires de premier ordre de cette « révolution économique et sociale » qui redistribue les cartes du monde de la féodalité entre grands « dominus » et la classe de ceux qu’on appelle les « chevaliers ») d’investir plutôt que de compter sur l’héritage d’un heaume mal ajusté et insuffisamment protecteur. Notons qu’il ne devait pas en être de même pour les hauberts, pièce du harnois beaucoup plus dispendieuse, plus facile à faire réparer et dont les capacités d’étirement permettaient plus aisément le changement de propriétaire. De l’esthétique générale et de la forme : On discerne 3 grandes familles de formes parmi les heaumes de la fin du XIIème siècle. La première est la survivance des heaumes de type Spangenhelm que l’on désignera sous le vocable « conique ». La deuxième est la forme dite en « Bombe ». Enfin vient la famille des « timbres plats ». Ce classement tient compte de l’apparition chronologique de ces trois types de « mise en forme » par action de forge. Les heaumes « coniques » : La forme conique regroupe tous les casques monobloc ou composés de plusieurs plaques rivetées entres elles ayant une forme de cône. Citons à titre d’exemple deux pièces archéologiques illustrant ces deux modes de construction : le Spangenhelm en plaques rivetées du Metropolitan museum of Art de New York et le heaume d’Olmutz (ci-dessous)(1) , forgées d’une seule pièce, exposées au Kunshistorshes Museum de Vienne. Le Spangenhelm est incontestablement le casque le plus ancien. Il est l’héritier du savoir des forgerons de l’antiquité et du haut Moyen Age. La mise en forme de type Spangenhelm ainsi que la mise en forme d’une seule pièce restent très présentes dans les sources de la fin du XIIème siècle, ce type de heaume constituant ainsi une norme défensive pour le combattant à cheval depuis le haut moyen age jusqu’au début de la période que nous nous sommes donné d’étudier. Dans les années 1170 - 1175 les heaumes de type côniques ou phrygiens (variante que nous rangeons dans cette catégorie) restent prédominants et semblent constituer comme nous l’avons déjà dit la norme défensive de rigueur dans l’équipement des « milites equites ». A partir de 1180, jusque dans les années 1190 - 1195 il est moins visible, et côtoie alors la forme en bombe . Après cette date, il coiffe très rarement les « milites equites » et semble retrouver un second souffle chez les gens de pieds (« servientes pedites »). La forme conique connaît des aspects variés, elle est haute ou ramassée, se termine en pointe ou est tronquée légèrement, parfois un « bouton » prend place à l’apex. Comme je l’ai déjà indiqué, j’ai classé le heaume de forme Phrygienne dans la « famille » des heaumes de forme conique. Attardons- nous un instant sur cette variante. Le heaume de forme Phrygienne émerge au court du XIIème siècle et se diffuse dans l’ensemble des états d’occident. Cette forme existait bien avant le XIIème siècle. On la retrouve dès l’antiquité chez les peuples Thraces, elle connaît également un certain succès chez les grecs et les romains en guise de couvre chef. Pour ce qui est de sa diffusion au XIIème siècle en Europe Occidentale, il semblerait que le phrygien soit l’adoption d’une mode « orientaliste » très certainement Byzantine. A la fin du XIIème siècle, le heaume phrygien vit ses dernières années, malgré des apparitions sporadiques dans les sources au court du XIIIème siècle sous forme de convention graphique destinée a identifier les combattants païens et orientaux. Son usage courant s’arrête brutalement autour des années 1190 - 1195. L’aspect de la forme Phrygienne est très diversifié, tantôt la protubérance supérieure semble être saillante , piquante et s’élève très haute, tantôt elle est ramassée, adoucie et presque ronde . Entre 1170 et 1190, le heaume phrygien cohabite avec les heaumes de types coniques et à timbre en bombe sans qu’il soit possible de dégager une préférence à une forme plutôt qu’à une autre. Certaines sources lui font néanmoins la part belle. Le Hortus Deliciarum en montre un très grand nombre, sur 35 heaumes observés, 23 adoptent cette forme . Le plus souvent à nasal , on le voit également pourvu d'un masque facial à plusieurs reprises. Outre le fait d’être à la mode, le phrygien revêt-il les mêmes vertus protectrices que le heaume conique standard ? Bien qu’il soit difficile de répondre objectivement à cette question sans avoir pratiqué de « tests », nous supputons qu’il est plus prompt à dévier les coups frontaux en les « chassant » sur les côtés, surtout dans le cas d’un choc occasionné lors d’une charge à la lance. Il offre certainement une meilleure résistance à la déformation, l’arrête centrale formant une « flûte » très résistante contre les coups latéraux. Les échanges en « flux tendus » entre l’orient et l’occident dans ce siècle de croisades font que d’une manière générale, l’influence Byzantine en matière militaire est omniprésente au XIIème siècle (influence que l’on retrouve dans l’art en général). L’exportation du « savoir faire » rend possible le progrès en matière d’éléments de protections individuelles et leur adoption par le combattant d’Europe de l’ouest. Notons qu’à cette même époque les États Latins d’orient subissent en la matière une influence combinée des « Turques » et des « Byzantins », les derniers subissant l’influence des premiers. L’usage presque exclusif du heaume de forme conique perdure tout au long des XI et XIIème siècle (la tapisserie de la reine Mathilde nous en livre un témoignage éloquent), mais ce dernier cède sa place vers 1170 - 1180 à une autre forme, le heaume dit à timbre en « Bombe ». _________________ Chancelier de la Confrérie / Pays de Dinan
Pour l'Ecosse et les peuples celtiques, Haute sera mon épée et ma bravoure. Puisse ma lame trouver la faille.
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|  | | Wallace Chancelier, Chancelière


Nombre de messages: 429 Age: 23 Lieu d'origine: Dinan Date d'inscription: 04/01/2008
 | Sujet: Re: Essai sur le Heaume entre 1170 et 1205 Ven 3 Oct 2008 - 10:59 | |
| Les heaumes à timbres en bombe (« Hanepier ; Henepier ») : Le heaume de type conique se transforme donc peu à peu, très certainement sous une influence venue de l’est (Levant, Byzance), il s’aplatit légèrement pour donner une forme que nous qualifieront « de timbre en bombe ». La terminologie guerrière de la fin du XIIème siècle le qualifie de heaume « Hanepier » ou « Henepier ». On observe les premiers heaumes de ce type dès les années 1170 - 1175. Philippe d’Alsace en est coiffé sur son sceau équestre en 1170. La « bombe » se démocratise de 1170 à 1190. Cette forme de heaume coiffe les « milites equites » assez systématiquement à partir de 1180. Il est présent sur de nombreuses sources mettant en scène les « croisés » de la troisième croisade. Il semble qu’il soit très lié à cette expédition militaire, ou tout du moins à sa représentation. Néanmoins, son existence est brève; en 1195 environ l’apex tend à s’aplatir de plus en plus, pour atteindre la dernière forme de l’évolution du casque de cette période, celui à timbre plat . Quelques heaumes en bombe présentent des « facettes ». C’est-à-dire que leurs surfaces ne sont pas des bombes lisses et régulières, mais elles se composent de facettes plates. On observe ce type de heaume sur le Gisant de Guillaume de Cliton, Comte de Flandres , ou bien encore sur une colonne statue retrouvée entre deux murs de Notre Dame en Vaux de Châlons en Champagne. Au regard de la rareté des pièces de ce type, je pense que cette technique était mal maîtrisée, peu connue ou dépréciée des heaumiers occidentaux. Les pièces pouvaient alors provenir d’importation ou bien encore être l’objet de « commandes particulières ». Les heaumes à timbres plats : Le heaume à « timbre plat » se démocratise à l’extrême fin du XIIème siècle, vraisemblablement autour de l’année 1195. Le plus connu est celui que Richard Cœur de Lion arbore sur son sceau équestre en 1199. Certes, il existe quelques exemples avant cette date. Comme l’essai maladroit de Philippe d’Alsace en 1181 qui porte sur son sceau un heaume à timbre plat, dont le « fût » semble mesurer près de deux fois la hauteur de sa tête (peut être une convention graphique). Ce type de heaume, résolument moderne (surtout celui du sceau de Richard Cœur de Lion), annonce le petit heaume français qui se démocratisera et prendra son essor autour de 1210-1220. En attendant cette date, les heaumes prennent la forme à timbre plat presque dans leur intégralité vers 1200. Il est d’ailleurs étrange de constater que les sources nous montrent quasi exclusivement ce type de protection à partir de cette date. A contrario, dans les décennies qui la précèdent, il est courant de rencontrer des casques de formes diverses, le désuet côtoyant le dernier modèle « à la mode ». A partir de 1200, il semble que cette diversité ne se rencontre plus. Le heaume à timbre plat est forgé d’une seule pièce, ou bien un disque ovoïde (formant l’apex) est riveté à un « tube » de métal qui vient ceindre la tête. On rajoute alors un masque facial et parfois une petite plaque qui couvre l’arrière de la boîte crânienne. L’ensemble de la classe des combattants à cheval a opté massivement pour ce nouveau type de protection. Doit- on en conclure qu’une « industrialisation » ou une « mécanisation » soit intervenue dans sa production ? Je ne peux pas répondre... Néanmoins il semble que sa conception soit moins fastidieuse, moins « technique » que la forge des heaumes précédents, le rendant peut être directement abordable au plus grand nombre, même aux « milites equites » les moins argentés. Le fait que les opérations de forge soient moins longues, que l’ajustage en soit plus aisé, ont certainement réduit le coût de ce heaume, expliquant peut- être ainsi sa diffusion si rapide (Commande, achat, entretien, réparation). Des éléments protecteurs : Les éléments de protection qu’ont utilisé les heaumiers à la fin du XIIème siècle sont très diverses. J’expose ci-après un à un les éléments de protection qui participent à la défense du visage, des côtés et de l’arrière du crâne. Le nasal (« nasial ; nasel ») : Le premier élément observé, le plus présent sur les sources, le plus anciennement usité, presque emblématique de la période dite « Féodale », c’est le nasal. Son origine est très ancienne et remonte à l’antiquité. Au début de la période du moyen-âge classique (1000-1150), on l’observe sur un nombre important de sources. Sur la tapisserie dite de Bayeux, certainement la plus populaire des sources de cette période, tous les combattants sont coiffés de heaumes à nasal. La deuxième moitié du XIIème siècle voit l’émergence de nouvelles formes de heaumes, mais le nasal est encore majoritairement présent de 1150 à 1200, date qui marquera son déclin. Selon la technique utilisée, le nasal est rapporté par rivetage, monobloc du bandeau ou bien forgé d’une pièce avec le timbre à l'instar du heaume d’Olmutz, forgé en une seule pièce, exposé au Kunshistorshes Museum de Vienne (voir image ci-en haut). On observe le nasal sur toutes les formes de heaumes. Le nasal protège le plus souvent le nez, mais il couvre parfois la bouche, le menton et même la glotte (Image ci-dessous à droite). L’usage millénaire du nasal n’a pas empêché les forgerons de la fin du XIIème siècle d’innover en lui apportant des modifications et en le transformant. Le nasal « masque » (« joière ») : Autour de 1180 apparaît une nouvelle forme de nasal, que j’ai qualifié de « nasal masque » ou « joière » pour reprendre le terme usité à cette date. Il s’agit d’un nasal élargi, destiné à protéger les joues. Cette innovation est déjà visible vers 1170 sur un heaume à timbre en « bombe » où l’on observe un étirement du nasal lui-même sur les joues, formant ainsi un T parfait inversé . Cette timide innovation est suivie dans les années 1180 - 1190 par le rivetage d’une plaque indépendante formant ainsi un T inversé plus couvrant, protégeant la bouche, le menton et les joues; on peut citer pour exemple ce pion de tric trac représentant un Chevalier chevauchant un coq , (fin XIIème siècle, Louvres, France). D’autres sources nous montrent des nasal « masques » ajourés de trous ou de fentes verticales afin de faciliter la respiration. Certaines sont manuscrites (BNF, Ms Latin 7936, F°74v°), d'autres statuaires comme le gisant de Guillaume de Cliton (1185), d’après un dessin d’A.de Succa (1602, Bruxelles, Bib. Roy. Ms. II 1862 D. f°96) déjà montré plus haut . Le nasal « masque » semble être une réponse trouvée à la préoccupation des heaumiers à protéger plus efficacement le visage. Nous ne pensons pas qu’il faille y voir un pré-masque, les deux coexistant aux mêmes dates, mais plutôt une alternative entre innovation et conservatisme de la caste combattante. _________________ Chancelier de la Confrérie / Pays de Dinan
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|  | | Wallace Chancelier, Chancelière


Nombre de messages: 429 Age: 23 Lieu d'origine: Dinan Date d'inscription: 04/01/2008
 | Sujet: Re: Essai sur le Heaume entre 1170 et 1205 Ven 3 Oct 2008 - 11:00 | |
| Les masques : Vers 1200, les sources montrent la quasi-totalité des « milites equites » soient coiffés par des heaumes fermés. La lente évolution, qui amène à la fermeture du heaume passe par le masque et par le « nasal masque », ces deux innovations coexistant (comme vu ci-dessus). En 1170, le masque est déjà présent, visible sur le RolandSlied des Pfaffen Konrad . Le masque est une plaque protégeant le visage, rivetée sur l’avant du heaume, ne couvrant généralement pas les oreilles. Il possède deux orifices oculaires nommés « uellière » ou « fenestral ». Le masque est toujours riveté au bandeau ou directement sur le timbre (pas de masque forgé d’une seule pièce avec le timbre). Les exemples les plus anciens que nous ayons pu trouver sont originaires d’Allemagne comme vu ci-dessus et d’Italie Normande avec une version du « meurtre de St Thomas Becket » (1180, Eglise de Santi Giovanni e Pado, Spolète, Italie) ou encore sur un bas relief du cloître de la cathédrale de Montréal en Italie. On peut y discerner encore une fois une influence Byzantine ou slave (heaume à masques visages). Mais le masque ne constitue en rien une spécificité de l’Est Européen de la fin du XIIème siècle, il est présent également dans les sources Alsaciennes ( Hortus Deliciarum ) vers 1185, en Angleterre ( Peintures Murales, 1195, Shropshire, Eglise of all saints, Claverly ) ou bien encore en Espagne ( Codex du monastère San Pedro de Cadena, 1185 ) ou en France sur la bible dite de Manerius (Champagne, 1185, Bib St Geneviève MS 0010 f°127V ci-dessous). Les Géniastères* : La recherche entreprise dans la protection du visage du combattant connaît des phases d’expérimentations parallèles. Au cotés du nasal, du « nasal masque » et du masque on trouve les géniastères*. Une sculpture du cloître de la cathédrale de Montréal (Sicile) réalisé vers 1180 nous montre le premier exemple de géniastères que j’aie pu observer. Les géniastères sont des bandes de protections qui garantissent les maxillaires et le menton. En voici un exemple sur l'une des dix effigies de Temple Church à Londres (Geoffrey de Mandeville, 1195) . On observe parfois qu’elles rejoignent un nasal, formant ainsi une sorte de heaume aux orbites « démesurés » comme dans le « Meurtre de saint Thomas Becket» psautier, 1190 ou bien encore sur le sceau de Eudes de Bourgogne, 1190 . * terme emprunté à Mr Germain Demay dans « Le costume au MA d’après les sceaux DEMAY 1880 p131 ». Les protège-nuque : Ce type de protection reste quasi inexistant jusqu’à l’extrême fin du XIIème siècle. En effet, à partir des années 1195, avec l’adoption par le cavalier du heaume à timbre plat, l’adjonction de plaques protégeant la nuque devient plus courante, puis quasi systématique vers 1200. Néanmoins, j’ai observé quelques rares pièces antérieures qui dénotent déjà des préoccupations dans ce domaine influencé très certainement par les protections de monde Byzantin (Chronique de John Skylitzes, Bibliotéca Naçional, Madrid (seconde moitié du XIIème siècle). La tapisserie de la reine Mathilde , le Hortus Deliciarum , le portail de Sigurd ou bien encore un « miles » figuré sur les fresques de l’église d’Areines représentent quelques exemples de heaumes de forme conique (ainsi que phrygiennes) à nasal pourvus d’un long « ergot » arrière, riveté ou intégré au bandeau, garantissant la nuque. Citons également une pièce archéologique conservée au musée de l’artillerie de Paris, datée du XIIème siècle, qui possède une protection de nuque en forme de long « nasal articulée » attaché à l’aide d’un crochet au bandeau. Un manuscrit italien de 1180 représente des combattants coiffés de bassinets , c’est à dire un heaume forgé d’une seule pièce, descendant très bas sur la nuque. L’Italie semble novatrice en ce domaine. En effet, au « Duomo » de Modène apparaît sur un bas relief un combattant coiffé d’un heaume très proche des casques byzantins des Chronique de John Skylitzes, pourvu d’un nasal et d’une crête centrale de forme phrygienne. Le heaume s’évase à ces extrémités et se prolonge vers la nuque.Des spécificités géographiques : Il est difficile de déterminer si le combattant de la fin du XIIème siècle a eu un équipement défensif semblable selon qu’il soit Gascon ou Flamand... Il est ardu de répondre précisément à cette problématique, en effet, limité par le nombre de sources, trompé parfois par l’origine de ces mêmes sources, les « spécificités régionales » n’apparaissant pas avec évidences. Néanmoins j’ai relevé quelques éléments que j’ai pensé être des « spécificités régionales », tout en gardant à l’esprit leur aspect conjectural. Pour la France du Nord, deux éléments en particulier semblent plus présents qu’ailleurs. En premier lieu, le Bouton qui prend place à l’apex du heaume. Il semble qu’il soit beaucoup plus présent sur les heaumes de cette origine ou Bible de Manerius (ci-dessous à gauche). Je ne sais rien de l’utilité du « bouton ». Simple ornement ? Élément fonctionnel de protection ? Proto - cimier ? La deuxième spécificité que j’ai obsrevée pour la France du nord, c’est le « nasal masque ». Mis à part le nasal élargi germanique en forme de T inversé du « Rolandslied des pfaffen Konrad » et quelques exemples espagnols, cette élément protecteur est visible sur de nombreuses sources du Nord de la Loire à partir de 1180. On le retrouve notamment sur le « Goliath » du Ms N°1 BM Bourg en Bresse ou bien encore sur le personnage d’un Pion de Trictrac daté 1185 et exposé au musée du Louvres. On peut penser que cet protection ait rencontré un certains succès auprès des « milites eques » de ces régions. Les régions de culture germanique et l’Italie du Nord semblent avoir été plus influencées que le reste de l’occident par les innovations venues de l’est (Byzance et le moyen orient ; Monde Slave). L’étude des sources relatives à ces régions met en lumière une attitude moins conservatrice que le reste de l’Europe en matière d’adoption de nouveaux équipements défensifs par les combattants. Cette zone, correspondant plus ou moins au Saint Empire Germanique, est plus prompte à adopter des équipements nouveaux, souvent plus efficaces. Notons l’apparition du masque dès 1170 (« Rolandslied des pfaffen Konrad ») ou bien encore l’adoption massive de heaumes à cannelures vers 1180 - 1185 ( Hortus Deliciarum ). Il est possible que cette région ait eu une légère supériorité en matière d’équipement militaire à cette époque sans que j’aie pu trouver une raison particulière. Les recherches concernant le haubert tendent à démontrer que les haubergiers Germaniques possédaient également un savoir technique supérieur et une tendance au « progrès ». L’Angleterre parait avoir été la plus conservatrice en matière d’armement défensif. Nous n'examinons les premiers heaumes à masques facials que dans les années 1190 - 1195. Avant cette date, les formes de Bombe et de Spangenhelm restent grandement majoritaires. Je ne possède que peu de de sources pour l’Italie du sud et l’Espagne, néanmoins il apparaît que l’influence arabe et Byzantine soit dans ces régions la plus forte. Citons à titre d’exemple le facial d’un heaume d’une sculpture du cloître de la cathédrale de Montréal (Sicile) qui se trouve richement décoré de motifs (damasquinage) très influencés par l’art oriental de la même époque. Notes sur le conservatisme : Sur le manuscrit nommé « Rolandslied des pfaffen Konrad » on observe que la plupart des cavaliers sont vêtus de hauberts et coiffés de heaumes en forme de bombe à nasal. Cependant un combattant dont le statut ne semble pas différer des autres arbore un heaume à facial complet . Pourquoi ses pairs n’ont-ils pas, alors qu’il existe visiblement, tous opté pour un heaume plus protecteur ? Pour appréhender la disparité des valeurs protectrices des équipements des combattants (incluant aussi certainement un aspect qualitatif), il faut tenter d’aborder la mentalité du « miles equites », et plus particulièrement le conservatisme dont il fait preuve en la matière. La fin du XIIème siècle, comme je l’ai déjà dit, est une période d’innovation en matière d’équipement défensif. Les sources nous livrent quelques éléments de réponses quant à la mentalité des combattants. La plupart des équipements innovant (comme le heaume à timbre plat) sont visibles, (pour leur première apparition) sur nos sources relatives à de grands personnages de l’époque, les plus riches en fait. On peut supposer que c’est par eux que l’innovation émerge. Ils imposent avec un effet à rebours, la mode militaire de leur temps. Ces personnages devaient s’attacher des heaumiers et forgerons de choix et payer fortement des expérimentations, comme on le ferait de nos jours d’un laboratoire scientifique... Les résultats sont probants, Philippe d’Alsace semble être un pionnier en matière d’expérimentations défensives ( heaume à timbre plat ). L’exemple d’avant-gardisme le plus éloquent, le plus surprenant aussi, est celui de Richard Cœur de Lion. Ce dernier arbore sur son sceau équestre dès 1195 un petit heaume qui n’est pas sans rappeler la forme du petit heaume français des années 1225 - 1230 ! Les disparités d’équipements défensifs coexistent chez les combattants. Des proches du roi lui-même, bénéficient de matériel moderne, performant et de qualité supérieure aux sergents des seigneurs de l’arrière ban; parfois un siècle les sépare... _________________ Chancelier de la Confrérie / Pays de Dinan
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|  | | Wallace Chancelier, Chancelière


Nombre de messages: 429 Age: 23 Lieu d'origine: Dinan Date d'inscription: 04/01/2008
 | Sujet: Re: Essai sur le Heaume entre 1170 et 1205 Ven 3 Oct 2008 - 11:00 | |
| Hypothèses sur le Heaume double : A l’instar du haubert, il semble qu’il existe aussi des heaumes doubles. En effet, les comptes Royaux de Philippe II Auguste nous parle de « heaumes doubles » (galea duplices) qu’ils différencient des heaumes « singularis » (1). Qu’est ce qu’un heaume double ? La première hypothèse exprimée par A. Prévost (2) est que « les heaumes doubles devaient être des casques qu’on pouvait lever et rabattre ». Cette idée me semble fausse, du fait qu’aucune source ne mentionne l’usage de visières articulées pour cette période. Cet accessoire verra le jour à la fin du XIIIème siècle, début du XIVème siècle. Selon Viollet le duc (3) il est possible qu’il s’agisse de heaumes auxquels on aurait joint une coiffe de maille indépendante du haubert. Cette hypothèse me semble aujourd’hui désuète. Il est possible aussi qu’il s’agisse de l’adjonction d’une cervelière de métal ou de cuir sur ou sous la coiffe du haubert. Il est également possible qu’à une époque où la plaque faciale est déjà bien établie (1200), le terme "double" concerne l’adjonction d’une plaque qui referme le casque au niveau de la nuque, ce qui serait l’amélioration du heaume simple a facial. Un heaume dernier cri en somme, préfigurant le heaume type "tonneau" que l’on voit sur les miniatures du milieu du XIIIème siècle ( Bible de Maciejowski , la vie d’Edouard le confesseur , etc.) Les éléments en ma possession ne me permettent pas à l’heure actuelle de pencher pour l’une ou l’autre de ces théories. Peut être s’agissait-il aussi de heaumes « blindés », deux fois plus épais que les heaumes « standards », les recherches en la matière restent ouvertes... (1) XV - 9, 11, 6 - XVI - 4, 6, 18, 26 (2) Cartulaire Normand p299, L. Delisle (3) Dictionnaire du mobilier t-VI p118 Les heaumes cannelés : On observe de nombreux exemples de cannelure ou flûtage sur les heaumes de la fin du XIIème siècle. Il semble que cette technique ait été utilisée surtout en Italie du Nord et en Germanie pour l’Europe Occidentale. La cannelure ou flûtage est une technique de forge consistant à repousser le métal en une arête, créant ainsi une dépression destinée à renforcer la structure de la pièce. L’observation m’a montré que trois types de cannelures coexistaient. Je distingue le type 1, type 2 et Type 3 : Le type 1, consiste à créer des cannelures convexes dans le métal, et repousser ainsi les flûtes vers l’extérieur. Cela a pour effet de créer des bombances externes, un peu à la manière d'un moule à charlotte. Le type 2, consiste à forger des cannelures concaves partant du bandeau vers l’apex. Les flûtes présentent alors des bords saillants. Le type 3, combine les deux aspects vu plus haut, c’est-à-dire une cannelure concave, au centre de laquelle on forge une cannelure convexe. Les heaumes à cannelures sont très présents tout au long du XIIème siècle, on en observe de très nombreux exemples sur les sources. Précisons que le type 2 est le plus largement diffusé. Le type 1 de nature peut être un peu ancien semble beaucoup moins présent. On peut l’observer sur un statuaire de la cathédrale d’Angoulême , représentant un combat contre un païen, vers 1120 ou bien encore sur deux guerriers du chandelier en marbre exécuté par Nicola d’Angelo et Pietro Vasslletto dans l’église San Paolo fuori la mura à Rome vers 1170. On le trouve également sur un bas relief de la cathédrale de Bari (ci-après à droite). Le type 2, comme je l’ai déjà dit, est le plus représenté tout au long du XIIème siècle. Une plaque du reliquaire « des enfants de Saint Sigismond » et un statuaire de l’église de Montceaux l’étoile représentent un « miles » coiffé d’un heaume à larges cannelures concaves (Type 2), pour ce même type, une statue de Saint Gilles du Gard montre un guerrier au heaume phrygien à petites cannelures concaves (type 2). A l’image de l’équipement de cette époque, rien ne semble standardisé, la taille des cannelures et leur profondeur sont très variables en fonction des modèles observés. Le nombre de heaumes cannelés est très important dans le manuscrit alsacien « Hortus Deliciarum » . L’auteur représente un combattant sur deux environ coiffé de ce type de heaume (type 2). Les heaumes sont en forme de bombe, à nasal, flûtés verticalement de petites cannelures. Vu la profusion de ce type de heaume au sein de ce manuscrit, il est possible qu’il s’agisse d’une particularité de cette région. Ce fait constitue en tout cas un indice supplémentaire alimentant l’hypothèse d’une supériorité de l’armement, défensif particulièrement, en Germanie à la fin du XIIème siècle. Le type 3, quant à lui, n’est représenté à notre connaissance que sur une seule statuaire, un chevalier de l’église Sainte Justina de Padoue. La toute fin de la période voit naître des innovations en matière de cannelures. Elles sont désormais présentes sur les heaumes à timbre plats (type 2), comme sur les personnages représentés sur le « Reliquaire de Charlemagne en Argent », vers 1200, encore une fois en Allemagne actuelle. Vers 1190, une nouvelle forme de cannelure apparaît (Type 3), il s’agit d’une cannelure concave, renforcée en son centre d’une cannelure convexe. On observe celle-ci sur une statuaire de l’église St Justina de padoue. Gageons que la structure de ce heaume devait être remarquablement résistante à la déformation et constituait sans doute l’ultime « blindage » pour cette fin de siècle. Les cimiers, les peintures : Le cimier (« flamboie ; flamboiant ») : Le cimier est quasi inexistant tout au long de la période. Mis à part l’exemple très connu visible sur le sceau de Richard Cœur de Lion en 1199, aucun autre exemple n’a été porté à ma connaissance. Comme nous l’avons vu, des éléments décoratifs prennent place tout de même à l’apex du heaume, comme les boutons très présents au nord de la Loire. A la toute fin de notre période, vers 1200, l’« Eneid » de Heinrich von Veldecke montre des chevaliers portant des petits drapeaux au sommet de leur heaume, ces derniers reprenant des figures heraldiques. Exemple unique, et disons le, anecdotique, ces enseignes ont-elles eu une existence matérielle ? Il est possible qu’il s’agisse d’un moyen qu’a utilisé l’auteur pour signifier les personnages du récit... S’agissant d’un récit de fiction, il est impossible de vérifier cette hypothèse. Les fresques de l’église St Pierre et St Paul de Coincy nous donnent l’exemple d’un appendice un peu différent. Il s’agit d’une mitre d’évêque. Elle prend place sur le bandeau du heaume et semble ne pas avoir de garniture intérieure (c’est-à-dire qu’elle enserre seulement le heaume au niveau du bandeau). Elle nous indique la fonction ecclésiastique du combattant qu’elle coiffe. Ce type de « Cimier » a-t-il réellement existé, l’artiste ne l’a-t-elle pas figuré seulement pour faciliter la lecture de son œuvre et la reconnaissance des protagonistes ? Devons-nous nous questionner au même titre que sur les petites enseignes de Heinrich Von Veldecke... Il est probable que non, « les heaumes mitrés » sont fréquemment représentés dans l’iconographie, il ne s’agit pas d’un exemple isolé. Les ecclésiastiques devaient très certainement faire montre de leur fonction et de leur rang grâce à ces « cimiers » sur les champs de bataille. Nous pensons que les mitres de guerre devaient être confectionnées de tissu, peut être de parchemin, décorées de broderie ou de peintures à caractère biblique. Les heaumes peints (« helm de color ») : Les seules sources qu’il m’ait été possible d’étudier sur les peintures des heaumes sont les données iconographiques. Ces dernières nous livrent de précieux renseignements. Avant toute chose, il est important d’écarter les méprises possibles quant à la lecture de certaines enluminures. Les heaumes sont colorés de gris bleu le plus souvent, mais aussi de noir, marron, beige, jaune et leurs dégradés. Nous supposons que toutes ces couleurs font références à du métal. En effet, toutes ces couleurs peuvent être obtenues par des opérations de forge (comme le "revenu"). Les chansons de gestes y font largement référence à de nombreuses reprises, comme dans ce passage d’Erec et Eneïde (v.3684) « ...Et son hiaume bruni luisant... ». Une fois écartée cette possible confusion, qu’observons nous des peintures de heaumes sur les sources... Outre le fait que les peintures protègent le casque des atteintes de l’humidité et qu’elles l’embellissent, il semble surtout que ces dernières aient été utilisées aux fins de reconnaissances des combattants. Les plus simples ne recouvrent qu’une partie du heaume, le plus souvent le nasal ou se résument à un symbole peint sur les cotés du heaume comme sur la « Bible dite de Manerius » au folio 3v où l’on voit une simple croix blanche. Les couleurs sont le plus souvent en rapport avec les couleurs portées sur l’écu du combattant, bien que ce ne soit pas systématique et qu’il ne semble pas y avoir de règle établie. Le sceau de Philippe d’Alsace en 1181 est peint du lion des Flandres sur son côté. Les personnages de l’Eneït de Heinrich von Veldecke vers 1200 portent également des meubles héraldiques peints sur les faces du heaume. Les couleurs et meubles de l’écu sont repris et entièrement apposés sur les heaumes comme le montre un coffret de mariage du trésor de la cathédrale de Vannes. Mais les peintures ne sont pas toujours de nature héraldique. On peut voir sur le « Liber ad Honorem Augusti » de pierre d’Eboli, des groupes de combattants arborant des heaumes marqués d’une bande blanche sur fond vert. Le fait que tous ces combattants soient « peints » du même signe nous fait faire l’analogie avec les sigles qu’emploient les équipes sportives modernes. La miniature en question représente le siège d’une place forte, il est vrai que ce genre de dispositif de reconnaissance devait s’avérer fort utile au plus fort de l’assaut... Notes sur la terminologie relatives aux heaumes à la fin du XIIème siècle : Helm : (Langue d’Oïl), XIème - XIVème siècle, terme générique désignant le heaume. Galea : (Langue d’Oïl), XIème - XIIIème siècle, terme générique désignant le heaume _________________ Chancelier de la Confrérie / Pays de Dinan
Pour l'Ecosse et les peuples celtiques, Haute sera mon épée et ma bravoure. Puisse ma lame trouver la faille.
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|  | | Dame Azalaïs Chancelier, Chancelière


Nombre de messages: 922 Age: 25 Lieu d'origine: Nantes Date d'inscription: 28/02/2007
 | Sujet: Re: Essai sur le Heaume entre 1170 et 1205 Ven 3 Oct 2008 - 14:14 | |
| Wahou, il y a beaucoup! Vous n'auriez pas quelques petites photos? Je ne vois pas bien toutes les différences... _________________ Dame Azalaïs, Chancelière de la Confrérie / Pays d'Anjou
Il arrive parfois que les frontières entre les mondes s'estompent... Qui peut dire alors ce qui est impossible ou ne l'est pas ?...
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|  | | Godefroy de Bouillon Chevalier de la Confrérie


Nombre de messages: 2149 Age: 39 Lieu d'origine: Duché de Lorraine / Pays de Brocéliande Date d'inscription: 21/07/2006
 | Sujet: Re: Essai sur le Heaume entre 1170 et 1205 Ven 3 Oct 2008 - 15:24 | |
| | Dame Azalaïs a écrit: | Wahou, il y a beaucoup!
Vous n'auriez pas quelques petites photos? Je ne vois pas bien toutes les différences... |
J'allais le dire !! Vous vous Baladinisez mon cher !!!!!  _________________ Godefroy de Bouillon, Chevalier de la Confrérie, Administrateur du siteChancelier de la Confrérie / Pays de BrocéliandeSois sans peur face à ton ennemi Sois courageux et loyal Prêche la vérité Protège les faibles et les démunis Tel est ton serment... _________________  |
|  | | lucifiel Baron, Baronne


Nombre de messages: 465 Age: 20 Date d'inscription: 01/05/2007
 | Sujet: Re: Essai sur le Heaume entre 1170 et 1205 Sam 4 Oct 2008 - 13:55 | |
| merci pour ce superbe sujet tres interessant _________________ les soldats vivent, et se demandent pourquoi |
|  | | | | Essai sur le Heaume entre 1170 et 1205 | |
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