
Forum Médiéval Fantastique Forum de discussion autour du Moyen-âge et du Médiéval fantastique Graphismes et Design réalisés par Ace, logo FMF par Duchesse de Bretagne, logo Qui est en Ligne par Diane de Brocéliande. |
| | | Derniers jours d'une condamnée | |
| | Auteur | Message |
|---|
Invité Invité

 | Sujet: Derniers jours d'une condamnée Lun 14 Sep 2009 - 15:15 | |
| J'ai retrouvé ça en cherchant de la doc dans mes vieux classeurs pour vous. Pour le contexte rapidement. En 1ère j'ai réussi à gruger ma prof d'histoire pour faire mon TPE sur l'Inquisition... Je me suis basée sur l'exploitation de l'oeuvre de Michelet [i] la Sorcière pour ce faire puisque l'époque médiévale n'était pas à mon programme... Comme produit final, j'ai réalisé sur parchemins l'oeuvre suivante.
Pardonnez d'avance mes errements historiques, j'étais loin d'être aussi informé à l'époque que maintenant [/i]----- An de grâce 1486, 24ème jour d'août. Je vais mourir ce matin. A l'aube, la porte de ma cellule s'ouvrira et je verrai le soleil pour la dernière fois, dans l'ombre de mes tortionnaires. Je serai menée tambours battants sur la place publique dans un chariot, sous les cris et les pierres de la foule en colère. Moi qui donnait la vie, on m'offrira la mort au petit jour bien que dans l'ombre mon savoir en ait sauvé plus d'un. Les sciences que je pratique seraient le fruit du Malin, c'est pourquoi je dois expier mes pêchés sur le bûcher. Innocente, j'ai été jetée en prison ; innocente, j'ai été torturée ; innocente, je vais maintenant mourir. Hélas, le soleil pointe déjà à l'horizon. Il est temps pour moi de partir. Que ce bref retour sur ma vie puisse aider toutes celles qui passeront ici après moi. J'entends déjà les pas du bourreau. Pour moi la vie dans ce monde s'achève sans rancune, ni remord. An de grâce 1154, 21ème jour d'août. Ils sont venus. Je savais que tôt ou tard cela arriverait, pourtant je n'y avais pas cru et je demeurai chez moi lorsque le grondement de la foule en colère se fit entendre. D'une voie unique elle scandait :"A mort, sorcière! A mort fille du démon!" En tête, le curé les haranguait. Il souhaitait ma perte au même titre qu'on qu'on souhaite tuer une souris dans une maison. Mon infnluence devenait telle que je nuisais à son pouvoir sur la bourgade. Tous désertaient ses prières pour obtenir mes soins. Hélas, on m'a malgré tout trahi. Sans doute pour quelque argent ou nourriture, la peste et la disette font rage. Tous s'arrêtèrent devant ma porte et le bourgmestre s'avança. "Sors de ton antre, diablesse, nous connaissons tes méfaits et allons te punir. Sénéchal, saisissez-là." Quatre hommes forcèrent ma porte, me saisirent et me forcèrent à m'agenouiller devant la foule, tandis que deux fouillaient la maison. Ils apportèrent mes livres au curé qui les reconnut maléfiques... de simples traités d'herboristerie et quelques unes de mes recettes que j'avais noté afin de ne pas en oublier les dosages. Puis ils les incendièrent, embrasant ma demeure. Devant le feu de joie, le sénéchal déclara: "Femme, tu es accusée de crime de sorcellerie, de guérir sans avoir étudié, d'empoisonnements et d'assassinat. Ces écritures le prouvent, tes délateurs n'avaient pas torts. Qu'on l'enchaine et qu'on la conduise à la Maison des Sorciers, l'inquisiteur saura bien te faire avouer le nom de tes complices au Sabbat. Les terres et les biens qui te restent sont la propriété de l'Eglise dès maintenant." Les yeux rougis par les larmes devant ce désastre, je fus conduite sous la huée jusque dans cette cellule que je ne devais plus quitter. Le flot des villageois s'était agrandi et étalé sur toute la longueur du chemin. On était accouru afin de voir la sorcière, responsable à leur yeux de la colère de Dieu, de tous les maux qui s'abattaient sur la population et victime de leur desespoir. Nous nous arrêtâmes tous devant un grand bâtiment fort élégant, qui se situait à la sortie de la ville.
Dernière édition par Cernunnos le Lun 14 Sep 2009 - 15:36, édité 1 fois |
|  | | Invité Invité

 | Sujet: Re: Derniers jours d'une condamnée Lun 14 Sep 2009 - 15:25 | |
| An de grâce 1486, 22 ème jour d'août. Là se trouvait mon nouveau gîte, chose qui n'avait rien d'agréable en soi. Les cellules bordaient la salle des aveux, près d'un escalier descendant je ne sais où, sans doute vers de nouvelles prisons. A l'extrémité de la grande salle se trouvait une chapelle. Je fus placée dans la geöle qui jouxtait à l'escalier de telle sorte que je peux entendre plusieurs procès durant mon incarcération, malgré les cris effroyables lorsque survenait le bourreau. Heureusement, il était tout de même plus fréquent que les juges traitent d'affaires mineures, d'après moi les pires pour le condamné : l'in-pace. L'abomination d'être emmuré vivant et nourri par une trappe, ou la flagellation devant l'église après la messe... Parfois le port d'une croix rouge suffisait la honte jaillissant sur son porteur et sa famille. Cependant il n'en demeurait pas moins que les personnes reconnues coupables de pacte avec le Diable brûlaient vives, et relativement souvent. Ma cellule était loin d'être confortable : très petite, obscure et humide, pleine dexcréments avec, au fond, une couche de paille moisie. Une odeur infecte se répandait et me donnait des hauts de coeur. Une gamelle en bois fendue pendait près de la porte. Celle-ci s'ouvrit, la lumière m'aveugla quelque peu, un homme se saisit de moi. "Viens ma mignonne, il te faut la tonte réglementaire : ton tour vient bientôt." Je me débattis vivement mais il saisit un gourdin à sa ceinture, tapotant sur sa main. Je compris qu'il n'hésiterait pas à s'en servir. Il saisit ma longue chevelure et la tondit. Des larmes tombaient de même que mes cheveux, pourquoi me faisait-on subir ceci ? Il déchira mes vêtements, je poussais un cri et tentais vainement de cacher mon corps de mes bras. Il me jeta une tunique de lin raide et puante que je dus enfiler. Puis tout en fermant la porte : "Te voilà prête, dommage tu étais fort jolie, le démon hélas choisit trop bien ses acolytes." Peu après la trappe s'ouvrit, un crochet saisit la chaîne du plat et un mélange de pain sec et d'eau noire me fut servi. Affamée depuis déjà la veille, je n'eus d'autre choix que de manger ce brouet noir. Puis je m'étendis, afin de me reposer, mais ne pus dormir. |
|  | | Invité Invité

 | Sujet: Re: Derniers jours d'une condamnée Lun 14 Sep 2009 - 15:52 | |
| An de grâce 1486, 23 ème jour d'aoûtJe reçu la visite de médecins, qui me piquèrent tout le corps afin d'y trouver une zone insensible qu'ils nommaient la marque du démon. Il ne trouvèrent pas ce qu'ils cherchaient et partir après m'avoir fait bien souffrir. La porte s'ouvrit de nouveau un peu plus tard, et cette fois-ci les soldats me conduisirent auprès des juges. Quatre docteurs étaient présents, derrière un grand bureau sur lequel trônait une pile de livres. J'y aperçu un exemplaire du Maleus Maleficarum, le Marteau des sorcières, réputé parmi nous pour avoir la vertu de condamner bien plus que juger. Véritable guide de l'inquisiteur, il lui permet d'obtenir à tous les coups une condamnation. Les juges s'assirent, l'un d'eux parla : " Ecoutes-moi, toi qui es sorcière, confesseras-tu ton pacte avec Satan et tes crimes de ton pleins gré? Sinon, nous ferons venir les témoins et le bourreau s'occupera de toi!." Je lui dit que ma conscience était pure sur ce chapitre : je ne tuais pas mais soignais, chose que son Eglise ne faisait pas. "Faites venir vos témoins" ajoutais-je. Alors, pour mon plus grand malheur, entra le bourreau et je compris, par la douleur, l'origine des cris qui avaient envahi mes jours depuis mon arrivée. Il m'appliqua les "brodequins". Ces pièces de bois, m'enserrèrent les bras et les jambes et les comprimèrent de plus en plus fortement à l'aide de coins et de cordes. Je crus que ma tête allait imploser tant ma douleur fut grande. Ensuite, il m'étendit sur une table où je fus liée par les bras à une roue. A mesure qu'il tournait celle-ci mon corps se distendait. Lorsqu'il jugea que cela était assez, il mit auprès de lui dans les flammes d'un feu une barre de fer. Une fois celle-ci chauffée à blanc, il me mit à nu et s'approcha de moi. Je ne pus en supporter d'avantage et trouvai à peine la force de murmurer : "Assez je parlerai , mais par pitié cessez.". Le bourreau partit en me laissant sur la table et mes juges revinrent. Ainsi, j'avouai mais ce n'était que mensonges : je me confessai afin d'échaper aux attroces souffrances que je ne pouvais plus supporter. Je dû révêler les noms des personnes que j'avais rencontré au Sabbat. Il me demanda si j'avais reconnu le bourgmestre, je répondis que oui, et si d'autres avaient participé. Je prétendis ne pas avoir reconnu mes compagnons : on me menaça du bourreau. "Prends la seconde rue à gauche après l'Eglise, éloigne t'en par la rue suivante, prendre une rue après l'autre et retournes vers la place". Je dus nommer plusieurs personnes habitants là. Ils m'interrogèrent sur toutes les rues bien que je ne voulusse ni ne pusse en dire plus. Ils me remirent à nouveau entre les mains du bourreau et je dus avouer les crimes que j'avais commis. Je ne dis rien, à nouveau torturée. Je déclarai alors que je devais tuer le petit fils du sénéchal mais qu'à la place j'avais tué un cheval.Cela ne suffisait pas. J'avais également volé une hostie pour la profaner. Après cette dernière confession, ils me laissèrent en paix. La sentence tomba et je fus ramenée pantelante dans mon cachot où mon dernier jour s'est achevé. Ma mort était annoncée pour le lendemain au levé du jour. Voilà c'est fini merci pour votre patience et votre aimable lecture... j'ai essayé d'aérer pour que ça soit pas trop indigeste Les lecteurs et lectrices les plus courageux arrivés ici ont droit à un gros bisous... |
|  | | lunaewen Comte, Comtesse


Nombre de messages: 944 Age: 22 Lieu d'origine: quelque part entre Brocéliande et Avalon... Date d'inscription: 19/07/2007
 | |  | | Invité Invité

 | |  | | lunaewen Comte, Comtesse


Nombre de messages: 944 Age: 22 Lieu d'origine: quelque part entre Brocéliande et Avalon... Date d'inscription: 19/07/2007
 | Sujet: Re: Derniers jours d'une condamnée Lun 14 Sep 2009 - 16:16 | |
| Déjà j'ai lu la Sorcière de Michelet aussi, mais cela me fait penser à un court roman, la sorcière de monique Fourmier. Je compare surtout sur le point du contenu, car sur le point de l'écriture, c'était très mauvais. Disons que ça se ressemble un peu dans la façon de raconter les choses, alors que tu as un texte très court écrit pour un devoir de 1ere, et que l'auteur a un style comparable (si ce n'est moins bon) alors qu'il s'agit d'un long roman, d'un écrivain et qui a été publié. (donc je précise je ne compare pas du tout ton texte négativement hein, le tien est très bien par rapport à ce qu'on te demandait en première  ) Donc c'était un roman pas terrible acheté chez France Loisirs, mais cet auteur avait le mérite de très bien décrire les procédés de l'inquisition, et pour cause : j'ai du faire des pauses pour pouvoir lire certains passages tellement c'était dur et j'en avais la nausée... (il faut dire que je suis trop sensible à ce genre de choses aussi...) _________________   |
|  | | Invité Invité

 | Sujet: Re: Derniers jours d'une condamnée Lun 14 Sep 2009 - 16:21 | |
| Ca me rassure, je connaissais pas le titre dont tu fais mention dans ton message ... nan parce que me connaissant j'ai tellement lu que j'aurais pu ressortir un plagiat sans m'en rendre compte à l'époque ... ouf Je trouve que la sobriété du choix des mots est importante dans ce type de texte. Je pense que ce qui est écœurant à la limite c'est presque ce qu'on ne dit pas mais qu'on suggère en écrivant. Tu remarqueras que, volontairement, la scène du bourreau est très light. Je me contente d'énoncer les faits sans insister ni sur la douleur si sur les conséquences sur personnage ... C'est vraiment malsain sinon je trouve. Hors de nombreux livres qui traitent ce type de sujet insistent lourdement du coup ça devient tout simplement indigeste à lire. |
|  | | lunaewen Comte, Comtesse


Nombre de messages: 944 Age: 22 Lieu d'origine: quelque part entre Brocéliande et Avalon... Date d'inscription: 19/07/2007
 | |  | | Invité Invité

 | Sujet: Re: Derniers jours d'une condamnée Lun 14 Sep 2009 - 16:28 | |
| | lunaewen a écrit: | | Oui voilà. dans ce roman c'était écrit très simplement car en focalisation interne et la protagoniste était assez illettrée, mais elle en profitait pour décrire toutes les sensations et tous les supplices infligés dans les détails avec la description de la douleur... (bon j'exagère peut etre un peu, je l'ai lu il y a longtemps, mais j'ai vraiment eu du mal à le lire...) |
Je comprends mieux ton dégout ... les auteurs actuelles savent plus quoi inventer pour faire du sensationnel... c'est décevant. |
|  | | | | Derniers jours d'une condamnée | |
|
| Page 1 sur 1 |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |
|