En voici deux autres, toujours de moi...
Mon coeur était dolent, ma Dame partie
Et mon âme toute de peine déchirante nantie
La forêt automnale semblait demeure de prince
Et la pierre dénudée que l'eau d'argent rince
Les chênes flamboyaient des gloires du dernier été
Formes obscures aux longues branches maltraitées
Le faucon lui-même de son haut perchoir
Sur la mousse ses larmes de perle laissit choir
L'hermine brune d'argent blanchi se parait
Le bois tout entier à la mélancolie se préparait
Quelle torture pour l'exilé, loin de sa patrie
Lorsqu'il entend au loin cracher la batterie
Mes larmes coulaient, flot déferlant trop longtemps retenu
Sanglot mugissant, au souffle pourtant ténu
A présent tu es trop loin, mon amour perdu
Moi, le vassal fou que le loup a mordu
Comment peux-tu être loin, je te sens toute proche
Rien ne nous sépare, ni le fer ni la roche
Comment peux-tu être aux bras de l'ange sans rancoeur
Je te sens près de moi, je te sens dans mon coeur
The Silver Wolf, 28 septembre 2008
je l'ai vue au détour d'un chemin
Derrière la vive rivière aux eaux claires
Chevauchant un rapide étalon brun
Plus véloce que le vent, plus pure que l'air
L'étalon a chevauché en mythique Brocéliande
Quelle folie y a conduit Viviane?
Elle a traversé au galop la lande
Pour voir ses soeurs aux ailes diaphanes
J'étais cuirassé et en armes
J'allais dans la forêt épée au poing
Brocéliande m'enveloppa de ses charmes
Et d'épes sur moi, point
La forêt m'a attiré
Vers un lac aux eaux d'argent
Une fée gracieuse s'y baignait
Belle comme les étoiles au firmament
Une douce brume l'enveloppait
Elle, si belle, si pure
Vaincu, en priant je m'effondrai
Elle tourna vers moi ses yeux d'azur
Les chênes murmuraient en silence
Jetant sur moi leur ombre fugace
Je sentais une douce fragrance
Et autour de moi des Fées la grâce
La fée est partie, comme un murmure
Brocéliande est restée
J'ai dormi dans sa profonde verdure
Au matin je l'ai quittée
The Silver Wolf, le 14 juillet 2008