LE PARCHEMINI . Technique de fabrication1. EtapesLes peaux destinées à devenir des parchemins viennent principalement d’ovins et de caprins. Elles sont conservés dans le sel, car c’est la présence d’eau qui provoque l’apparition de moisissures. Les peaux peuvent être stockées jusqu’à 5 mois à une température de 5°C.
-Trempe de la peau :Les peaux sont mises dans un ou plusieurs bains afin d’être nettoyées et réhydratées. Les bains ne doivent pas dépasser les 38°C ,auquel cas la peau devient de la gélatine. La trempe dure entre 1 et3 jours.
-Epilage :Les peaux sont ensuite placées dans un pelloir contenant un bain de chaux pendant 15 jours à 3 semaines suivant l’épaisseur des peaux. A l'époque, ces bains alcalin étaient faits à base d'urine croupies

. Des méthodes plus rapides existent, à base de sulfure, mais cela pose problème de recyclage, dans le sens où ce procédé est dés le départ une source de dégradation pour la peau (détérioration du collagène). On peut aussi replonger les peaux dans un deuxième bain de chaux plus concentré. C’est cette opération d’épilage qui différencie des peaux parcheminées des peaux qui seront utilisé pour le cuir. Ces dernières ne passent pas par des bains de chaux et sont tannées. Une autre technique consiste à utiliser de la pâte de chaux assez faible sur le coté chair de la peau, que l’on replie. On attend ensuite quelques jours. La chaux utilisée permet de solubiliser la kératine et les graisses de la peau.
-Passage des peaux dans le foulon :On pratique tout d’abord le déchaullage, qui consiste à faire baisser le pH qui était à 12 ou 13 (c’est à dire très peu acide) avec des acides faibles. On procède ensuite au décrassage de la peau avec des enzymes. Le dégraissage (ou déconfitage) de la peau se fait avec des savons à une température élevée. La peau parcheminée a un pH neutre, à l’opposé du cuir qui a un pH acide. La peau obtenue est souple et blanche. Elle peut garder une teinte jaune si elle n’a pas subit d’opérations de décrassage et dégraissage.
-Tension de la peau sur le cadre :La peau humide est fixée sur un cadre en bois des petits picots bien enfoncées pour qu’ils ne sautent pas au séchage. Plus on tirera sur la peau, plus elle sera blanche. On peut tendre plusieurs peaux sur un cadre suivant leurs épaisseurs. Les peaux peuvent être tendues sur des cadres circulaire, rectangulaires, et on peut par la suite faire les opérations d’épilage, déchaulage, décrassage et dégraissage directement dessus. Lorsque la peau est tendue sur le cadre, on peut racler sur le coté chair pour finir d’enlever les substances graisseuses. Ce n’est pas pour autant qu’il faut à tout prix enlever toute la graisse à la peau, car c’est cela qui permet à la peau de garder de la souplesse.

-Séchage :Les cadres sont entreposées verticalement dans un lieu ventilé. C’est l’air qui sèche les peaux et non la chaleur. Les peaux sont entreposées dans un lieu ventilé même après le séchage complet, pour ne pas qu’elles se déforment. Certaines peaux peuvent être refendue dans l’épaisseur, mais elles deviennent moins solides et plus sensibles à la lumière.
2. Caractéristiques :- Lorsque le parchemin est tendu, les fibres se rapprochent et s’organisent en couches parallèles.
- Tout comme le cuir, le parchemin n’a pas de sens général, les fibres sont orientées de façon différentes suivant les parties du corps de l’animal.
3. Les différentes sortes de peaux :- Le mouton : mauvaise qualité, car beaucoup de parties sont occupées par les poils. Sa peau est grasse et moins solide. Elle aura tendance à se fendre. Cette peau est appelée « basane » en reliure.
- La chèvre : le plus utilisé pour le parchemin. Elle est appelée « chagrin » en reliure.
- Le veau : sa peau ressemble à celle de la chèvre, mais elle est plus dense et ses veines peuvent ressortir un peu plus.
Plus un animal sera jeune, plus sa peau sera solide, car la densité des fibres de collagène est plus importante. Pensez donc à une peau de personnes âgées qui se fripe avec le temps… cela est dû à une perte de collagène

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Les peaux de chèvre et de mouton se retrouvent plus dans le bassin méditerranéen et le veau dans le nord de l’Europe.
II. Historique :
Les plus anciens parchemins retrouvées à ce jour est l’ensemble des rouleaux de la Mer Morte, datant de 150 av. J.C. durant cette période, le parchemin comme support d’écriture ne semble avoir été utilisé que dans le bassin méditerranéen.
C’est à partir du mot latin « pergamena », une peau préparée à Pergame, qui a désigne ce support à partir du IVème siècle ap. J.C. La ville de Pergame en Asie Mineure serait à l’origine de la fabrication du parchemin. On sait aujourd’hui que la ville participa au développement de cette technique dés le Iième siècle av J.C. La rivalité entre les deux plus grandes bibliothèques de l’antiquité, à savoir Alexandrie et Pergame, a poussé l’Egypte à ne pas exporter le papyrus, ancien support d’écriture très répandu avant l’expansion du parchemin. C’est pourquoi Pergame a développé cette technique, et a donné une cohabitation des deux supports. La prédomination du parchemin arrive vers le VIIème siècle ap. J.C. En effet, il était plus solide et plus résistant à l’humidité, ceci n’étant pas secondaire vu le climat humide des pourtours méditerranéens.
Sa diffusion s’étant ensuite avec la montée du Christianisme. Il monte alors jusqu’au Nord-Ouest de l’Europe. Cette situation perdure jusqu’au XIV-Xvème, avant que le papier ne le supplante à son tour. Pendant cette période, la production répond sans trop de difficulté à la faible demande que représentent les monastères, les documents officiels, etc. Néanmoins, avec la circulation des connaissances et le développement des universités, la matière première devient insuffisante et trop onéreuse. En parallèle, le papier se développe et son coût s’amoindrie. Le parchemin reste le support des documents officiels par excellence jusqu’au XIXème siècle, où il disparaît complètement du circuit des supports d'écriture.

Sources:
Images des Etapes prises ici:
www.chevalierdulys.comDocumentations:
- Les documents en parchemins, Cours de Jim Poncelet, INP.
- Cours persos d'après la visite de la Fabrication Dumas à Annonay.
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Quod non est in libris, non est in mundo