Savez-vous d'où vient le signe que font certains de nos hommes du gouvernement lorsqu'ils célèbrent une victoire ? Vous savez ce signe qui consiste à tendre fièrement deux doigts (l'index et le majeur) et de les écarter afin de, soi-disant, inscrire un "V".
Et bien il n'en est rien ! Ce n'est pas un "V" qu'il représente, laissez-moi vous conter...
Au moyen-âge, lors de guerre de territoires entre deux seigneurs, les paysans étaient amenés à combattre pour eux. Toutefois ils n'étaient pas assez riches pour se permettre de s'acheter une arme en fer à la forge (ceci était réservé à une élite). Alors ils prenaient ce qu'ils avaient sous la main, la plupart du temps un arc de simple facture qui leur permettait également de chasser.
Toute personne ayant déjà tiré à l'arc ou ayant vu quelqu'un faire sait pertinemment qu'il place son index et son majeur de chaque côté de l'empennage de la flèche sur la corde (faite en boyaux la plupart du temps).
Lorsqu'un seigneur remportait une victoire sur un autre il s'assurait de la part de ses paysans fraîchement acquis qu'il ne "lèveraient plus l'arc sur lui". Comment ? simple ! On coupait aux vaincus l'index et le majeur ! Ils pouvaient toujours bêcher, piocher, travailler la terre mais plus jamais ils ne pourraient tirer à l'arc.
C'est donc pour cela que lorsque les paysans rentraient au bercail, les vainqueurs arboraient fièrement leurs deux doigts tendus vers le ciel, écartés, pour prouver qu'ils pouvaient encore tirer à l'arc.
Cela m'a été raconté par le Maître de la "Compagnie des Archers du Sullias", champion de tir à l'arc (autrefois moderne et désormais "historique" ou simple) et féru d'histoire lors d'une exposition médiévale à Sully sur Loire, loiret.