Cet écrit a pour source un article de la revue
l'Histoire (n°125) paru en 1989 :
Etienne de Bourbon, l'inquisiteur exemplaire. Ecrit par J. Berlioz.
A ce titre, se référer pour de plus amples informations à l'oeuvre de Berlioz
La Bougogne du moyen-âge dans les récits d'Etienne de Bourbon, inquisiteur, 1190-1261. Etienne de Bourbon est très probablement un des inquisiteurs les plus connu du quidam... En effet, admirablement incarné par Sean Connery dans le film
Le Nom de la Rose, il est aussi le héro principal du livre d'Umberto Ecco qui porte le même nom.
Lorsque Hollywood rejoint l'Histoire, il faut toujours faire la part des choses. Toutefois, le personnage historique d'Etienne nous a laissé un recueil d'anecdotes qui est un témoignage de la mentalité populaire du Moyen-âge.
A l'usage des prédicateurs, son livre est resté anonyme durant toute son époque pour être publié en version abrégé en 1877. C'est donc avec grande mesure qu'il faut aborder ce personnage. Son texte a été rédigé au couvent de Lyon entre 1250 et 1261. Il y cite particulièrement son expérience d'inquisiteur et de prédicateur dominicain.
Le moine est né entre 1190 et 1195 . Premières études à l'école épiscopale de Mâcon. En 1225, on retrouve sa trace à l'université de Paris. Il s'étend dans son oeuvre sur la vie à la capitale et la vie universitaire.
Dans le courant de l'été 1217, Saint Dominique disperse son ordre toulousain et 7 moines dominicain viennent à Paris pour y fonder leur couvent. Etienne rencontre donc ce nouvel ordre et y entre avant de retourner dans sa Bourgogne natale à Lyon.
Etienne de Bourbon est un prédicateur général. A partir de 1217 où son ordre reçoit du pape l'autorisation de prêcher partout. Il peut donc prêcher en tout lieu, sans l'autorisation du prêcheur de son couvent et se déplacer librement.
Commence alors une vie d'errance, à prêcher ou enquêter dans les régions dans lesquelles il est missionné. Les moines dominicains circulent à pieds, humblement. Ils emportent tout au plus quelques livres et doivent recevoir de leurs auditeurs gîte et couvert. Puis ils rentrent au couvent rendre compte de leur voyage, se reposer.
Sans peur et sans reproches , Etienne est un vervant prédicateur et nombres d'anecdotes dont il rend compte montre qu'il n'a pas froid aux yeux. Il incite à la pénitence jusqu'aux brigands qu'il croise sur son chemin.
On lui confit par mandat apostolique la fonction d'inquisiteur en 1236. Etienne n'est pas présenté comme un moine sanguinaire ou cruel. Dans son oeuvre il décrit les hérétiques et dresse un inventaire de leurs erreurs. Ce même inventaire sera repris plus tard par Bernard Guy.
Etienne dénonce avec mesure et calme les travers des hérétiques, sans pour autant être un frénétique. Il enquête et ne donne pas foi aux accurations les plus roccambolesques.
Trente ans de service au nom de Dieu plus tard, notre Etienne se retire dans une paisible retraite où il écrit son histoire comme une succession d'exempla à partir de 1250. Il souhaite ardemment mettre son expérience au service de ses confrères.
Le plus ancien manuscrit en notre possession de son écrit (qui compte environ 3000 récits) appartient, au Moyen-âge, à la bibliothèque de la Sorbonne où il se trouvait parmi les "usuels", enchaîné à son étalage pour échapper aux vols.
L'intérêt de ce personnage, c'est qu'il a compulser une large partie d'anecdotes antiques, médiévales mais aussi locales, mais également de faits divers de l'aristocratie de l'époque, qui constituent une manne très riches pour nos historiens. Tout ce qui est intéressant pour défendre la parole de l'Eglise est digne d'intérêt quelle que soit son origine selon lui. A noter également que la richesse de ses contacts dans cette région qu'il connait bien nous garantie une étonnante variété des sources : A l'écoute du peuple comme des puissants, il en a également préservé les traces.