Désolé je n'ai pas trouvé trop d'images pour ce topic. Il traite de ces sanctuaires celtiques, leur condition d'apparition, la question polémique du sacrifice humain relié à la justice.
Sanctuaires et société :Le sanctuaire n’est pas un phénomène anodin. Son existence implique un certain nombre de conditions quant à sa structure. Le sanctuaire n’est pas, la structure religieuse d’un groupe d’homme restreint, c’est le monument sacré de toute une tribu, soit un grand nombre d’individus sédentaires et organisés collectivement. Le sanctuaire est toujours une sorte de microcosme de la société : sa fermeture = image des frontières du territoire, les offrandes représentent le reflet symbolique de la richesse du peuple. C’est aussi un instrument de cohésion sociale : à travers le lieu sacré commun à travers les rites collectifs les individus se reconnaissent comme adorateurs des mêmes divinités.
Ce sentiment de communauté religieuse doit précéder le sentiment d’appartenance à une même cité à laquelle contribuent le sanctuaire et ses rites. Car il est aussi l’instrument de la hiérarchisation de la société.
Le collège sacerdotal apparaît également, car de telles structures signifient qu’il n’existe plus de lien direct entre l’homme et le dieu. Des prêtres jouent les intermédiaires, ils rassemblent les richesses collectives, ils les sacrifient, redistribuent les bénéfices divins. Ceux qui participent par le don ou la création d’offrandes, par leur présence lors des cérémonies, se voient reconnaître un statu religieux qui n’est rien d’autre que la forme larvée d’un statut social.
Le concept et l’usage de la monnaie peuvent se développer, des distinctions de classe peuvent se faire jour, une proto-urbanisation peut apparaître. (cf. Développement des oppida)
Le problème du sacrifice humain :César, Bellum Gallicum,VI, 13 ou Lucain, Pharsalia, scholies de Berne nous poussent à le reconnaître. Mais César tient ce genre de détail d’informateurs ou de ses lectures de Poseidonios et la teneur idéologique de son œuvre doit susciter notre méfiance.
Au début de LT moyenne l’inhumation disparaît et est remplacée par l’incinération et les nécropoles deviennent plus rares, peu importantes et on ne retrouve jamais celles des oppida.
Que sont devenues les dépouilles des morts ?
- Ribemont = ossuaire réservée à un type particulier d’individus ?
- Mémorial élevé avec les restes des combattants de la tribu morts à la guerre et ramené au cœur de la cité
- Une sorte de trophée constitué de dépouilles ennemies ramassées sur le champ de bataille.
PB : les ossements en contexte d’habitat ? Traces de prélèvement du cuir chevelu ou des squelettes dans les fosses dépotoirs.
Ces cranes sont peut être ceux mentionnés par Diodore de Sicile que les Gaulois conservaient précieusement chez eux.
Le culte s’exerce sur l’ennemi dont la tête devient trophée, sur l’ancêtre, le héros local dont la tête est conservée comme une relique.
S’ils y a dans les siècles précédant notre ère des cas de sacrifices humains, ils ne pouvaient qu’être exceptionnels et s’inscrire dans des pratiques archaïques que seule une puissante mythologie pouvait encore aider à subsister en des circonstances bien particulières. Il en allait ainsi dans la Rome républicaine.
Les conditions de validation d’un sacrifice humain :
- la victime doit être sacrifié à la divinité, exprès pour l’occasion et sur le terrain de la divinité (sanctuaire, autel, représentation)
A Gournay, le fait d’avoir dépecé les corps sur place et avoir prélevé la tête suppose que les cadavres étaient dans un bon état. Cette douzaine d’individus présentait également des femmes et on imagine bien une douzaine de prisonnier sacrifié sur place.
A Ribemont, on retrouve un faible nombre d’individu, dont la conservation était bonne, à l’intérieur de l’enceinte, qu’on a laissé pourrir en position debout comme à Fesques. Peut être est ce des prisonniers de la bataille.
Poseidonios nous dit qu’il existait deux formes de sacrifices au IV-III ème :
- Celui des prisonniers qui horrifiait les Grecs et les Romains
- Celui des malfaiteurs
Le sanctuaire de Fesques (Seine-Maritime): L’exercice de la justice, les peines capitales et l’assemblée des Carnutes :Les assemblées guerrières sont des évènements religieux, certes, mais son aussi une occasion pour évoquer la vie de cité. C’est pourquoi les druides avaient habilement placé ces réunions sous l’égide divine, là où ils pouvaient intervenir efficacement, en usant de leur don de prédiction, de leur connaissance de la volonté des dieux et en établissant les dates favorables à toute entreprise guerrière ou diplomatique.
Très tôt les assemblées guerrières sont devenues les prémices de l’assemblée civique. Il fallait non seulement prendre les décisions qui engageaient toute la communauté mais aussi recenser les hommes et les biens, élire des représentants. Les sanctuaires guerriers durent se muer immédiatement en des lieux politiques s’ils n’étaient pas déjà ainsi.
On y traite les grandes questions :
- Calendrier religieux
- Entreprises guerrières
- Levée d’impôts
- Distributions de corvées
- Alliances religieuses, diplomatiques ou commerciales
Très tôt s’est donc posée la question de la justice. Le souci de l’équité était né de la réflexion des druides pour une société idéale. Ils étaient considérés comme des théologiens, des savants mais aussi « les plus justes des hommes » Strabon – Géographie, IV, 4, 6.
Le site de Fesques s’étend sur une dizaine d’hectares de superficie, entièrement aménagé pour accueillir des assemblées considérables, probablement tous les citoyens d’un ou plusieurs peuples.
Au sommet se trouve un sanctuaire de type bellovaque, marqué par un enclos sacré de 40 m de côté. L’enceinte entoure cependant toute la colline. Le fossé symbolique, faisant office de clôture contient les reste de centaines de jeunes bovidés et de fragments de vases à boire.
Armes en fer et cranes témoignent de la présence d’une élite guerrière aux banquets.
Tout autour de l’enceinte se trouvent de petites fosses où gisent les paires de jambes de centaines d’individus en position debout qui avaient été pendus ou crucifiés. Ils étaient tournés vers l’enceinte, tournés vers la communauté dont ils avaient été exclus.
Il s’agit donc davantage d’une peine capitale que d’un sacrifice humain. En Grèce, ce genre de peine se faisant à la limite de la cité était doublée d’une exposition infamante avec nudité généralement de mise était réservé aux sacrilèges ou à ceux qui avaient porté atteinte à l’Etat. (Platon, Les lois).
Ce site illustre ce que César et Diodore de Sicile rapportaient de Poséidonios en disant « Les malfaiteurs qu’ils ont gardé prisonniers, ils les suspendent à des poteaux, en des cérémonies qui reviennent tous les cinq ans. » César dit simplement « Les suplices de ceux qui sont arrêtés pour vol ou pour brigandage passent pour être plus agréables aux dieux »
La peine capitale est alors une sorte de sacrifice de substitution que les druides voulaient le plus bénéfique. Mais ce sacrifice humain au IIIème – II ème siècles avait grandement disparu en tant que pratique religieuse et se trouvait remplacé par une sanction judiciaire qui ne se déclarait pas encore comme telle.
Ces assemblées font penser à un passage de Poseidonios rapporter par César «A une date fixe de l’année, ils siègent en un lieu consacré du pays des Carnutes qui est considéré comme le centre de toute la Gaule. Là, de partout tous ceux qui ont des différends se réunissent et obéissent à leurs décisions, à leurs jugements ».
Cette description ne peut provenir que de sources de Poséidonios car forcément antérieure à l’invasion des Cimbres et Teutons. Toute la Gaule renvoi simplement à la Belgique et à la Celtique, dont la cité des Carnutes peut passer pour le centre géométrique. Il est assez évident que cette assemblée « nationale » des druides en chapeautait elle-même d’autres plus restreintes, à l’échelle des peuples ou des confédérations.