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 Le silence de Mirvell (ex texte)

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aragorn
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MessageSujet: Le silence de Mirvell (ex texte)   Lun 1 Nov 2010 - 13:19

Le roi Carloman pénéra sous la tente où l'attendaient ses espions. Grand, il l'était par la taille comme par le prestige, lui qui, de bataille en bataille, avait triplé la surface de son royaume.
Et voilà que cette expansion risquait de trouver un terme brutal en cette sombre foret de Manallin où s'éternisaient des combats si meurtriers que tous avaient pleurés aumoins un fois, et lui-même plus souvent encore.
Trois personnes l'attendaient, son général en chef, Lagodaô et deux autres soldats vêtus à la mode locale. Dans l'air, flottaient des relents de transpiration et de crasse. Tous s'inclinèrent devant Carloman mais le monarque impatient n'avait guère de temps à vonsacrer à l'étiquette.
-Alors, qu'en n'est-il? Demanda-t-il simplement de cette voix autoritaire qu'il utilisait à merveille.
Les autres se redressèrent ptomptement.
- Seigneur, commença un des espions, il en va exactement comme dans nos pires craintes. Tous nos ennemis se regroupent à l'orée des bois, formant déjà une vaste armée que de nouvelles forces rejoignent sans cesse.Presque toutes les races sont représentées en abondance et la somme, pour ce que j'en ai vu, vaut quatre fois ce dont vous disposez.
Carloman hocha simplement la tête d'un air pensif.
- Tout espoir de retraite nous est coupé, reprit le deuxième espion, et nous ne pouvons espérer tromper une telle vigilance.
- Nous voilà donc coincés derrière nos palissades chancelantes, conclut sinistrement Lagodaô, il faudrait réduire la surface du camp pour reconstruire du solide.
Le roi reprit la parole.
- Savez-vous si celle qui les commande se trouve déjà sur place?
- Oui Seigneur, depuis hier, confirma celui qui avait parlé premier,et le général Widikind l'a rejoint cette nuit même avec une puissante compagnie de ces brutes sauvages.
- Hum... Vous avez bien oeuvré, poursuivit le monarque en s'adressant aux espions, allez maintenant prendre du repos.
Les deux autres quittèrent aussitôt la tente, laissant Carloman en l'unique compagnie de son général.
- De combien de temps penses-tu que nous disposions?
Lagodaô tenait son casque entre ses mains et tapota dessus du bout des doigts avant de répondre.
- Leur état-major est en place... Deux jours au plus. Il nous faut faire vite pour réparer nos retranchements si nous voulons résister.
- Laisse donc les palissades tranquilles, Lagodaô, aussi bien que tu les répares, elles ne sauraient résister à l'assaut qui s'annonce...
Le général fronça les sourcils.
... et de toute manière, loin de les attendre, je vais aller les chercher!
- Une batailles rangée?
- Oui, et sans doute la dernière de Carloman puisque tu connais la vérité tout autant que moi.
Lagodaô haussa simplement les épaules.
- Alors, il faut que ce soit la plus belle jamais chantée, et que les plus doués des bardes manquent de mots pour en décrire toute la fureur.
Carloman s'approcha de la sortie.
- J'y songe... Fais manoeuvrer les hommes avant que l'ennui ne leur porte mauvais conseil.
Et sur cela, il sortit. Les gardes rectifièrent leurs positions à son passage. Carloman traversa rapidement une bonne partie du camps, tête basse, n'ayant pas envie de voir le délabrement des installations et l'inquiétude dans les regards.
Lui qui ne connaissait que les honneurs de la victoire voyait maintenant s'entrouvrir le monde tragique de la défaite. L'envers d'une si brillante médaille qu'elle occulte toute raison, toute sagesse, et pousse à défier un invicinble ennemi en funeste conclusion d'une vie passionnée.
Instant où les rêves se ternissent.
Mais cette ultime bravade ne manquerait pas de panache et en foret de Manallin, on se souviendrait longtemps de Carloman, héritier des trois royaumes et grand seigneur au delà des Pyranaées.
Le roi méditait cela en entrant sous une autre tente, confortable celle-là, meublée de tabourets et de tables, d'écritoires et de coffres. S'agitait là un petit moine tout sec, tout nerveux, et qui transpirait bien qu'il fasse plutôt frais. Sans s'annoncer, Carloman l'observa un instant virvolter dans sa bure qui paraissait immensément trop grande pour lu. Le moine empilait ses trésors, manuscrits, feuillets volants, cartes et autre documents dans un coffre, maugréant que tout cela allait se détériorer, se froisser et finir par bruler puisque tout était perdu....

Voici le tout début d'un manuscrit dont je suis l'auteur. Je le soumet à vos jugement.

Puisse la vie vous sourire.


Dernière édition par aragorn le Ven 26 Nov 2010 - 22:04, édité 1 fois
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aragorn
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MessageSujet: Excuses   Lun 1 Nov 2010 - 13:26

J'ai travaillé vite et je n'ai pas relu le texte. Mea culpa. Pardonnez les fautes de frappe.
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Heathen Khan
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MessageSujet: Re: Le silence de Mirvell (ex texte)   Lun 1 Nov 2010 - 22:10

Je suppose que c'est au minimum pas trop mal car j'ai tout lu... un exploit pour quelqu'un qui est... fâché avec le littéraire^^
je n'en dis pas plus n'étant pas expert en la matière...
par contre je peux te donner une astuce pour les fautes de frappe: la fonction "éditer" en haut à droite de ton message est là pour ça^^
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aragorn
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MessageSujet: Pour Heathen Knight   Mar 2 Nov 2010 - 6:53

Grand merci pour vôtre réponse. Plutôt pas mal, en optimisant, cela veut dire presque bien. Merci aussi pour l'astuce de correction. Je ne suis guère expert en matière informatique d'une manière générale.

Mais lisez, ami, le bonheur est aussi dans les pages de nos bons vieux livres.

L'horizon n'est pas une frontière mais un début.
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lunaewen
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MessageSujet: Re: Le silence de Mirvell (ex texte)   Jeu 11 Nov 2010 - 17:09

Quelques petits problèmes de ponctuation et de syntaxe, mais ça se travaille sans souci!
L'orthgraphe, c'est normal, j'en fais aussi dès que je suis avec un clavier au lieu de ma plume, vous corrigerez cela très bien au fur et à mesure.
Pour le contenu je ne saurais dire, je n'ai pas l'habitude de juger sur une entrée en matière, encore moins quand elle est in medias res ^^
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aragorn
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MessageSujet: Petit problème...   Jeu 11 Nov 2010 - 17:18

J'ai oeuvré un long moment pour taper quelques feuillets supplémentaires mais je ne sais pas oû je les ai mis. Je suis parfois un peu médiéval avec l'informatique!

Quoi qu'il en soit, merci belle Dame Lunaewen.
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aragorn
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MessageSujet: Re: Le silence de Mirvell (ex texte)   Ven 12 Nov 2010 - 20:51

J'ai retrouvé ma suite!

A cet instant,Carloman toussota et le moine sursauta violemment, échappant sur le sol humide quelques documents sans nul doute fort précieux.
- Seigneur, vous ne renoncerez donc jamais à ce jeu stupide?
Carloman resta muet jusqu'à ce que l'autre le salue. Ceci étant fait, il alla s'asseoir lourdement sur le plus proche tabouret tandis que le moine récupérait prestement ses écrits.
- Eginhard, peux-tu me dire pourquoi je garde auprès de moi un personnage aussi pitoyable que toi?
Stupéfait, le moine échappa de nouveau ses parchemins. Mais il ne tarda pas à trouver une bonne réponse.
- Simplement parce que je suis vôtre plus efficace conseiller!
Carloman se laissa aller à rire car il aimait ce moine perspicace et fin lettré même si parfois, souvent, le courage lui manquait.
- Et dans le cas présent, que me conseilles-tu?
Eginhard ramassa une nouvelle fois ses documents et les déposa enfin dans le coffre.
- Prend tes soldats, met les en rang et quitte ce lieu à marche forcé tant que tes ennemis ne sont pas organisés. Tournons le dos à cette infâme armée avant qu'elle ne nous dépèce. La rapidité est nôtre seule chance et ils ne te poursuivront pas au delà de leurs maudits arbres.
- Je suis d'accord avec toi...
Redoutant quelque finesse de langage, Eginhard se renfrogna.
... la rapidité est toujours précieuse pour le soldat. Mais je ne vais pas l'utiliser pour fuir...
- Seigneur!
- Silence...
Le roi se releva et ce fut comme s'il remplissait la tente de sa seule personne.
...je suis Carloman et je n'ai jamais fui. Ici pas plus qu'ailleurs...
Eginhard soupira sans cacher son désespoir.
... Si mon destin est de tomber en cet endroit, alors qu'il en soit ainsi mais, crois-moi, il se passera de grandes choses avant...
Et le roi se dirigea vers la sortie dont il repoussa le tissu humide. Il arrêta alors son geste et se retourna vers le moine.
... J'étais venu te demander le nom de ce fameux général des temps anciens, tu sais, celui qui malmena longuement les envahisseurs en sandales?
Eginhard écarquilla les yeux.
- Hesnibald, Seigneur, Hesnibald de Carthagia.
- C'est cela! confirma Carloman en souriant, je me souviens de ses exploits mais jamais de son nom!
- Comptes-tu qu'il vienne t'aider avec ses bêtes monstrueuses? railla alors le moine en reprenant nerveusement ses rangements.
- Hum... Soyons réalistes. Les bêtes ne viendront pas... Mais sa stratégie, par contre...
Et Carloman ressortit. La nuit s'annonçait mais les nuages masqueraient les étoiles. De grosses gouttes frappaient le sol déjà détrempé. Autour des feux se tenaient les soldats, certains se réchauffant en silence tandis que d'autres devisaient discrètement. Tous saluèrent mais personne ne cria "vive Carloman" comme il était de coutume.Ce ne fut qu'un long silence qui accompagna le monarque jusqu'à ses propres appartements.
Un silence où les reproches pesaient comme des enclumes.
Carloman s'enferma, maussade.Il mangea sans savoir ce qu'il avalait et prit un peu plus de vin que d'habitude. Puis il s'installa sur sa couche et son serviteur éteignit les chandelles. Mais il ne s'endormit pas et ses yeux brillèrent longtemps dans l'oppressante pénombre de sa tente bleue et or.

Le lendemain à l'aube, l'ennemi envoya des émissaires. Carloman les reçu au centre du camp, simplement entouré de son modeste état-major. Les quatre envoyés s'approchèrent d'un pas décidé et ne le saluèrent pas. Le plus âgé portait un long vêtement gris brillant sur lequel glissaient les gouttes de pluie. Les trois autres étaient jeunes et très grands, plus encore que le roi lui-même. Ils se ressemblaient comme des frères avec leurs chevelures blondes et leurs yeux gris.
- Tu es Carloman? Questionna froidement le vieillard.
- En effet, rétorqua simplement le roi.
- Alors sache que je me nomme Merkatt et que je suis l'ultime chance de sauver ta vie et celle des tiens.
Carloman écarta les mains en signe de bonne volonté.
- Je t'écoute.
- Quittez nôtre...
- Oh!...
Et le roi, en levant la main, coupa alors la parole de l'émissaire, qui en fut visiblement outré.
... Je vois que nous partons sur de mauvaises bases et que nous allons tous bêtement perdre nôtre temps. Coupons court car je ne suis pas venu pour repartir mais bien pour rester.
Merkatt le toisa un instant avant de répondre.
- Il n'y a donc aucune raison en vos têtes?
- Peut-être, mais ne doutez jamais de la volonté en nos coeurs.
Et tandis que le roi tenait ces propos, Eginhard qui se trouvait à sa droite tentait de se faire entendre discrètement.
- Acceptez, Seigneur, acceptez de grâce.
De l'autre côté, Lagodaô y allait pareillement de son conseil.
- Massacrons-les, mon roi, cela en fera déjà quatre de moins!
Carloman opta pour une solution intermédiaire.
- Merkatt, je vais maintenant de prier de sortir de chez moi. Apporte mes salutations à ta reine.
- Tu refuses donc de m'entendre?...
Le roi resta silencieux, montrant qu'il ne restait rien à ajouter.
... Tu resteras donc ici. Indéfiniment!
Et les émissaires tournèrent noblement les talons et sortirent du camp sans se hâter, comme s'ils étaient déjà maîtres de la place.
Alors, tandis qu'Eginhard se lamentait sur place et que Lagodaô se moquait bruyamment, Carloman rejoignit sa tente et s'installa devant son déjeuné. Puis il prit son bain habituel. Dans l'après-midi, il écouta un nouveau rapport de ses espions. A quelques portées de flèche, l'ennemi commençait à organiser son offensive mais tout était encore trop confus pour en percer le véritable plan.La seule chose sûre était son écrasante supériorité.
Après cela, Carloman passa un moment en la seule compagnie de son fidèle Lagodaô.
- Un contre quatre, commenta cet officier en tapotant son vieux casque, il faut bien admettre que ce sera difficile.
- Nous avons vu pire, lâcha Carloman en haussant les épaules...
Lagodaô se renfrogna un peu.
... Non, tu as raison, nous n'avons jamais vu pire et la partie qui s'annonce pourrait bien clore nôtre longue fraternité. Et tout est de ma faute, fidèle ami, la faute d'un roi trop sur de lui à force de tout écraser. Mon orgueil fut ma faiblesse et par cette unique faille, je risque tout...
Carloman s'assit et soupira avant de reprendre.
... Comment va mon armée?
- Et bien... Je mentirais en disant que les hommes trépignent d'impatience mais vous pouvez toujours compter sur les entier dévouement.

Puisse-t-elle plaire au plus grand nombre... A bientôt.

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MessageSujet: Et pour tout avouer...   Ven 12 Nov 2010 - 20:54

Maistre Blanchet, il s'agit d'une trilogie. Les deux premiers tomes sont achevés et comporte chacun environ 320 pages. Le troisième opus est bien avancé.

Tu n'es pas tiré d'affaire!

A bientôt.
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MessageSujet: Re: Le silence de Mirvell (ex texte)   Sam 13 Nov 2010 - 9:05

Et bien! Je vais avoir de la lecture! Bad)
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MessageSujet: Pour Blanchet   Sam 13 Nov 2010 - 17:09

Pour la méthode de travail, je suis d'accord avec toi. La première chose à faire est de construire l'ossature du récit, les grandes lignes. Ensuite, ça viens tout seul... Où presque. Cela permet d'organiser le rythme et donc le suspense et les émotions.

Je ne sais pas si certains auteurs se lancent d'une autre façon, mais pour ma part, je me vois mal partir pour trois cents feuillets sans feuille de route.

A bientôt.
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MessageSujet: Re: Le silence de Mirvell (ex texte)   Mer 17 Nov 2010 - 0:06

Comme d'habitude je t'ai proposé quelques modifications en PV.

Sur les dialogues de ta suite, j'ai un peu de mal avec les coupures de répliques par de la narration. Ca t'oblige à une utilisation fréquente de points de suspension.
Il faudrait voir commet les auteurs gèrent cette situation. Et peut-être évite le plus possible son utilisation.

En tout cas, sur le fond, pour l'instant ça avance bien!

A+

Adrien
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MessageSujet: Pour Blanchet   Mer 17 Nov 2010 - 6:56

C'est la seule manière que j'ai trouvé (et qui existe me semble-t-il) pour marquer les hésitations des personnages. Le roi est son général sont en plein doute. Le roi culpabilise et l'officier, autant par respect que par amour, hésite à asséner ce qu'il pense réellement. Cela donne un dialogue lent, peuplé de non-dits et de retenu.

J'aime à conserver une certaine lenteur d'expression. Je tiens à montrer que ces gens ne sont pas des héros de jeu vidéo mais bien des hommes de chairs et d'os, avec leurs forces et leurs faiblesses.

Merci pour vôtre suivi.

A bientôt.
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MessageSujet: Re: Le silence de Mirvell (ex texte)   Jeu 18 Nov 2010 - 13:03

aragorn a écrit:
Je ne sais pas si certains auteurs se lancent d'une autre façon, mais pour ma part, je me vois mal partir pour trois cents feuillets sans feuille de route.
Il y a deux types d'écrivains : les écrivains à programme (comme toi) et les écrivains à processus (ceux qui se lancent sans programme et qui laissent l'histoire évoluer plus ou moins elle-même).
Tout dépend de chacun et chaque option a ses avantages et ses inconvénients Smile
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MessageSujet: Re: Le silence de Mirvell (ex texte)   Jeu 18 Nov 2010 - 18:01

Chère duchesse Lunaewen.

Ecrire par processus est un système qui revient à raconter une histoire comme si on la vivait réellement au jour le jour, sans savoir ce que le lendemain réserve. Cela peut sembler plus naturel mais finalement, la construction d'un programme revient au même. C'est comme préparer un carnet de route"sur le terrain" pour développer plus tard, au coin du feu. Il y a simplement un décalage, mais dans les deux cas, l'aventure est toujours mentalement vécue.

Pour ma part, je suis un "visuel". J'ai en tête une image qui correspond à une situation et je décrit cette image, puis je passe à la suivante, un peu à la manière d'un story-board au cinéma.

A bientôt.
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MessageSujet: Re: Le silence de Mirvell (ex texte)   Mer 24 Nov 2010 - 5:30

Cher Aragorn, mais où est donc passé Carloman ?
Il nous manque!!! Wink

A plus!
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MessageSujet: Re: Le silence de Mirvell (ex texte)   Mer 24 Nov 2010 - 12:06

Il a été très occupé ces derniers jours mais son retour est imminent!

Merci Maistre Blanchet. Tu ne m'as toujours pas fait parvenir tes coordonnées et ton prix pour ton livre?

A bientôt.
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MessageSujet: Suite...   Ven 26 Nov 2010 - 20:01

- J'ai les plus vaillants hommes qui soit. Je leur ai déjà tant demandé...
- Avez-vous un plan, Seigneur?
- Non! J'en ai plusieurs!...
Lagodaô tapota encore son casque cabossé.
... Jusqu'à présent, nous pouvions imposer nôtre vision de la bataille et conduire l'ennemi là où nous le souhaitions. Mais voilà nôtre tour d'improviser et c'est un exercice exigeant.
- Alors, nous donnerons toute l'étendue de nos talents.
Et sur ces mots, Lagodaô salua et sortit.

Cette nuit-là, à l'orée de la foret, brulèrent de grands feux et des bribes de musique résonnèrent aux oreilles des hommes. Alors, personne ne douta que la journée à venir soit sanglante. Peu dormirent et beaucoup veillèrent en silence, les mains posées sur l'épée.
La pluie tomba d'abondance mais alors que l'aube s'annonçait, les nuages se déchirèrent pour laisser place au soleil. Pas un oiseau ne l'accueillit et sur le champ dévasté séparant les arbres et le camp, s'installa un silence de tombeau.
Alors, la Dame de cette foret plaça ses régiments, et elle-même se posta sur un hauteur dominant la plaine, debout face au vent et les yeux rivés sur son avenir. Derrière elle, s'alignèrent une dizaine de silhouettes grises et silencieuses.
Dans la lumière encore pâle, les bannières de cette terrifiante armée claquèrent au vent.
En face, régnait encore un grand désordre. Carloman se tenait à l'écart, sur une petite colline d'où il appercevait l'effrayante étendue de la tâche à venir. Lagodaô le rejoignit en courant.
- C'est bon, Seigneur, nous connaissons leur exact agencement.
Et il exposa hâtivement ce qu'il en était des dispositions adverses, rajoutant de grands gestes à la parole.
- Que dieu bénisse nos espions, clama d'abord Carloman avant de descendre de cheval, ainsi elle place ses petits guerriers en force de frappe. C'est judicieux car ils sont rapides et endurants. Alors écoute-moi bien car voici nôtre réponse.
Et le roi coupa une branche de coudrier pour tracer au sol ce qu'il souhaitait pour engager le journée.
- Nôtre infanterie légère va se faire massacrer! remarqua bientôt Lagodaô avec étonnement mais Carloman ignora le commentaire et poursuivit.
- Nul doute qu'ils vont lancer l'offensive car ils nous savent faibles. Dés qu'ils s'élancent, nous les imitons, mais le plus mollement possible et regarde...
Lagodaô fronça les sourcils.
...tout en avançant, je veux que la ligne d'infanterie légère évolue en courbe pour que l'affrontement se déclenche en son exact milieu. L'ennemi sera immanquablement attirée par ce centre, pressée qu'il est d'en découdre, et il faudra céder, Lagodaô, tu comprends?
- Oui Seigneur, parfaitement.
- Ainsi, l'ennemi croyant nous écraser traversera nos rangs comme si de rien n'était. En laissant faire cela, nous paralysons leurs archers qui tueraient alors autant des leurs que des nôtres.
- Et là, Seigneur, je les bloque avec le dernier rang d'infanterie lourde et je referme nos ailes sur eux.
- Exactement. Et nos propres archers entrent alors en actions sur l'arrière de leurs rangs.
Lagodaô soupira, de nouveau contrarié.
- En faisant ainsi, nos archers s'exposent aux leurs dont nous connaissons la supériorité.
- Certes, mais tu oublies nôtre cavalerie...
Et Carloman traça deux nouvelles courbes sur le sol.
... Pour revenir à bonne portée, leurs archers sortiront des bois qui les protègent. Nôtre cavalerie s'élance alors et les massacre. Puis elle contourne le champ de bataille et revient sur l'arrière. Ils sont cernés et Manallin s'écroule.
Tout deux observèrent un court instant ce dispositif, puis Lagodaô remit son casque.
- Dieu vous entende, mon roi!
Carloman jeta un bref coup d'oeil vers le ciel.
- Pourquoi raterais-je aujourd'hui ce qui a jadis si bien fonctionné avec le général Hesnibald?
- Hum... Où serez-vous?
- Là où je demande le plus, à la tête de l'infanterie légère.
- Puis-je avoir l'honneur de vous y seconder?
- Comme d'habitude, général! Allez, va vite placer mon armée.
Lagodaô repartit à la course tandis que de l'autre côté retentissaient longuement l'appel des cornes guerrières. Carloman eut un frisson et remonta en selle. Un instant, il observa encore son ennemi dont l'avance était imminente. Lorsqu'il rejoignit les siens, il disposait d'une armée parfaitement ordonnée et dont chaque sous-officier comprenait clairement ce que l'on attendait de lui. Si cette magnifique efficacité ne l'étonna pas, elle lui réchauffa cependant le coeur. Il vint se placer au centre, devant tout le monde, et dégaina sa belle épée en regardant ses hommes. Alors, une grande clameur s'éleva au dessus des rangs.
" Vive nôtre roi" hurlèrent en même temps deux mille quatre cent gorges. Et sans nul doute, l'ennemi prit-il cela pour une provocation car il répondit par un cri puissant et s'ébranla aussitôt.
- Allez mes braves! Plus encore que tout autre jour voici celui de vôtre gloire éternelle, lança alors le roi, à dieu le choix!
" A dieu le choix!" crièrent encore les soldats avec une véhémence accrue.
Alors Carloman plaça sa monture et talonna en douceur tandis que se déployaient fièrement ses couleurs. Derrière lui, juché sur son puissant cheval, Lagodaô était magnifique. Assez loin en retrait, Eginhard bénissait frénétiquement chaque bataillon.
La mort se mit en marche.
Tandis que s'amenuisait la distance entre les belligérants, jamais Carloman ne se retourna pour juger de la bonne observance de ses ordres, tant sa confiance était grande. Il eut raison et tout ses soldats l'admirèrent alors qu'il marchait paisiblement à la rencontre de neuf mille guerriers ne souhaitant que sa mort. Même s'il n'était pas parfait, on ne pouvait que suivre fièrement un tel homme.
Petit à petit, l'attrait de l'ennemi pour le centre se confirma, mettant le roi au coeur même de la rencontre. Ainsi, par l'envie que chaque serviteur de Manallin avait de l'embrocher, complétait-il parfaitement son propre plan de bataille.
Alors qu'en face les visages se précisaient, les archers ennemis lâchèrent leur premier tir. Les traits montèrent en obscurcissant le ciel, semblèrent hésiter un peu puis se ruèrent en sifflant sur les hommes. Seule, l'infanterie légère, qui ne portait que de petits boucliers, subit d'importants dégats. Carloman lui, n'en prenait jamais, gardant ses deux mains pour le maniement de sa lourde épée. Plusieurs traits le frôlèrent si dangereusement que l'un d'eux se planta dans le pommeau de sa selle. Il l'arracha et le jeta au sol d'un geste négligent, poursuivant comme si de rien n'était. Les petits soldats arrivèrent sur lui comme une vague frappe la falaise. Il en tua huit avant que son cheval ne s'écroule. Cela ne le surprit pas et il se releva pour frapper de droit et de gauche tout guerrier à sa portée. Si l'ennemi déferlait bien tel une vague, lui-même devint rocher sur lequel elle se déchira. Beaucoup le dépassèrent en hurlant, si bien qu'il se retrouva vite isolé des siens. Longtemps, il continua à mouliner mortellement dans le flot tandis que la bataille s'élargissait. Bientôt, les archers de Manallin durent sortir de leurs cachettes et la cavalerie balaya si bien leurs rangs qu'à peine un sur dix trouva son salut sous les arbres.
Pendant ce temps, le chaos s'amplifiait jusqu'à un paroxysme encore inconnu.
Dans leur élan, les petits soldats éprouvaient l'exaltant sentiment de tout écraser sur leur passage. Cette trompeuse euphorie trouva sa limite sur le dernier rang d'infanterie. Les premiers s'embrochèrent d'eux-mêmes sur les piques et les suivants se heurtèrent à un mur de hauts boucliers que les haches peineraient visiblement à traverser. Et lorsqu'ils tournèrent enfin la tête, leurs sinistres soupçons se confirmèrent. Les hommes, qui semblaient pourtant si peu nombreux, se rabattaient maintenant sur eux comme les serres d'un aigle sur un serpent. Ils se battirent rageusement, mettant toutes leurs forces en chaque coup et nombres d'hommes tombèrent ainsi, mais sans que leurs rangs ne cèdent pour autant.
A l'arrière de la bataille, alors que les officiers Manalliniens commençaient eux aussi à comprendre, les archers de Carloman entrèrent en action, ayant tout champ libre pour massacrer. Ils ne s'en privèrent pas, s'acharnant tout particulièrement après ceux qu'ils nommaient les "sauvages" et contre lesquels ils avaient nombre de griefs.
La panique commença à s'emparer des rangs. Manallin perdait maintenant les siens par centaine à chaque instant et lorsque les survivants virent débouler le front terriblement hérissé des cavaliers, leurs coeurs se glacèrent et tout espoir les abandonna.
Il restait pourtant une ultime chose à accomplir: tuer le roi. Sa perte ôterait toute valeur à l'insolente victoire des hommes. Les rares officiers encore valides se concentrèrent donc sur ce dernier objectif, entrainant derrière eux ce qui restait de leurs forces.


A propos, ce roman se nomme " Le silence de Mirvell"

A bientôt.
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MessageSujet: ^^   Lun 6 Déc 2010 - 22:35

C'est assez épique je trouve, on pourrait y mettre Amon Amarth en fond sonore je crois que ça collerait bien avec les pensées guerrières. Je trouve l'histoire bien, après j'aurai peut-être plus décrit l'atmosphère mais bon cela ne tient qu'à moi ^^

Je te souhaite une bonne continuation dans tes écris
J'attend pour lire la suite

A bientôt Aragorn
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MessageSujet: ^^   Lun 6 Déc 2010 - 22:37

Je tiens à dire aussi que c'est bien de faire patienter le lecteur avant la bataille, de ce point de vue là c'est assez descriptif surtout dans les dialogues, c'est un peu comme un film que l'on suit, je trouve cette idée bien

Au plaisir de discutailler à nouveau sur nos écrits respectifs ^^
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MessageSujet: Un autre petit bout du "silence de Mirvell"   Mer 8 Déc 2010 - 21:22

Malgré sa vaillance, Carloman n'avait pu rejoindre sa troupe. Il bataillait donc toujours fermement, isolé et à merci. Quelques instruments l'avaient tailladés, traversant son armure jusqu'aux chairs en maints endroits. Il faiblissait. L'air brulait sa poitrine et la sueur troublait sa vue.
Il ne savait même pas que cette journée était sienne. Son épée frappa encore mais il reçut un nouveau coup dans le dos. Le fer entra profondément. Sa lame lui glissa alors des mains et le monde s'éteignit.

Lorsqu'il retrouva ses esprits, régnait alentours un si lourd silence qu'il crut bien errer désormais en l'autre monde. Il voulut se relever mais n'y parvint pas car nombre de corps s'entassaient sur lui. En outre, il ressentit de vives douleurs, et bien que cela fut très désagréable, il s'en trouva rassuré car c'était là des sensations bien terrestres!
La voix inquiète de Lagodaô résonna toute proche.
- Où êtes-vous, Seigneur? Où êtes-vous donc par tout les Dieux...
Puis celle d'Eginhard, sentencieuse.
- Il n'existe qu'UN dieu, général, et ce n'est guère le moment de le courroucer!
Cette chamaillerie amusa Carloman qui parvint enfin à extraire un bras de l'amas sanglant.
- Si vous cherchez vôtre roi, il est ici!
- Il est vivant! s'exclama Lagodaô et aussitôt Carloman sentit qu'on le dégageait. Il revit la belle lumière de la mi-journée. Plusieurs visages tendus se penchèrent sur lui.
- Seigneur, quel soulagement, répétait le général tout en rejetant plus loin et sans le moindre ménagement les dépouilles gênantes. Il aida son roi à s'assoir avec un empressement aussi touchant que maladroit.
- Doucement, hurla le soigneur, doucement sale brute!
On dépouilla Carloman de son armure en partie détruite. Son torse puissant apparut, couvert de plaies que l'homme de science négligea rapidement pour se concentrer sur le dernier coup reçu. L'entaille était profonde. Un bon coup de hache qui eut cassé le dos d'un homme moins solide. Précautionneusement, il écarta les chairs tuméfiées, puis se releva en souriant. Tout les autres attendaient son verdict avec grande anxiété.
- Ce n'est rien, quelques sutures et il n'y paraîtra plus.
La nouvelle se répandit parmi les hommes. Alors les épées se levèrent au ciel.
" Vive Carloman. Vive le roi" hurlèrent ceux qui le pouvaient encore.
- J'en déduit que nous avons gagné, commenta le monarque en s'efforçant de sourire.
- Oui Seigneur, répondit Lagodaô sans la joie de la victoire, et je n'ai encore jamais vu semblable carnage...
De son épée tendue, il parcourut le champ de bataille.
... Regardez alentours, desmorts, encore des morts et toujours des morts. Si peu ont échappés à nôtre jugement que je ne sais même pas si je dois être fier de cette journée...
La godaô baissa nettement le ton.
... ou en conserver d'éternels remords.
Carloman sembla hésiter un peu avant de poursuivre.
- Ne t'alourdit pas l'âme d'un fait où tu n'as rien décidé. Je revendique les pertes et les chagrins puisque tel est mon rôle et qu'il ne se partage pas.
- Une autre chose encore me prive de satisfaction...
Et le général mit genoux à terre.
... Je me dois d'implorer vôtre pardon pour ne pas être resté à vos côtés. J'avais promis de vous protéger et j'ai failli.
- Oublie cela, cette bataille est nôtre. Voilà ce qui compte. Maintenant, trouve-moi un cheval pour rejoindre dignement le campement.
- Seigneur, ce n'est pas raisonnable! s'interposa le soigneur.
- Vois-tu beaucoup de raison autour de toi? rétorqua Carloman, tête haute, alors, poursuivons ainsi.
Parmi les corps, un soldat retrouva sa couronne et la lui rapporta comme un trésor. Carloman posa sur sa tête ce simple cercle d'or et nul ne sut comme il s'était encore alourdi.
Ainsi, il traversa le champs des morts sous les acclamations des vivants.

Pourtant, les hommes ignoraient encore à quel point leur victoire était totale et irréversible.

Millo servait comme archer. Il était jeune, habile, et possédait suffisamment d'instruction pour espérer un bon avenir. Déjà, son officier le tenait en grande estime. Hors, il advint qu'une flèche lui traversa la cuisse. Il s'écroula dans l'herbe, les mains crispées sur cette blessure alors que la bataille se poursuivait autour de lui. Bientôt, il resta seul, allongé parmi les morts. Le sang coulait entre ses doigts. Millo oublia l'agitation alentours pour réfléchir. Il se sentait gravement atteint et imagina qu'une amputation l'attendait, à laquelle il avait peu de chance de survivre. Et si toutefois il en réchappait, suivrait une vie de misère dans le monde pitoyable des éclopés. Millo trouva préférable d'en finir et libéra sa plaie. Mais alors que la mort approchait, il l'aperçut, elle, perchée sur une hauteur en bordure de foret.
Et perdu pour perdu, il sut immédiatement ce qui lui restait à faire.
Il rassembla ses forces, se redressa et cassa la flèche sortant de sa cuisse. La douleur lui arracha un cri étouffé et l'hémorragie redoubla. Les cavaliers le dépassèrent en hurlant. Le plan de bataille semblait normalement se poursuivre mais Millo n'en faisait plus partie. Il oeuvrait maintenant selon sa propre initiative.
Il se remit debout au prix d'un douloureux effort et testa sa jambe. Il lui faudrait longtemps pour parvenir à portée de tir, et il s'exposerait tout au long de son avance mais de telles réflexions ne pouvaient plus l'atteindre.
Que peut-on faire à un mort?
Et tandis qu'il progressait obstinément, nul ne s'intéressa à lui, pas même les cavaliers qui fondaient maintenant sur les arrières de l'ennemi. Claudiquant maladroitement, le souffle court, il avança encore, mu par la ténacité du désespoir.Du haut de la butte où se tenait sa cible, immobile et parfaite, personne ne s'inquiéta de le voir si proche. Sans doute le prit-on pour un blessé en quête de soin.
Comment imaginer ce qu'il s'apprêtait à commettre.
Le sang coulait de sa jambe. Sa vue commença à se brouiller.
Encore quelques pas.
Sa flèche siffla furtivement.
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MessageSujet: La musique des batailles.   Mer 8 Déc 2010 - 21:54

J'ai longuement réfléchi à la musique des batailles. La logique nous amène à opter pour des rythmes virils, genre métal mais à mon avis, le défaut en faisant cela est d'ajouter une violence acoustique à la violence visuelle sans apporter cette sorte d'élévation poétique dans laquelle se devrait de baigner toute oeuvre de fantasy.
La guerre en elle-même est laide. Elle cependant nécessaire car sans elle, les univers qui nous passionnent seraient bien mornes, voir inexistants.
Imaginez le Seigneur des Anneaux sans batailles! Peter Jackson eut été bien embêté pour en tirer quelque chose!
J'imagine donc un accompagnement musical susceptible de magnifier les gestes et donner à leurs auteurs une nouvelle grandeur. Imaginez donc, après quelques plans d'ensembles où, effectivement, un fond sonore violent est indiqué pour amener une certaine tension, qu'une musique légère, pourquoi pas à la harpe, prenne le relais. Imaginez vos héros en léger ralenti, en plein combat, au comble de leur fureur mais ne résonnent ni leurs cris, ni le choc de leurs armes mais juste une musique légère, une comptine,qui se glisse jusqu'à vôtre coeur.

Je ne crois pas que cette expérience ait déjà été tentée.

A bientôt.
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MessageSujet: Re: Le silence de Mirvell (ex texte)   Mer 30 Mar 2011 - 19:07

Je vous félicite Seigneur Aragorn pour ce texte, vous décrivez bien les batailles par ailleurs. J'espère que votre projet d'écriture ira jusqu'au bout... La suite m'a donné envie d'en savoir plus.
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MessageSujet: Re: Le silence de Mirvell (ex texte)   Mer 30 Mar 2011 - 19:24

J'en posterai prochainement un petit peu plus.
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MessageSujet: Re: Le silence de Mirvell (ex texte)   Aujourd'hui à 4:03

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Le silence de Mirvell (ex texte)
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