LE PAPIERLe papier voit originellement le jour en Chine dés le IIe siècle avant notre ère. ce sont les orientaux qui développèrent la technique, de la Chine vers le Japon, et également le bassin indien.
L’Extrème-Orient garde le monopole du papier jusqu’au VIIIè siècle. Ce sont les arabes qui en ont découvert le secret de fabrication après avoir capturé des artisans papetier chinois, lors de la prise de Samarcande en Asie Centrale.
Très vite, vers 794-795, des fabriques de papier apparaissent dans l’empire arabe, tout d’abord à Bagdad, puis au Yemen, à Damas, à Tibériade et à Tripoli. Son expansion continuera vers le Nord-Ouest et le sud-ouest, passant par Antioche ou Constantinople.
Le papier apparaît aussi en Egypte où il remplace peu à peu le papyrus. Le pays déploie une fabrication à base de fibre de lin et de chanvre, donnant un papier plus fin que celui de Samarcande. La Sicile, sous domination arabe devient une plaque tournante du commerce du papier. C’est cette base forte qui permettra l’incursion du papier en Italie puis vers le nord. L’Espagne aussi voit apparaître plusieurs fabrique de papier.
Les matières premières n’étant pas les mêmes d’un continent à l’autre, les fabricants arabes ont du s’adapter. Ainsi, des fines baguettes de roseaux remplacent le bambou, et le crin de cheval remplace la soie.
Les fabriques arabes utilisaient principalement du lin d’Egypte ou d’Espagne, du chanvre de Samarcande, d’Espagne ou de Syrie sous formes végétales mais surtout tissées comme les cordages de chanvre ou les chiffons de lin.
Le changement majeur de la technique de fabrication réside essentiellement dans le blanchiment des chiffons de lin ou de chanvre avec de l’eau de chaux puis un effilochage des fibres au ciseau. De même, le pilonnage n’était plus assuré par un marteau, mais par une meule dont le fonctionnement était assuré par des hommes ou des animaux, comme les agriculteurs faisaient dans les moulins à grain par exemple. Il apparaît au même moment les prémices des pilons à moteur hydraulique.
Au niveau de l’essorage, les papetiers arabes préféraient mettre sous presse.
Dans la même optique que les parchemins, les feuilles de papier pouvaient être lustrées à la pierre avec de l’argile blanche et fine, du gypse ou de la farine blanche.
Enfin, pour les finitions, l’encollage se faisait à base d’amidon de riz comme c’était le cas pour les papyrus égyptiens, ou bien à la gomme adragante dans l’Empire Musulman d’Occident.
Des papiers marbrés ont été mis au point chez les papetiers turcs. Les feuilles sont apprêtées et polies pour qu’elles soient souples et lisses, avant que les couleurs du calligraphe ne soient posées . La feuille était ensuite marbrée à l’eau et aux pigments gras.
Les italiens étaient les principaux importateurs du papier arabe à travers l’Europe, et utilisaient déjà ce support pour leurs propres besoins depuis le XIIè siècle. A peine un siècle plus tard, le papier est devenu un bien d’exportation grâce à une méthode mécanisée. C’est dans ce même siècle qu’apparaît à Fabriano une fabrique de papier, dont la méthode est totalement différente de la technique arabe. Au vu de son succès, d’autres moulins apparaissent à travers l’Italie.
Les italiens développent des dispositifs utilisant l’énergie hydraulique avec le système de la roue à aube. Cette énergie active des maillets à frappe verticale grâce à des arbres à came. Cette technique accroît le rendement et donne un résultat plus régulier. Parallèlement, le marché du papier commence à se mettre en place de façon prolifique. La France et l’Allemagne sont les premiers à retirer le monopole du papier à l’Italie par la suite.
Voici les étapes de fabrication de cette technique qui restera presque inchangée jusqu’au XIXè siècle :
Les chiffons sont tout d’abord nettoyés, blanchis au soleil et découpé en lanière après avoir enlevé tout élément impropre. Les chiffons subissent ensuite un triage par rapport à la qualité du tissu.

Les chiffons fermentent plusieurs semaines dans une citerne appelée le pourrissoir, où ils ont été aspergés d’eau.

La pâte est ensuite transportée dans des petites cuves où des maillets cloutés tombe lourdement sur la pâte dans un mouvement régulier, grâce au mécanisme du moulin. Un deuxième battage appelé Affinage s’effectue avec des maillets cloutés plus tranchants.

La pâte est délayée à raison de 2% dans de l’eau claire et versée dans une grande cuve dont un réchaud maintient l’ensemble du contenu tiède.

Un ouvrier plonge ensuite dans la cuve la forme : châssis rectangulaire quadrillé par des tiges de sapin appelées pontuseaux et un réseau plus fin dans l’autre sens en fil de laiton nommé vergeures. L’eau s’écoule mais la matière reste sur la grille, assiste d’un mouvement de tamisage pour réguler la matière. Le quadrillage métallique laisse une trace dans l’épaisseur de la feuille ne formation appelée la « marque d’eau ». Cette sorte d’image fantôme dans l’épaisseur de la feuille sera propre aux papiers produits jusqu’au XVIIIème siècle.

L’ouvrier enlève la couverte, c’est à dire le cadre autour de la forme pour la positionner sur une autre forme pendant que l’ancienne est posé sur un feutre. Un autre ouvrier retourne le tout afin de pouvoir enlever la forme. Par la suite il se crée donc une succession de feutre/papier/feutre/papier.

La pile est ensuite placée sous presse, afin de réduire l’épaisseur de la pile d’un tiers. C’est à ce moment que se construisent les liaisons hydrogènes entre la cellulose et les fibres, et c’est ce qui donnera la solidité mécanique du papier.

Les feuilles sont ensuite détachées des feutres et mises à sécher sur des étendoirs, dans une salle où l’on peut régler l’entrée du vent et donc la vitesse de séchage.

L’encollage s’effectue avec une gélatine animale à partir de rognures de peau bouillies. L’ouvrier plonge une centaine de feuille dans une cuve contenant cette gélatine maintenue tiède, et ressort le tas de suite.

Les feuilles sont remises sous presse pour enlever l’excédent de colle, à nouveau séchées et remises sous presse dans le lissoir.

Des ouvrières passent un grattoir sur les feuilles afin d’enlever les aspérités et passe un lissoir pour égaliser le grain du papier.

Les feuilles défectueuses seront réutilisées comme pâte à papier, et les autres sont classées en cinq catégories : le bon, le retrié, le chantonné, le court et le cassé. Les feuilles vouées à l’écriture sont celles des deux premières catégories.
LE LIVREEntre le XIIe et le XIVe:Avant cette période, les livres étaient des cahiers reliés par des points de chainettes et recouvert de plats en bois avec des poignets pour les saisir, sur le principe de la reliure copte:

Les livres sont rares et chers, le corps d'ouvrage est l'oeuvre des moines copistes et la reliure (comprenant les plats) celui de l'orfèvre.
VIIIeme siècle: Couture sur nerf fendu (du cuir ou parfois du parchemin fendu en deux pour la largeur du corps d'ouvrage) apparaît, ainsni que les tranchefiles
Ceci est une tranchefile, cela permet de renforcer le bord du dos, afin de le saisir sans tout péter:

Les livres sont munis de fermoirs dont voici un principe:

Les reliures ordinaires sont recouvertes de cuir très rude comme le mouton, la truie, le cerf ou du parchemin. les reliures précieuses était recouvertes d'étoffes (velours, brocart, camelot), de bois (incrusté de pierres, de plaques d'ivoire), de métal précieux.
Le cousoir apparaît au XIIeme, en même temps que les plats de bois s'affinent, puis apparaît au XIVeme les ais en carton recouvert de veau lisse ou de cuir de boeuf, parfois teint en rouge ou vert.
Coté décor du livre, on utilisait deux procédés:

La ciselure, c'est à dire le cuir gravé à l'aide d'un poinçon

L'estampage, soit l'empreinte réalisée sur le cuir humide à k'aide dde plaque de bois gravé en creux ou en relief
Le titre des livres était écrit ou peint à la main sur la tranche.
Le XVIeme:Ce siècle voit apparaître les fameux incunables, appliquant les premières techniques d'impression avec une structure calquée sur les manuscrits enluminé (notamment au niveau de l'écriture gothique, des lettrines et des plaques gravées calqués sur le style des enluminures).
Le nombre de nerfs de couture passe de 3-4 à 5-7, le cuir est du veau brun ou de la basane, et le papier remplace donc le parchemin.
Le décor à froid permet dés 1480 de graver le centre des plats grâce à une presse à balancier. La dorure sur cuir apparait également grâce aux musulmans.
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Quod non est in libris, non est in mundo