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 Dans l’ombre des portes

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Blanchet
Humble villageois
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Date d'inscription : 01/11/2010

MessageSujet: Dans l’ombre des portes   Mar 2 Nov 2010 - 6:46

Dans l’ombre des portes
Laissons la lumière aux sauveurs de mondes et aux libérateurs de princesses.
Pour nous, les ombres de Tiramon, il reste la fierté du devoir accompli.


Prologue

Comme chaque jour, depuis qu’il était en âge de marcher, il travaillait aux champs.
Il avait grandi et s’était épaissi au fil des années. Il avait trouvé une femme et de leur union était né son premier fils. Aujourd’hui, elle portait leur second enfant.
Ce paysan était un homme heureux… Il ressentait un bonheur simple que seuls peuvent vivre les gens dont le monde oubliera l’existence.
La journée avait été longue. L’homme était sur le chemin de retour quand des hurlements en provenance du village brisèrent le calme habituel du crépuscule. Brusquement, la sérénité de l’homme s’évanouit. Son cœur se serra à l’idée que sa famille puisse être en danger.
Il posa ses outils au sol à l’exception de sa fourche, et avança en direction des maisons.
Il avait fait quelques pas lorsque son attention fut attirée par des bruits derrière lui. Il était en train de se retourner lorsque la main de l’ermite qui vivait près du village se referma sur son bras. Le vieillard, le regard rougit par les larmes, murmura à l’homme que le village était en proie à la rage de deux trolls affamés.
L’ermite ne lui laissait aucun espoir de retrouver vivant un seul autre témoin de la scène. D’après le vieil homme, aucune personne présente au moment de l’attaque n’avait eu la chance de pouvoir s’enfuir. Il assura même avoir aperçu le cadavre de la compagne du paysan.
Pourquoi ne pas fuir ? Un fol espoir retenait l’homme : celui de sauver son enfant.
Par miracle, il avait peut-être été épargné… Le paysan se remit en route vers le village dans un état de tension extrême. Quand il arriva, la nuit était tombée. Tout était désormais silencieux. Une maison avait pris feu et des corps sans vie, parfois dépecés, jonchaient les ruelles. Tout était en ruine. La communauté, hier paisible et joyeuse, venait d’être anéantie.
Un sentiment d’horreur s’était emparé de l’homme. Son émotion troublait ses gestes et son jugement. Il était sur le point de tourner les talons quand il aperçut sa femme, gisant dans une mare de sang, le visage tourné vers le ciel. L’homme sentit sa terreur se muer en rage. Il ne s’était jamais plaint de son destin, il n’avait jamais fui les difficultés, il n’avait jamais offensé qui que ce soit et avait toujours prié les dieux, pourquoi son existence était-elle donc en miettes ?
A cet instant, l’espoir de retrouver son fils vivant était la dernière chose qui le raccrochait à la vie. Il se rapprocha encore de sa demeure. Il tourna à l’angle de sa ruelle et s’apprêta à parcourir les derniers mètres qui le séparaient de chez lui, lorsqu’il découvrit, dans la pénombre, un troll occupé à dévorer le bras d’un cadavre. Cette créature faisait plus de trois mètres de haut, elle était couverte de poils et des bras d’une longueur disproportionnée se balançaient le long de son corps. Ses mains griffues semblaient capables de saisir le tronc d’un homme et sa face bouffonne ressemblait à celle d’un ours enlaidie d’un énorme groin.
Tout à coup, le Troll releva la tête et la tourna vers le paysan. Il ouvrit la gueule et un cri puissant résonna dans la nuit. Le monstre chargea et l’homme leva sa fourche, défiant courageusement cet adversaire trop puissant. Avec une dextérité inespérée, l’homme parvint à suivre les changements de trajectoire du troll et lui enfonça profondément la fourche dans la cuisse. Le choc fut si violent qu’un homme touché ainsi aurait immédiatement cessé le combat, mais les trolls sont des créatures bien plus coriaces : la blessure ne retarda même pas l’attaque de celui-ci. Il griffa sauvagement le fermier au niveau du thorax. Le sang jaillit à gros bouillon des artères tranchées et l’homme s’effondra, mort. Le troll retourna à son repas.

Un couple dépareillé

Par un clair matin de printemps où la rosée emplissait encore l’air, deux grandes silhouettes parcouraient les champs.
La première appartenait à un elfe sombre du nom de Kali. Il arborait sa toge de mage noir aux reflets dorés et un sourire charmeur. Il semblait tellement fier et décontracté qu’un passant l’aurait pris pour un seigneur elfe se rendant à quelque rendez-vous galant.
La seconde était celle d’un homme-ours à l’origine incertaine répondant au nom d’Haaken. Il était vêtu, ce jour-là comme les autres, d’une cotte de mailles et d’un long manteau de voyageur. Il avait encoché une flèche sur son arc long. Haaken était d’une stature nettement supérieure à la moyenne des hommes. Ses mouvements rapides et précis ne laissaient aucun doute sur sa longue expérience des champs de bataille mais son visage avait encore la fraicheur de la jeunesse.
Trois cavaliers sortirent d’un petit bosquet que le duo venait de dépasser.
- Des orcs des armées de Dénéthor, annonça calmement Haaken à Kali. Je commence par celui de devant.
Il décocha sa flèche. Le premier orc tomba, transpercé au niveau de la gorge. Les deux autres chargèrent, espérant arriver au contact avant que le guerrier ait fini de réarmer.
- Et pendant que tu y es, tu t’occuperas aussi des deux autres, je ne vais pas sacrifier mes pouvoirs à chasser les mouches !
Le guerrier foudroya le mage du regard tout en achevant d’encocher son second trait
-Mage ou pas, tu vas arrêter de prendre cet air supérieur, Kali.
Tu perds peut-être du pouvoir mais moi, je perds des flèches…
Il tira pour la seconde fois alors que les chevaux n’avaient parcouru que la moitié de la distance.
Un autre orc tomba, une flèche fichée dans l’œil. D’un geste vif, le guerrier rechargea à nouveau mais le troisième orc fit demi-tour. Contre toute attente, Haaken tourna son arme vers Kali et lui dit froidement :
- Kali, lance-lui un sort, c’est un ordre, cette mission n’est pas terminée et il va aller prévenir les autres.
Le sourire de Kali se mua en un rictus amer. Il n’appréciait visiblement pas d’avoir une arme braquée sur lui. Il marmonna quelques syllabes et une sphère enflammée apparût dans sa main. Il fit mine de la lancer sur Haaken, puis, modifiant habilement son mouvement au dernier moment, l’envoya en direction de l’orc qui fuyait désormais au grand galop. En moins de deux battements de cœur, le globe fût sur l’orc et une explosion puissante emporta le cavalier et sa monture.
- Alors, tu es content ? Ce sort aurait pu en tuer dix comme lui, déclara Kali en enfourchant le cheval le plus proche.
- Je suis d’accord avec toi, Kali, tu aurais donc mieux fait d’employer un tour moins puissant, répondit Haaken, en allant chercher son cheval un peu plus loin.
Mais Kali aimait avoir le dernier mot et conclût la conversation
- Arrête de me faire la morale, Haaken. J’ai vraiment hâte que tout ça soit fini… j’en ai vraiment assez de t’avoir sur le dos. Tu m’exaspères.

C’est dans cet état d’esprit échauffé que le couple découvrit alors un village dévasté.
Les ruines fumaient encore et un grand nombre de cadavres à moitié dévorés gisaient dans les ruelles…
- Ne restons pas là, Haaken, dit Kali. Comme tu l’as dit, nous avons une mission à terminer. Je n’aimerais vraiment pas croiser les bêtes qui ont fait ça !
A peine Kali avait-il terminé sa phrase qu’un cri de détresse s’éleva d’une des maisons détruites. Il s’agissait d’une voix d’enfant et Kali savait déjà que cet appel ne pouvait pas laisser Haaken indifférent. Sans même lui adresser un regard, le guerrier descendit de cheval et dégaina ses armes de corps à corps : une épée large et un grand bouclier. Des grognements monstrueux s’élevèrent des ruines de la maison d’où l’enfant avait crié. Haaken hurla à son tour pour attirer l’attention, préférant affronter ses adversaires à découvert. En fixant attentivement l’intérieur de la maison, il reconnut une forme et s’en étonna :
- Kali, je ne comprends pas : ce sont des trolls…je croyais que la lumière du jour les transformaient en pierres.
- Pas toujours, répondit Kali d’un ton sombre, mais ça n’est pas du tout bon signe, je suis désolé pour le gamin, mais on devrait…
L’un des trolls interrompit la phrase du mage en défonçant l’encart de la porte de la maison pour se ruer sur Haaken.
L’autre bête restait en retrait. Il était manifestement trop tard pour qu’Haaken évitât le combat et Kali avait trop besoin de cet allié pour rapporter l’objet de leur quête à Tiramon. Kali prépara donc un sort de brisure d’os pendant que le monstre et Haaken engageaient le combat.
Haaken nota que le monstre ne portait pas d’arme, ce qui était plutôt un handicap pour lui : il ne savait pas si la bête allait l’attaquer de ses griffes acérées ou tenter de le mordre.
Durant quelques secondes, Haaken tourna autour du troll, évitant quelques attaques. Profitant de ce répit, Kali lança son maléfice mais le troll y résista.
- Economise-toi, Kali, dit Haaken, je pense que je vais m’en sortir.
Fais plutôt attention au second monstre, je crois qu’il t’a vu.
Effectivement, l’autre troll avait disparu et tentait vraisemblablement de prendre Kali à revers. Le mage fit demi-tour en emmenant les deux chevaux.
Kali aperçut le second troll qui le suivait. Il décida de fuir du village pour l’attirer derrière lui.
A cheval, il pensait qu’il lui serait facile de distancer le monstre pour revenir ensuite. Mais sa manœuvre allait prendre du temps et Kali se prit à espérer qu’Haaken n’avait pas été trop optimiste.
Pendant les premiers instants du combat, Haaken se contenta de défendre et de jauger son adversaire. Il avait affronté de nombreux ennemis, mais peu de créatures dotées d’une telle force. Les coups du troll avaient une telle puissance qu’Haaken ne pouvait les bloquer. Il était donc contraint d’esquiver encore et encore. Par contre, le troll était assez lent et ses attaques étaient peu variées.
Dès qu’il fut en mesure d’anticiper les mouvements de la créature, Haaken passa à l’offensive. Au moment où la bête relevait une nouvelle fois ses bras avec l’intention de les rabattre sur lui, Haaken bondit en avant et frappa à proximité du cœur.
Sa lame franchit le cuir et s’enfonça profondément, manquant même de rester coincée dans l’un des os.
Pour aggraver la plaie, Haaken se décala sur le côté et ressortit son arme en tranchant profondément le flanc de la bête. Le troll rugit de douleur en se replaçant face à lui.
L’impact psychologique de ce premier choc fut immédiat : la bête réalisa que la blessure occasionnée par son adversaire était grave, et la fébrilité s’empara d’elle. Au contraire, Haaken, en guerrier expérimenté, ne perdit pas sa concentration à la suite de cette première réussite. Sauf incident, la victoire n’était plus qu’une question de temps.
Le troll même gravement blessé n’était pourtant pas sans défense. La mise à mort dura de longues minutes. Le troll finit par s’effondrer, tranché et transpercé de multiples manières, non sans avoir infligé à Haaken quelques griffures bénignes.
Haaken l’acheva puis entra dans la maison.
Un enfant d’une dizaine d’années était recroquevillé dans un coin, sain et sauf. Ses mains tenaient vaillamment un petit couteau.
Haaken le souleva calmement et sortit de la maison.
C’est à ce moment que Kali, le regard affolé et le bras gauche ensanglanté, revint en galopant vers Haaken.
- Vite, vite, l’autre est juste derrière, tu ne veux pas te battre contre lui aussi quand même ?
Haaken assit rapidement l’enfant sur le cheval et monta derrière lui. A peine étaient-ils en selle que l’animal se lança au galop en hennissant. Il semblait à peu près aussi terrorisé que Kali.
- Et mes parents? Murmura l’enfant, ils sont blessés, je les ai vus.
- Tes parents sont morts, affirma Haaken d’un ton grave.
Il n’en était évidemment pas certain mais il valait mieux que le petit le considérât.
Haaken préférait épargner bien des ennuis à l’enfant en balayant d’emblée chez lui tout espoir de retrouvailles. Entre les armées orcs et les monstres, la région semblait en effet bien trop hostile pour un enfant.

Les jours suivants, Haaken consacra beaucoup d’attention à l’orphelin dont le nom était Syl. Bien plus qu’un simple guerrier, Haaken était un aventurier expérimenté. Il était initié aux ruses des voleurs autant qu’à l’art du combat. Sa dévotion au Phœnix Renaissant, la divinité la plus saine du feu, lui conférait même certains pouvoirs mineurs de soins et de lumière. Comme Haaken avait constaté que Syl était en état de choc, il fit preuve d’une grande douceur, essayant de le faire rire et de jouer avec lui. Cette attitude fut efficace puisque l’enfant sortit peu à peu de son mutisme. Trois semaines de voyage suivirent durant lesquelles, chaque soir, Haaken et Syl jouaient à cache-cache, prétexte à l’enseignement de méthodes de dissimulation.
Kali restait à l’écart, jetant régulièrement des regards méprisants à Haaken.
Une nuit, Syl fut réveillé par une discussion houleuse entre les deux compères :
- Le petit nous encombre, nous perdons du temps… On devrait le laisser dans le prochain village qu’on croisera, dit Kali d’une voix tintée d’énervement.
- Je suis désolé pour la blessure que t’a infligée le troll, mais, objectivement, le petit n’est pas un fardeau notable, répliqua Haaken. Je ne comprends pas pourquoi sa présence te dérange.
- Haaken, combien de fois m’as-tu fait la morale sur le fait que notre mission doit être notre seule préoccupation ? Je ne suis pas sûr qu’Olendata et Lonel trouveraient normal que tu ramasses tous les marmots que la misère met sur ta route. Et puis, que comptes-tu faire de lui? Un esclave, peut-être ?
- Tu as trop bu. Toi, tu serais sûrement assez minable pour faire ça à un orphelin. Mais pas moi.
- Bien sûr, tu n’es pas un vulgaire bandit de grand chemin. Tu es Haaken le magnifique. Un bon, un juste, un « sans reproche ». Kali marqua une pause avant de poursuivre d’une voix bien plus sarcastique. Rappelle-moi donc ce que tu as fait à la reine de Kotobel.
- Que vient-elle faire dans notre conversation ? Tu sais t’y prendre pour remuer les fosses à purin, répondit Haaken à la fois outré et menaçant. Tu es satisfait de toi, j’espère, Kali. Comment l’as-tu appris ?
- J’ai mes informateurs… Puisqu’on aborde ce sujet, raconte-moi donc ta version de ce qui s’est passé ce soir-là…
- Non, toi, dis-le-moi. Je ne parlerai pas de ça sans être certain que tu sais vraiment l’essentiel de cette histoire. Tu sais si bien prêcher le faux pour apprendre le vrai !
- On dit que l’assassin de la reine fut d’une violence immonde. Tu as même été banni de plusieurs contrées à cause de celà. Aucun de mes crimes n’est comparable. Comment peux-tu me traiter de minable en me regardant dans les yeux?
- Je ne te dirai rien de plus, tu sais déjà ce que tu as envie de savoir, conclut Haaken d’une voix plus retenue. Sache que la journée dont tu parles me hantera jusqu’à la mort. Mais n’oublie pas que je prie le Phœnix, une déité purificatrice. Que ça te plaise ou non, je garde l’enfant jusqu’à Tiramon. Je te rassure, noble elfe noir, suppôt de la maléfique araignée, il ne sera jamais mon esclave…
Et avant que Kali ait pu rétorquer quoique ce soit, Haaken mit fin à la conversation en déclarant : « Je vais me coucher. »
Entendant Haaken revenir, Syl se retourna et fit semblant de dormir.
Il n’était pas sûr d’avoir tout compris, mais Haaken devait avoir fait quelque chose d’affreux. Pourtant, Haaken était la seule personne encore vivante qui s’intéressât un peu à lui. Cette nuit-là, Syl fut traversé par un ensemble de sentiments bien difficilement supportables pour un enfant de dix ans: de tous, la solitude était bien le pire… Pourtant, il décida avant de s’endormir qu’il ne ferait dorénavant confiance qu’à lui-même. Les autres, quels qu’ils soient, étaient un danger. Il fallait s’en protéger pour survivre.

Les jours suivants, Syl se mura dans un silence total qui inquiéta Haaken. Aux heures de repas, Syl ne venait jamais et lui imposait de le chercher. Ce qui devint de plus en plus difficile au fil du temps. Pourtant, Syl n’abandonna pas le tandem.

Arrivée à Tiramon

Un mois et demi de voyage s’était écoulé lorsque les faubourgs de Tiramon se dessinèrent au loin. Syl était encore trop jeune pour noter que les maisons des faubourgs de la ville étaient nettement plus hautes que celles de son village. Il fut par contre en mesure de se rendre compte rapidement que l’étendue de la cité était bien plus grande que celle de son village. Les trois voyageurs descendaient une montagne qui surplombait la ville. Une forêt dense les séparait encore de leur objectif. La route qu’ils empruntaient plongeait dans la masse végétale quelques centaines de mètres plus bas.
Kali et Haaken avaient stoppé leur monture et admiraient le paysage. Alors qu’ils se préparaient à reprendre la route, Haaken se tourna vers Kali et lui demanda :
- Que penses-tu des gobelins qui campent dans la forêt ?
Haaken tendit la main vers les arbres et Kali remarqua effectivement des mouvements.
- Crois-tu qu’ils sont là pour nous ? continua Haaken
- J’aimerais bien aller leur demander mais Dénéthor, le mage auquel nous avons dérobé la sphère, est un devin, il n’a rien dû laisser au hasard. Si ces gobelins sont là pour nous, ils doivent être assez dangereux pour nous éliminer.
Kali regarda alors Haaken avec un petit sourire en coin. Il entra sa main dans sa robe et en ressortit un talisman aux formes complexes.
- Sais-tu ce que c’est ?
- Non, je n’en ai pas la moindre idée…
- C’est un embrouilleur
Haaken hocha la tête cherchant dans sa mémoire la signification de ce mot. Tout à coup, son visage s’assombrit : il venait de se rappeler la signification de ce nom.
- Comment as-tu eu ça ? Demanda Haaken à Kali. C’est un objet magique empêchant les prophéties, c’est ça ?
- Effectivement : l’embrouilleur tient son nom de sa capacité à empêcher les visions. Si cela peut te rassurer, je ne l’ai pas chapardé, c’est notre gentille mécène Olendata qui me l’a confié, ironisa Kali
- Comment un tel objet peut-il fonctionner ? Et pourquoi attends-tu seulement maintenant pour l’utiliser ? Si Dénéthor est vraiment un devin, pourquoi ne nous a-t-il pas attrapés quand nous étions chez lui ?
- Dénéthor n’aurait pas pu savoir avec certitude qui nous envoyait s’il nous avait fait prendre chez lui. Quant à l’embrouilleur, je t’avoue que mes connaissances en magie ne me permettent pas de comprendre la nature exacte de son pouvoir.
Les aveux d’incompétence de Kali étaient rares et Haaken décida d’en rester là. Pourtant, une dernière question s’imposa d’elle-même :
- Dénéthor est-il en mesure de voir plus loin, après la fin des effets de l’Embrouilleur ?
- C’est effectivement le problème reconnut Kali. Nous n’avons que trois heures pour atteindre Tiramon et Olendata. Je suis sûr que les visions de Dénéthor ne passent pas les portes de la cité. Par contre, il est fortement probable que nous serons tués si nous ne franchissons pas les passages éthérés dans le temps imparti.
Kali lança le sort de l’embrouilleur. Lorsqu’il acheva son incantation, le ciel sembla s’éteindre pendant une seconde. Comprenant que le compte à rebours venait de commencer, Haaken et Kali s’élancèrent au galop vers la cité. Alors qu’ils se rapprochaient de l’embuscade tendue par les gobelins, Haaken fit signe à Syl de se taire et le groupe quitta la route afin de prendre au dépourvu les gnomes dégénérés.


Les deux mercenaires furent surpris par la taille de la troupe qui les attendait. Ils distinguaient plus d’une vingtaine de gobelins dans leur champ de vision, ce qui leur fit penser que la totalité de la troupe était deux à trois fois plus importante.
Ils avaient peu de temps devant eux, mais Dénéthor avait sûrement semé d’autres obstacles sur leur route et les gobelins connaissaient peut-être leur nature. Il était donc important de tenter de leur soutirer le plus possible d’informations.

Haaken finit par distinguer un gobelin plus massif que les autres, et dont la parure indiquait ostensiblement la haute naissance. Il s’agissait sans doute possible d’un hobgobelin, fils de la lignée des rois gobelins. Le plan que le duo mit en place était simple : Kali conféra à Haaken l’apparence d’un petit gobelin. Ainsi camouflé, le guerrier devait se glisser dans le camp jusqu’au chef, le capturer et le ramener, protégé par les sorts de Kali.
Malheureusement, tous les plans nécessitent une part de chance pour aboutir, et, cette fois-ci, le tandem en manqua : Haaken dépassa une trentaine de guerriers gobelins lorsque l’un d’entre eux lui adressa la parole. Haaken ne pouvait pas comprendre, il essaya de passer son chemin en l’ignorant. Ce n’était apparemment pas la réaction attendue puisqu’une quinzaine de gobelins tirèrent leurs armes. Voyant que la situation leur échappait, Kali commença à invoquer un sort de grande ampleur afin d’effrayer la horde. Pendant ce temps, Haaken s’adossa à un rocher et entama un combat périlleux. Syl observait la scène qui devint peu à peu surréaliste. Haaken, qui avait repris son apparence normale, était contraint de parer plus d’une dizaine de coups chaque fois qu’il voulait attaquer. Mais cette situation ne l’empêchait nullement de tuer systématiquement. Près d’une dizaine de gobelins étaient déjà au sol quand le sort de Kali commença à prendre effet : le ciel se couvrit rapidement d’épais nuages, puis, quelques secondes plus tard, une pluie de braises s’abattit sur la horde.
Haaken était au milieu de la pluie et les tisons ricochaient sur ses épaules. Contrairement aux gobelins, il gardait son calme. Le chef des gobelins avait compris depuis longtemps que les assaillants étaient ses cibles, il vint donc combattre l’homme pour tenter de le retenir le temps que ses troupes se ressaisissent. Ce fut une erreur terrible puisque Haaken le désarma à l’instant où ils croisèrent le fer. Dans la foulée, l’aventurier assomma le gobelin. Il le jeta sur ses épaules et commença à courir alors que les flèches fusaient autour de lui. Deux d’entre elles touchèrent l’hobgobelin et le blessèrent légèrement. Pendant ce temps, Kali ne resta pas inactif : il lança un sort de mur de feu entre Haaken et les archers. La pluie enflammée et le mur finirent d’ailleurs par déclencher un incendie qui couvrit la fuite des mercenaires.
Haaken avait installé Syl sur la selle de Kali et était lui-même monté avec l’hobgobelin. Ils traversèrent la forêt, semant définitivement leurs poursuivants, ils ne firent halte qu’à la lisière pour interroger l’hobgobelin.
Un interrogatoire est souvent un moment pénible, même en tant que témoin. Syl était bien trop jeune pour assister à une telle scène. Il fut profondément choqué par l’inhumanité que déployèrent Kali et Haaken. Malheureusement, ces derniers savaient que le temps jouait contre eux et leurs sentiments pour les gobelins n’étaient guère différents de ceux qu’ils éprouvaient pour les cafards et les blattes. Pour commencer, Haaken attacha le gobelin et le réveilla en le frappant de plusieurs coups de pied. Pour briser le mutisme dans lequel le gobelin s’était muré, Kali le brûla avec une torche, puis le taillada avec une dague. Mais cela n’était pas suffisant : le prince gobelin gardait fièrement le silence. Révolté par leur brutalité de ses protecteurs, Syl se mit à hurler et pleurer. En réponse, Haaken déclara d’un ton irrité qu’il était temps de se remettre en route. Une fois n’est pas coutume, Kali prit Syl par la main et l’installa sur son cheval.
Dès que Kali et Syl furent parti, Haaken revint près du gobelin attaché. Il dit à la créature, dans un demi-sourire :
- C’est bien, tu as résisté à la torture, maintenant je vais te tuer de dépit, et on verra auprès de qui tu pourras t’en vanter.
Haaken tira son épée et se rapprocha. Puis il saisit le gobelin par les cheveux et se prépara à le frapper quand ce-dernier rompit le silence.
- A proximité de la porte de Tiramon, deux tireurs d’élite attendent un groupe composé d’un mage, un guerrier et un enfant. Ils sont postés la-bas depuis une dizaine de jours. Je ne sais rien de plus..
Haaken n’avait plus aucune raison de tuer l’hobgobelin. Bien sûr, celui-ci pouvait mentir, mais peu de gobelins ont assez de courage pour le faire quand leur vie en dépend.

Malgré toute la grandeur politique de Tiramon, les faubourgs de la cité sont quelconques. Ce sont des successions de maisons à deux ou trois étages plus ou moins étendues. Les rues sont petites, sommairement entretenues et rarement dallées.Tiramon est décrite par les géographes d’une multitude de mondes et il est donc nécessaire de préciser la nature de la cité : Tiramon est un carrefour éthéré. La légende veut qu’un Titan du nom de Samatar ait élu domicile dans une antre du plan des dieux dont chaque issue menait vers un univers distinct. Le peuple des Ozguls, réputé pour sa vaillance, l’aurait défié et vaincu. Il se serait emparé de son antre afin d’y établir sa capitale. Derrière le mythe, il semble en fait que les mages Ozguls aient atteint à une époque un niveau de connaissance magique unique. Ce savoir leur aurait permis d’installer leur ville au carrefour de plusieurs mondes.
Les faubourgs de la cité sont donc différents selon le monde de provenance du voyageur. Nulle porte ne protège de l’entrée dans ces faubourgs. Par contre, il faut franchir une porte éthérée pour arriver dans la ville elle-même. Ces portes sont étranges pour le visiteur sans savoir. Bien que gardées par une escouade de gardes, on peut en faire le tour et elles semblent n’être qu’un ornement de la cité. Par contre, le voyageur cultivé demande qu’on les lui ouvre moyennant une taxe raisonnable.

Le problème principal d’Haaken et Kali consistait à franchir la porte de Tiramon avant la fin de l’effet de l’embrouilleur et il ne leur restait qu’une demi-heure quand ils arrivèrent aux faubourgs.
Des tireurs d’élite les attendaient, et Kali n’avait plus de pouvoir pour dissimuler leur apparence. Haaken était épuisé et n’avait plus l’énergie d’aller les trouver pour les affronter, il n’en avait d’ailleurs probablement pas le temps. L’idéal aurait été de franchir les portes dans un carrosse mais ce moyen de transport était interdit aux particuliers. Seules les caravanes de marchandises avaient l’autorisation d’aller et venir librement dans la cité.
La situation sembla soudain complexe aux deux compères.
Ils remarquèrent alors une caravane de vignerons qui parcourait les faubourgs en direction de la porte éthérée. Elle progressait lentement à cause des conditions de trafic catastrophiques ce matin-là et de l’ébriété avancée des négociants… Ceux-ci s’arrêtaient d’ailleurs fréquemment pour tenter de vendre une partie de leur chargement aux auberges des faubourgs.
Haaken et Kali avaient encore une carte dans leur manche : leurs bourses pleines d’or.
Pris d’une inspiration soudaine, Kali fonça dans une herboristerie, et en ressortit avec une fiole.
Il s’adressa à Haaken avec un sourire radieux.
- Que diriez-vous, maître ivrogne, de passer les portes noyé dans la vinasse ?
- Je n’ai rien contre, répondit Haaken lui rendant son sourire, mais pourrais-tu m’expliquer quel est ton plan ?
- Ceci est une potion permettant de respirer dans l’eau…mais aussi dans tous les liquides, dit Kali en tendant vers Haaken et Syl la fiole qu’il venait d’acheter. Nous en avons assez pour nous deux et l’avorton. S’il te reste assez d’or pour convaincre les négociants de nous laisser une place dans un tonneau de leur meilleur vin, je suppose que nous passerons les portes sans encombre. Peu de gardes oseraient souiller un grand cru à la recherche de clandestins... Et même s’ils nous découvraient de l’autre coté, ce ne serait pas bien grave puisque nous sommes au service de la ville.
Le chef des négociants était facile à reconnaitre : il avait la plus forte voix de tous et ses beuglements graves dépassaient le brouhaha ambiant. Le stress de l’embouteillage et l’alcool rendaient son visage tellement rouge qu’il semblait maquillé.
Haaken et Syl descendirent de cheval devant lui. A ce moment, la porte était encore à une cinquantaine de mètres de l’avant de la caravane et il ne restait plus que quelques minutes avant la fin de l’effet de l’embrouilleur. Le timing était extrêmement serré. Haaken savait que beaucoup de choses dépendaient d’une réponse rapide et positive du négociant. Il arbora le sourire le plus joyeux qu’il avait à sa disposition et s’adressa au chef de la caravane.
- Maître négociant, je souhaiterais faire une plaisanterie à l’un de mes amis qui garde les portes à l’intérieur de la cité. Je viens d’accomplir une mission pour la ville et j’ai parié que je reviendrai d’une manière qui le surprendrait. Je sollicite votre concours : je voudrais sortir avec mes amis d’un de vos plus beaux fûts. L’effet serait garanti !
La proposition ne semblait pas du goût du négociant dont le visage devint encore plus écarlate.
- Guerrier, tu ne te rends même pas compte que ta plaisanterie puérile sacrifierait un breuvage dont même ta langue n’est pas digne. Tu n’aurais d’ailleurs probablement pas de quoi m’acheter un malheureux verre de mon précieux nectar.
- Si c’est un problème d’argent, ne vous inquiétez pas. Je vous paierai de mes deux chevaux et de dix pièces d’or.
Le négociant se calma instantanément et prit un air confus.
- Monseigneur…Oh excusez-moi, Monseigneur. Mais comment aurais-je pu savoir ? Vous masquez si bien votre apparence que je vous prenais pour l’un de ces mercenaires étrangers.
Haaken était effectivement un mercenaire étranger servant Tiramon mais il n’avait pas le temps de bavarder ni de son statut, ni de l’état de ses finances. Il paya rapidement, appela Kali qui donna son cheval sans se plaindre. Le duo et l’enfant burent la potion et entrèrent dans une volumineuse barrique. Les dernières minutes avant l’atteinte des portes semblèrent durer une éternité à Haaken et Kali. Les potions permettaient aux trois de respirer comme si le vin était fait d’air. Mais les vapeurs et la diffusion de l’alcool leur tournèrent la tête. A peine les portes franchies, le tonneau fut ouvert et le négociant leur dit de sortir. Contre toute attente, même si les trois avaient effectivement atteint l’autre côté de la porte, ils n’étaient toujours pas en sécurité : une escouade de gardes pointait leurs arbalètes vers eux.
Malgré la situation tendue et l’inconfort qu’il ressentait dans ses vêtements imbibés de vins, Syl ne put réprimer une exclamation d’émerveillement quand Haaken le fit sortir du fût : la cité apparaissait désormais dans toute sa magnificence à ses jeunes yeux enivrés. L’architecture du cœur de la ville était tout à fait différente de celle des faubourgs. Les maisons étaient de toute beauté, œuvres de maîtres architectes. L’esthétique semblait être l’une des préoccupations majeures des habitants de la ville et quelle que soit la direction où portait le regard, il rencontrait forcément une des innombrables statues, arcades ou fontaines ornementales. La ville était surplombée d’un ciel vert pâle aussi lumineux que si l’été régnait sur la ville. En revanche, malgré l’importante luminosité, aucun soleil n’était visible dans le ciel.

Le chef du groupe de gardes s’adressa à eux sur un ton extrêmement froid.
- Vous avez délibérément tenté de franchir les portes sans autorisation, j’aimerais connaître le fin mot de l’histoire dans la mesure où vous ne vouliez sûrement pas me faire une « plaisanterie ».
- Nous avons été envoyés en mission par les Yeux, répondit Haaken d’une voix franchement pâteuse. Cette mission était fort périlleuse et nous n’avions pas d’autre solution pour passer : des archers embusqués nous auraient tiré dessus si nous nous étions présentés aux portes. Pourriez-vous nous conduire jusqu’au quartier général des Yeux ?

« Les Yeux » était le nom donné au service secret de la ville. Officiellement, ils étaient une assistance aux gardes. Hiérarchiquement, les Yeux et les gardes avait donc été regroupés dans le corps des « forces intérieures », l’armée Tiramonique constituant les « forces externes ».

Haaken fit un mouvement vers ses poches afin de sortir l’ordre de mission. Il se ravisa en imaginant son état…Le vin qui imbibait ses vêtements n’avait pas dû épargner le document.
- Vous avez franchi les portes de la cité sans autorisation, je vous somme de repartir, déclara le capitaine d’une voix sentencieuse.
Kali et Haaken se regardèrent d’un air perplexe. L’alcool altérait encore leur perception et leurs mouvements mais la peur de mourir avait chassé la douce euphorie qu’ils ressentaient auparavant. L’attention des passants commençait à se cristalliser sur eux et un attroupement se forma. Parmi eux, Kali crut y reconnaitre des Yeux. En effet, les Yeux portaient souvent leur cotte de mailles cuivrée sous une toge, et Kali avait justement entraperçu des reflets métalliques ocres dans la foule. Il haussa le ton de manière à ce que tous puissent entendre.
- Nous vous avons expliqué que des tueurs nous attendent juste derrière cette porte et que nous sommes en mission. Votre incompétence va coûter cher à la ville.
Haaken surenchérit en tapant sur l’épaule de Kali:
- Laisse tomber, Kali. C’est un des hommes de Dénéthor. Nous avions tout imaginé sauf que quelqu’un pouvait nous renvoyer vers lui. Haaken regarda fixement le capitaine. Je ne pense pas, monsieur le traître, que votre visage autoritaire vous sauvera quand nous en référerons aux Yeux. En plus d’être fourbe, vous êtes en effet stupide : les archers nous attendent, certes, mais ils doivent nous empêcher d’entrer dans la ville. Or, nous sortirons de la porte. Plus ils seront intelligents, moins ils seront tentés de nous assassiner…même si nous correspondons au signalement.
Haaken se retourna et se dirigea vers la porte. Il garda son bouclier dans le dos et ne dégaina pas. Mais intérieurement, il se demandait si son pari était correct. Les archers avaient pour mission de les tuer, c’était la seule information qu’il avait. Si Dénéthor avait effectivement prédit qu’ils franchiraient la porte, sa consigne pouvait tout à fait être de tirer sur eux quelle que soit leur provenance. Il était sur le point de franchir la porte quand une voix féminine lui cria de s’arrêter.
Haaken se retourna. Kali et Syl, qui le suivaient, firent de même. Sortant de la foule massée, trois Yeux venaient de se débarrasser de leurs toges. Ils s’avancèrent vers le capitaine dont le regard s’emplit de crainte. La jeune Olendata dirigeait le trio. C’est elle qui avait envoyé Haaken et Kali en mission. Elle s’adressa au capitaine :
- Que vouliez-vous faire ? Je vous avais moi-même prévenu qu’ils viendraient !
Le capitaine recula, cherchant une réponse. Olendata lui ordonna de déposer son arme à terre. Il s’exécuta mais tenta de s’enfuir. La foule le retint. Un silence de mort régnait maintenant sur la place. Olendata demanda.
- Votre maître vous a-t-il prévenu que le groupe viendrait par les tonneaux ?
- De quoi voulez-vous parler ? répondit le garde d’un ton apeuré
-Vous ne voulez pas avouer…très bien. Rentrez vous-même dedans. Lui dit-elle en pointant le tonneau de vin du doigt.
Le capitaine protesta puis s’exécuta en tremblant. Il s’immergea dans le vin. Pendant ce temps, Olendata s’adressait au groupe.
- La protection du sort que je vous avais confié a dû prendre fin alors que vous étiez dans les fûts. Dénéthor a donc pu prévoir que vous y seriez. La solution la plus simple pour vous empêcher d’arriver aurait été de tous les empoisonner mais comme les négociants buvaient eux-même le vin, ils seraient morts et vous ne les auriez jamais rencontrés. Si je ne me trompe pas, il a donc corrompu ce capitaine pour qu’il vous renvoie vers ses tueurs. Les archers doivent donc être préparés à tirer sur les personnes qui sortiront par la porte avec des vêtements imbibés de vin.
Olendata se retourna vers le capitaine et lui ordonna de franchir la porte. La réaction de ce dernier fût presque un aveu, il se jeta au sol en priant Olendata de l’épargner.
Mais Olendata n’était pas une personne miséricordieuse. Elle dégaina sa rapière et commença à frapper vers le sol très près du visage de l’homme. Il se redressa mais Olendata continua à le repousser vers la porte. Encore quelques pas et le capitaine finit par la franchir. La flèche qu’il reçut de l’autre côté l’empêcha de poursuivre à la fois sa carrière d’agent double et sa vie.
Haaken était blême. Son erreur avait failli lui coûter cher. Il devait beaucoup à Olendata.

Haaken et Kali achevèrent leur mission en remettant à Olendata la sphère de chaos qu’ils avaient pris chez Dénéthor. Ces sphères étaient une menace mortelle pour Tiramon et leur chasse était une des priorité des Yeux…

Les semaines suivantes furent, pour Syl, ses derniers souvenirs d’enfance joyeux. Haaken et lui étaient logés dans une petite maison du quartier des Yeux tandis que Kali avait élu domicile dans une Académie de magie. Haaken et Kali ne s’appréciaient pas beaucoup et Haaken ne semblait pas souffrir le moins du monde de l’absence de son partenaire de campagne.
Pendant cette période, le guerrier fit visiter la ville à Syl. Ensemble, ils allèrent aux différents temples, pêchèrent dans le bras de mer improbable qui bordait la cité et assistèrent à des représentations dans plusieurs théâtres.
Syl se rendit compte que le ciel du cœur de la cité était toujours vierge de nuages, et qu’il changeait de luminosité suivant un cycle de vingt-six heures sans qu’aucun astre ne le gouverne.
C’était un peu déroutant mais fort agréable.
Plusieurs fois, Haaken et lui passèrent des portes éthérées pour se rendre dans certains faubourgs. Ils y allèrent notamment à l’occasion de l’achat d’une nouvelle arme par Haaken et pour assister à des festivités où Syl aperçut pour la première fois un vol de dragons.
Haaken expliqua à Syl le fonctionnement de la ville. Il essaya de lui faire comprendre le principe des portes mais il insista surtout sur le régime de la ville. Il s’agissait d’une démocratie parlementaire : tous les citoyens pouvaient voter et chaque race -Elfes, Nains, Humains, Orcs, etc.- était représentée à l’assemblée par au moins un siège. Haaken expliqua également à Syl que les Ozguls, le peuple qui avait fondé la ville, auraient pu envahir de nombreux mondes mais avaient préféré laisser la liberté aux autres peuples et ne possédaient finalement que peu de terres en dehors des faubourgs de la ville.
La ville était fréquemment en guerre mais les batailles servaient le plus souvent à défendre la cité contre des peuplades belliqueuses.
Haaken prépara Syl à une nouvelle séparation : le mercenaire était fréquemment en mission. Il voulait confier l’éducation du fils de paysan à l’école administrative de Tiramon. Comme le mercenaire risquait d’être absent de longs mois, il avait confié à l’école une partie de son pactole, portion qui couvrait largement les frais de l’ensemble de la formation.

Si celà vous plait inconditionnellement,
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MessageSujet: Nouveaux commentaires   Mar 2 Nov 2010 - 8:38

Cette deuxième (petite) partie me plait mieux que la première. C'est plus vivant et d'une écriture plus souple que précédemment. Les personnage comme l'intrigue gagnent subtilement en épaisseur.

Continuez.

Et de grace, présentez-vous car il me semble que vous ne l'avez pas encore fait, ce qui va à l'encontre des règles de bienséance de ce forum.
En outre, c'est plus sympathique.
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MessageSujet: Ma présentation!   Mar 2 Nov 2010 - 9:17

Si fait, cher Aragorn! lol
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MessageSujet: Re: Dans l’ombre des portes   Mar 2 Nov 2010 - 22:24

La formation de Syl

L’école administrative de Tiramon constitue l’un des nombreux systèmes dont dispose la ville pour former ses citoyens. Tout comme l’apprentissage pour les travailleurs manuels et les écoles religieuses pour les guérisseurs, les clercs et les paladins. Les académies de magies sont tolérées mais sont séparées par un mur du reste de la cité.
L’école administrative de Tiramon forme aux plus hauts postes de l’administration et elle accueille les enfants des plus pauvres comme les orphelins, ces derniers étant alors gardés en pension durant l’année.
Cette école se veut un symbole de l’égalitarisme de la société de Tiramon. Néanmoins, de tous temps, de nombreuses voix relativement objectives se sont élevées pour dénoncer la ségrégation manifeste entre le traitement des enfants des vieilles familles Ozgul, qui sont initiés au droit, à la gestion et au commandement militaire et celui réservé aux déshérités, qui n’ont droit qu’à l’apprentissage du respect de la hiérarchie, du maniement des armes, et à celui des méthodes d’interrogatoire.
Syl faisait évidemment partie de la seconde catégorie d’élève. Et, de fait, la méthode éducative employée pour sa formation et celle des autres orphelins était étonnamment brutale. Cette méthode baptisée pompeusement « Méthode d’Amédée et Lomen » du nom de ses soi-disant découvreurs était ni plus ni moins qu’une application caricaturale du principe de la carotte et du bâton: ceux qui échouaient aux tests prenaient régulièrement des coups de cravache et leurs vêtements n’étaient pas lavés tandis que les bons élèves avaient droit à une plus grande quantité de nourriture aux repas.
Syl avait un gros retard dans le maniement des armes. De plus, sa solitude l’accablait moralement et nuisait à son assiduité. Les premiers mois furent extrêmement pénibles pour lui. Comme il ne voulait rien laisser transparaître par crainte de sembler faible, il restait seul face à cette situation. Il se sentait tel un prisonnier impuissant et en voulait à Haaken de l’avoir laissé là.
Son état devint franchement préoccupant au début de l’hiver : il avait beaucoup maigri et ses vêtements étaient en lambeaux. Certains de ses instructeurs finissaient même par culpabiliser de le sanctionner encore. Un soir, il sentit une fois de plus l’envie de pleurer monter en lui et décida comme à l’accoutumée de s’isoler. Comme il était encore trop jeune pour avoir l’autorisation de sortir de l’école, il se cachait dans les buissons de la cour. Il s’accroupit et pleura près d’une dizaine de minutes quand il sentit une main se poser doucement sur son épaule. Il leva les yeux et croisa le regard d’une jeune fille prénommée Maren. Ce regard n’était pas empli de dédain ou de pitié mais simplement de douceur, il était accompagné de questions et de paroles chaudes et apaisantes curieusement détachées. Elle lui demanda d’où il venait, qui avaient été ses parents, puis lui parla du temps qu’il allait faire les jours à venir et termina sur ce qu’ils allaient manger au goûter. Elle le prit par la main, le releva, et, ensemble, ils retournèrent dans les bâtiments.
Syl n’avaient besoin de rien de plus que de cette présence dans sa vie. Certes, Maren lui fit laver ses vêtements et lui apporta quelques soins les premiers jours, mais fondamentalement, c’est bien la rupture de son isolement qui permit à Syl de se reprendre.
Maren conversait fréquemment avec lui et lui permettait de dépasser certaines difficultés pratiques qu’il rencontrait. Ils révisaient également ensemble et Syl, qui n’avait pas accès aux matières les plus nobles, finit par en connaitre davantage sur la vie politique de la cité que nombre des « mieux-nés ».. Syl, qui avait bu les paroles de Maren dans un premier temps, était devenu ensuite capable de les critiquer et de se forger des opinions que Maren jugeait aussi originales que pertinentes.
Cette évolution, notable au bout de deux années, finit par attirer une certaine jalousie à l’encontre du couple. Syl vivait pourtant de manière bien austère puisqu’il passait sa vie dans la bibliothèque de l’école et n’en sortait que pour raccompagner Maren en fin de journée.

Un soir, alors qu’ils devisaient ardemment sur la sous-représentation des orcs à l’assemblée de Tiramon, un trio d’élèves s’immisça dans la conversation. Le plus grand d’entre eux, Galaan, coupa sèchement Syl au moment où celui-ci déclarait que les orcs auraient été moins enclins à attaquer par légions si leurs congénères avaient eu un réel pouvoir au sein de la cité. Devant les visages fermés, Syl esssaya de s’expliquer davantage dans un premier temps, puis s’excusa lorsqu’il comprit que la situation lui échappait. Le trio faisait preuve de la pire mauvaise foi, n’hésitant pas à recourir au mensonge pour envenimer la polémique. ils préparaient à se jeter sur lui lorsqu’Othon, un cousin éloigné de Maren, s’interposa. Il faisait parti d’une des familles les plus anciennes de la cité mais la rumeur qui courait sur lui au sein de l’école le décrivait comme un démon déguisé en homme. En général, sa réputation éloignait autant les élèves que les ennuis mais, cette fois-ci, Galaan était bien trop décidé à faire souffrir Syl pour fuir devant Othon. La mise en garde d’Othon lui attira donc un coup violent au visage. Il l’encaissa comme s’il s’était agi d’une pichenette. Puis, il contre-attaqua avec une force dévastatrice : la frappe au corps que reçut Galaan le projeta plusieurs mètres plus loin. Ses amis le relevèrent encore étourdi, et déguerpirent avec lui en hurlant qu’Othon était un fils de troll. Syl et Maren étaient un peu stupéfaits de la violence d’Othon mais celui-ci revint vers eux et s’excusa, tout penaud : « Je me contrôle mal. Je ne voulais pas le blesser… » Son attitude n’avait rien de comparable à celle des trois autres brutes et Syl éprouvait pour lui une gratitude infinie. A partir de ce jour-là, le couple devint un trio inséparable.

Les quatre années suivantes furent parmi les années les plus joyeuses de la vie de Syl. Aucun événement ne troubla le bon déroulement de sa scolarité et de sa vie en général. Maren et Othon étaient constamment à ses cotés et le soutenaient lorsque sa condition d’orphelin était douloureuse.
Haaken lui rendait visite dès qu’il le pouvait, malheureusement cela restait très peu fréquent. Les missions du mercenaire duraient souvent plusieurs mois et parfois même une année. Lorsqu’Haaken était sur Tiramon, Syl voyait son quotidien s’améliorer : il mangeait mieux, sortait en ville, et recevait de nombreux cadeaux. Syl restait néanmoins distant vis à vis de son père adoptif qu’il surnommait parfois «l’Assassin » quand il parlait de lui à Maren et Othon.
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MessageSujet: Re: Dans l’ombre des portes   Mer 3 Nov 2010 - 19:26

La rencontre entre les amis de Syl et Haaken eut lieu fortuitement pendant la seconde année. Le mercenaire entraina Syl au théâtre pour assister à une comédie populaire. A la sortie, Syl découvrit que les classes des familles aisées de l’école administrative avaient suivi la représentation. Il essaya de ne pas se faire repérer mais ses deux amis, eux-mêmes à l’écart du reste du groupe, le surprirent. Haaken étaient tellement heureux de constater que son protégé avait su s’insérer qu’il proposa à Othon et Maren de les accompagner à la taverne. L’enseignant donnait congé à l’ensemble des élèves au même moment, Maren et Othon se retrouvèrent donc contraints d’accepter l’invitation pour ne pas paraitre impolis. Cette sortie à l’auberge modifia sensiblement l’image que Maren et Othon avaient d’Haaken. Il se montra en effet particulièrement prévenant.
Ce changement de perception déplût à Syl dans la mesure où, par la suite, ses amis prirent souvent la défense d’Haaken quand il le traitait de meurtrier. Mais, aussi déplaisante que fut la nouvelle position de ses deux amis, elle permit à Syl d’envisager sa seule famille d’une nouvelle manière, plus constructive : Haaken avait peut-être été un affreux meurtrier, mais il avait dû changer au fil des ans pour devenir un homme aimable et respectable. Le genre d’homme capable de sauver et d’élever un orphelin par pur altruisme…

La cinquième année du cursus de l’école administrative tiramonique avait pour intitulé « année d’approfondissement des bases ». Cette année marquait encore plus nettement les limites de la conception égalitaire de l’éducation à Tiramon.
En effet, les fils et filles des vieilles familles vivaient une période d’épanouissement intellectuel intense, et faisaient notamment leurs premiers pas dans l’univers de la magie, cet art qui manipule le monde.
Par contre, les pauvres et les orphelins subissaient un lavage de cerveau assumé qui les conditionnait au respect le plus profond de l’Ordre. Leur quotidien était constitué essentiellement d’activités physiques dangereuses, le plus souvent guerrières. La réputation des cadets de l’école dépassait d’ailleurs largement les portes de la ville. Dans de nombreux mondes, on les surnommait « les hommes golems » pour souligner à la fois leur puissance, mais aussi leur manque de sentiment et de personnalité.
Syl fut donc séparé de ses deux compagnons en fin de quatrième année. L’immersion devait être totale et les élèves étaient isolés dans un bâtiment de l’école sans droit à des visites. Syl se rendit immédiatement compte que l’absence d’Othon et de Haaken lui était pénible mais ce n’était rien comparé à la douleur de vivre sans Maren. Chaque instant, il souffrait de ne pas l’avoir près de lui. Même l’accès à la bibliothèque était interdit, ce qui acheva de rendre le quotidien de Syl insupportable les premières semaines. Heureusement, en dépit de son mécontentement, les qualités de Syl furent repérées : Syl était de corpulence relativement modeste par rapport aux autres cadets, mais son adresse et sa vision étaient réellement hors norme. Fayen, le formateur responsable du cursus des orphelins, le fit orienter vers le régiment des apprentis archers d’élite. Outre le maniement de l’arc, son entraînement comprenait notamment la natation, l’escalade et la dissimulation. Le lavage de cerveau qu’il subissait n’avait pas d’effet sur son jugement et Syl se mit à faire le mur régulièrement pour poursuivre ses lectures à la bibliothèque. Cette année-là, les heures d’étude solitaire furent son seul plaisir.

Un succès vite oublié

La cinquième année s’achevait par des festivités dont le moment fort était une série de jeux baptisée « les épreuves ». Ce moment était l’occasion pour les élèves de dévoiler à leur famille leurs nouveaux talents. La soirée qui précédait ces jeux se déroulait dans un des salons du grand théâtre de Tiramon. Dans le carrosse qui l’y conduisait, Syl savourait sa joie : il allait enfin retrouver Othon et Maren ! L’entraînement rigoureux des archers avait transformé son corps. Il restait mince mais ses muscles étaient maintenant bien dessinés. Il avait aussi plusieurs profondes cicatrices dont une sur la joue gauche, cicatrices qui témoignaient de la rudesse de la formation.
Dès son arrivée, Syl vit que deux buffets étaient dressés. Evidemment, la plupart des élèves de basse condition restèrent toute la soirée regroupés près de l’un des buffets sans oser aller importuner les adolescents de plus haute extraction. Ce ne fut pas le cas de Syl : dès que ses yeux se posèrent sur ses deux amis, l’orphelin sentit une vague de bonheur le submerger. Il courut vers eux, les embrassa et ivre de bonheur, il déversa un flot de paroles : les mots se bousculaient. Il leur parla de sa solitude de cette dernière année, de sa peine de plus les avoir près de lui… Mais la discussion ne prit pas du tout la tournure à laquelle il avait aspiré : Maren et Othon s’adressèrent à lui avec une grande gentillesse mais il lui parlèrent comme l’on parle à un petit frère un peu attardé. Othon commença donc par lui demander d’un ton presque paternel s’il avait bien trouvé le moyen de continuer à s’instruire à la bibliothèque générale. Lorsqu’il répondit fièrement par l’affirmative, Maren précisa d’un ton apitoyé que « les connaissances accessibles y étaient malheureusement extrêmement limitées ». Comme on le lui avait enseigné dans le cours intitulé « hiérarchie et politesse », Syl ne souleva donc aucune objection lorsque ses deux amis lui expliquèrent que son absence de connaissance en matière de magie faisait malheureusement de lui un inculte. Sans cette initiation, il ne pourrait jamais rien comprendre des enjeux profonds qui guident la marche du monde. Le ton d’Othon et de Maren devint de plus en plus pédant au fil des heures qui suivirent. Finalement, eux aussi avaient subi une forme d’endoctrinement et, contrairement à Syl, ils n’y avaient pas été imperméables. Syl sentit l’amertume monter en lui, il fut presque soulagé de quitter ses deux amis à l’issue de leur exposé. Maren s’éloignait déjà de lui, quand elle se ravisa et revint pour lui souffler un dernier conseil :
- Attention à toi : demain, nous devons absorber un stimulant que l’on nomme la langue de feu, il nous rendra plus forts et plus rapides qu’aucun d’entre vous, mais nous serons aussi nettement plus agressifs qu’à l’ordinaire… je ne voudrais pas que tu sois blessé…
- La finalité de cette épreuve est donc d’achever notre conditionnement, répondit Syl. Nous allons apprendre que, quels que soient nos efforts, vous nous êtes supérieurs en tout point.
Pour la première fois de la soirée, Maren regarda à nouveau Syl comme autrefois.
- Tu as décidément conservé toute ta lucidité. Contrairement à ce que l’on peut entendre, votre entraînement ne vous abrutit donc pas à coup sûr dit-elle, admirative.
- Demain, j’espère encore te surprendre, lança Syl d’un ton fier.
A son tour, il tourna les talons et partit rejoindre ses semblables. Sur le chemin du retour, il se demanda par quel miracle il pourrait réussir à vaincre des adversaires plus rapides, plus forts et plus savants que lui. Pourtant, un sentiment de colère l’animait : il avait l’impression d’avoir perdu ses deux seuls amis à cause de l’idéologie bassement élitiste de leurs éducateurs. Il voulait prouver que toute cette mascarade était faillible, qu’elle pouvait être brisée. Ce n’était pas la victoire qui importait mais le pied de nez à toute cette stupide organisation. Il aurait dû informer ses camarades. Mais il se savait obligé de garder le silence pour ne pas générer un scandale qui aurait risqué d’atteindre Maren. Il devait donc se débrouiller seul.

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MessageSujet: Tpujpird pas mal   Jeu 4 Nov 2010 - 12:41

Quelquechose de grave serait maintenant bienvenu.
Toujours suivant mes appréciations personelles.

A bientôt.
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MessageSujet: Re: Dans l’ombre des portes   Jeu 4 Nov 2010 - 20:05



Cher Aragorn,
Encore un petit exploit infantile et après on passe aux choses plus sérieuses...
Par contre ma version "freeware" s'achève bientôt. Après tout, si les gens aiment bien, il peuvent le téléchargr sur le lien que je mets à chaque fois, ça coute 2€, c'est pas la ruine lol! Ou alors l'acheter en version papier en cassant leur tirelire (6,14€)

Syl dormit peu cette nuit-là. Mais au matin, il n’avait toujours aucun plan. Le jeune instructeur qui s’occupait souvent d’eux leur donna des précisions au sujet des épreuves pendant le petit déjeuner.
- Vous devez vous représenter les épreuves comme un ensemble d’activités variées doublé d’une course au trésor. Le vainqueur de chaque activité recevra une « pièce de réussite » marquée du sceau de Tiramon. Une médaille valant cinq pièces de réussite est dissimulée quelque part sur le terrain des épreuves. Celui qui la trouve doit se rendre à la ligne d’arrivée et mettre fin aux jeux. Il doit être discret et rapide puisque tout le monde a la possibilité de lui prendre la médaille. Seule la médaille peut être arrachée de force. Les pièces de réussite appartiennent exclusivement à ceux qui les ont méritées.
Rod, un élève fantassin réputé pour sa fainéantise, s’adressa alors à l’orateur d’un ton las :
- Sauf votre respect, à quoi servent ces épreuves ?
- Pour toi, elles ne serviront à rien, répliqua l’instructeur, déclenchant une vague de rires bêtes dans le réfectoire.
Heureux de son effet, il poursuivit :
- Mais les plus vaillants de tes camarades doivent apprendre que ces épreuves sont l’unique opportunité de se mesurer aux meilleurs élèves de l’école. De plus, celui qui aura récupéré le plus de pièces de réussite recevra un prix et la possibilité de décider lui-même de la suite de sa formation.
- Mais ces tests consistent en quoi, précisément ? Demanda une autre voix depuis le bout de la cantine.
- Ces épreuves sont des courses. Elles ont lieu dans des environnements variés : escaliers, labyrinthes…parfois dans l’eau.... A l’arrivée, on vous posera une question de culture générale. Physiquement, vous êtes mieux préparés que vos concurrents et les réponses aux énigmes sont finalement assez simples. Vous avez donc toutes vos chances.
- Non ! Nous n’aurons pas le droit d’utiliser d’armes. Et c’est ce que nous savons faire de mieux, enchérit une voix revendicatrice.
Une clameur d’approbation parcourut la salle. Le prêt d’armes aux élèves n’a jamais été automatique lors des épreuves, mais il est traditionnellement admis qu’il peut avoir lieu si les élèves formulent clairement cette revendication. Le vent de contestation qui souffla au-dessus des couverts en était assurément une, l’instructeur le savait. Il répondit pourtant comme s’il venait de réaliser le besoin des élèves et que la décision dépendait uniquement de lui :
- Vous avez raison. J’obtiendrai que vous soyez tous équipés. Il est évident que l’emploi d’armes tranchantes ou perforantes serait trop dangereux, vous n’aurez donc que des bâtons. Mais ce n’est déjà pas si mal…n’est-ce pas ?
Comme tous les apprentis archers, Syl n’avait qu’une connaissance approximative du maniement des armes de mêlée. Si les riches étaient dopés et les fantassins armés, il allait vraiment faire partie du groupe le plus désavantagé. Il s’adressa en ces termes à l’instructeur.
- Et que proposez-vous aux archers? Si les fantassins ont droit à des gourdins, nous pourrions au moins avoir quelques flèches assommantes.
Le visage de l’instructeur se crispa légèrement, il n’était pas sûr qu’une réponse positive pouvait être donnée à cette demande. Pris en défaut, il abrégea rapidement la conversation en promettant de voir ce qu’il pourrait faire.

Les demandes des élèves furent finalement toutes prises en compte et chacun pût choisir, avant le départ vers les épreuves, un gourdin ou un arc avec une poignée de flèches assommantes. Le terrain de jeu avait été installé à proximité des faubourgs de la ville dans un lieu extrêmement paisible que l’on nomme « le plan aux mille rivières ».
Les élèves ne pensèrent pas à s’équiper davantage sauf Syl qui eut le réflexe de prendre un grappin, une bougie et un briquet à amadou juste avant de sortir de sa chambre.

Le terrain ressemblait à une foire : les différentes aires de jeux étaient disposées le long d’une allée centrale. Les élèves étaient massés à une extrémité de la voie. A son autre extrémité, l’allée laissait place à un escalier de plusieurs dizaines de mètres de haut. Les marches permettaient d’accéder au sommet d’une gigantesque colonne baptisée « colonne de la victoire ». C’est en effet en haut de cette colonne que le porteur de l’amulette devait se rendre pour mettre fin aux épreuves.
La tribune des familles aisées et des organisateurs faisait face à la colonne et avait une vue imprenable sur l’ensemble des « jeux ». Les parents pauvres, par contre, étaient près des élèves du coté du départ. Ils les perdraient rapidement de vue mais étaient heureux de pouvoir étreindre leur enfant en un jour aussi symbolique.
En observant le terrain, Syl avait compris qu’il aurait pu tenter de surpasser ses concurrents dans plusieurs épreuves. Mais, pour obtenir la victoire grâce aux pièces, il fallait remporter plus de la moitié des tests, ce qui était quasiment impossible. La valeur de la médaille déséquilibrait en effet complètement le jeu. L’orphelin décida de focaliser son attention et ses efforts sur elle. Comme l’objet était dissimulé dans l’une des épreuves, il était très peu probable de la trouver en la cherchant. La meilleure chose à faire était donc de l’arracher à son découvreur. Le jeune archer eut tout à coup une idée sur la manière de tenter sa chance…

En guise d’annonce du début des épreuves, une triade d’éclairs fut tirée par un mage près du directeur. L’inoffensive déflagration était néanmoins tellement puissante qu’elle pétrifia pendant quelques secondes les deux cents élèves. A peine avaient-ils repris leur esprit qu’ils s’élancèrent sur la grande allée.
Pour la plupart d’entre eux, ils se jetèrent avec entrain dans les premières activités. Un grand nombre sauta dans les bassins de la première épreuve de natation, tandis que d’autres s’engagèrent dans un escalier en colimaçon de plusieurs centaines de mètres. Une plus petite fraction des élèves prit le temps de rejoindre des épreuves plus proches de l’arrivée pour se retrouver moins concurrencés. Syl était dans ce groupe. Pendant sa course, il remarqua que trois élèves des familles riches s’étaient postés à la base de l’escalier final. Ceux-là voyaient le jeu de la même manière que Syl mais avaient visiblement l’intention d’utiliser des méthodes nettement plus musclées !
De son coté, Syl se lança dans l’escalade d’une pyramide de cordes qui surplombait la première partie de l’escalier final. Le haut de la pyramide était une plate-forme où l’un des instructeurs attendait le plus rapide. Syl n’était pas seul à passer de corde en corde. Deux autres élèves avaient également entamé l’ascension. Initialement, le plan de Syl ne consistait pas du tout à se mesurer à eux. En effet, s’il gravissait la pyramide, c’était pour surplomber la voie et pouvoir repérer plus facilement le découvreur de la médaille. Cette position devait en outre, lui permettre de tirer sur ce-dernier dans l’escalier final. Néanmoins, Syl acquit en quelques minutes tellement d’avance sur les deux autres élèves qu’il choisit d’achever l’escalade et de répondre à la question finale de l’épreuve. L’instructeur qui attendait Syl était Fayen, le coordinateur de l’équipe éducative des déshérités. Il attendit que Syl se soit relevé pour lui poser la question, avec un petit sourire méprisant : « Mon jeune élève, pouvez vous me classer par ordre hiérarchique ces Trois fonctions : Doyen de l’assemblée, Général des Forces Extérieures, Directeur des Forces Intérieures ? » Syl donna facilement la réponse correcte : « le Doyen de l’assemblée est hiérarchiquement supérieur au Directeur des Forces Intérieures qui a lui-même l’ascendant sur le Général des Forces Extérieures ». Fayen, afficha pendant une seconde un rictus mêlant stupéfaction et contrariété, puis il remit silencieusement à Syl sa médaille. Dès que la victoire de Syl fut manifeste, ses deux poursuivants abandonnèrent l’ascension de la pyramide pour se lancer au plus vite dans une autre épreuve. Syl redescendit lui-aussi mais s’arrêta à la moitié de la pyramide, lieu idéal pour l’exécution de son plan. Il accrocha son grappin à un des cordages pour être en mesure de descendre en rappel rapidement, prit son arc en main et tira une de ses flèches de sa ceinture. Syl avait du temps devant lui et repensa à la question que Fayen lui avait posée. Syl avait la certitude qu’aucun autre élève de sa condition n’aurait pu y répondre. Ses camarades n’avaient aucune notion de politique. La hiérarchisation des différents pouvoirs et contre-pouvoirs était un domaine dont ils ne soupçonnaient même pas l’existence. Tous auraient sans doute répondu que les Forces Extérieures, leur future administration, surpassait toutes les autres et auraient ainsi misérablement échoué à l’épreuve. L’apprenti archer jeta un œil aux autres élèves. Les « fils de riches » dominaient toutes les activités, qu’elles soient de vitesse, de force ou de résistance. Les coups de bâtons et les flèches assommantes qu’ils recevaient n’avaient aucun effet sur eux. L’affrontement final se passait en général entre fils et filles de « la haute ». Syl crut voir la victoire de Maren dans une épreuve et celle d’Othon dans au moins deux épreuves. Il le perdit de vue pour le retrouver en train de courir vers l’escalier final : c’était finalement lui qui avait découvert la médaille ! Elle était cachée au cœur du labyrinthe de miroirs, épreuve la plus aléatoire qui soit. Seuls quelques élèves s’étaient lancés à la poursuite du jeune Ozgul. Les autres connaissent la force extraordinaire d’Othon et n’avaient pas l’intention de se mesurer à lui. Othon arriva à la base de l’escalier où il dût affronter trois fils de riches aussi dopés et décidés que lui. L’affrontement fut violent. Othon parvint à mettre hors de combat deux de ses opposants, mais il tomba sous les coups du Troisième. Cette situation soulagea terriblement Syl. Il ne serait pas obligé de tirer sur son ami et, mieux encore, sa flèche ressemblerait à une revanche. Avec la même vigueur qu’un taureau, le vainqueur du combat s’engagea dans l’escalier au pas de course. Il tenait la médaille par le ruban. Compte tenu de l’état frénétique de ce rival, Syl réalisa que ses flèches assommantes n’auraient aucun effet. Il retira le coussinet de protection d’une d’entre elles et constata, à sa plus grande satisfaction que l’extrémité libérée était aussi tranchante que le fil d’un rasoir. Il encocha la flèche et tira sur l’adolescent déchainé à l’instant où ce-dernier passait à quelques mètres de lui. Le tir de Syl était excessivement osé, et, plus tard, quand Syl repensa à cet instant, il réalisa à quel point la chance avait été de son côté. En effet, la flèche passa près du torse du coureur pour aller trancher le ruban de la médaille. Le médaillon glissa, rebondit au pied de l’élève médusé et tomba de l’escalier. Sous les hurlements enragés du vainqueur volé, Syl descendit en rappel et parvint à récupérer le précieux objet. La scène n’était pas passée inaperçue. Des cris d’excitation retentirent de la tribune et l’attention de la majeure partie des élèves fut désormais focalisée sur Syl. En l’observant, beaucoup reprirent espoir et se ruèrent vers lui. L’orphelin comprit qu’il ne pourrait jamais revenir au début de l’escalier. Il remarqua alors à quel point la colonne était ouvragée. Il courut à sa base et commença une ascension affolée en prenant appui sur les magnifiques frises. Les flèches assommantes pleuvaient et quelques fils de riches grimpaient à une vitesse impressionnante derrière lui. Mais Syl n’avait pas remporté par hasard l’épreuve de la pyramide. Il conserva ainsi quelques mètres d’avance jusqu’à son arrivée en haut de la colonne. Il atteint finalement son sommet et, lorsqu’il tendit la médaille vers le ciel, une nouvelle salve d’éclairs zébra le ciel suivie d’une explosion d’applaudissements. Les épreuves étaient closes pour un an.

Si ça vous plaît inconditionnellement :
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MessageSujet: Re: Dans l’ombre des portes   Sam 6 Nov 2010 - 6:49

Encore un chapitre et demi, et nous arriverons à la fin de la partie que je compte mettre en ligne.
Si ça vous plaît, le reste (la large majorité du texte), est téléchargeable sous un format bien plus agréable sur le lien que je mets en bas de page à chaque fois. Le texte peut aussi être acheté sous forme de livre sur le même site.
Je compte sur vous!!!!!!


Syl dormit peu cette nuit-là. Mais au matin, il n’avait toujours aucun plan. Le jeune instructeur qui s’occupait souvent d’eux leur donna des précisions au sujet des épreuves pendant le petit déjeuner.
- Vous devez vous représenter les épreuves comme un ensemble d’activités variées doublé d’une course au trésor. Le vainqueur de chaque activité recevra une « pièce de réussite » marquée du sceau de Tiramon. Une médaille valant cinq pièces de réussite est dissimulée quelque part sur le terrain des épreuves. Celui qui la trouve doit se rendre à la ligne d’arrivée et mettre fin aux jeux. Il doit être discret et rapide puisque tout le monde a la possibilité de lui prendre la médaille. Seule la médaille peut être arrachée de force. Les pièces de réussite appartiennent exclusivement à ceux qui les ont méritées.
Rod, un élève fantassin réputé pour sa fainéantise, s’adressa alors à l’orateur d’un ton las :
- Sauf votre respect, à quoi servent ces épreuves ?
- Pour toi, elles ne serviront à rien, répliqua l’instructeur, déclenchant une vague de rires bêtes dans le réfectoire.
Heureux de son effet, il poursuivit :
- Mais les plus vaillants de tes camarades doivent apprendre que ces épreuves sont l’unique opportunité de se mesurer aux meilleurs élèves de l’école. De plus, celui qui aura récupéré le plus de pièces de réussite recevra un prix et la possibilité de décider lui-même de la suite de sa formation.
- Mais ces tests consistent en quoi, précisément ? Demanda une autre voix depuis le bout de la cantine.
- Ces épreuves sont des courses. Elles ont lieu dans des environnements variés : escaliers, labyrinthes…parfois dans l’eau.... A l’arrivée, on vous posera une question de culture générale. Physiquement, vous êtes mieux préparés que vos concurrents et les réponses aux énigmes sont finalement assez simples. Vous avez donc toutes vos chances.
- Non ! Nous n’aurons pas le droit d’utiliser d’armes. Et c’est ce que nous savons faire de mieux, enchérit une voix revendicatrice.
Une clameur d’approbation parcourut la salle. Le prêt d’armes aux élèves n’a jamais été automatique lors des épreuves, mais il est traditionnellement admis qu’il peut avoir lieu si les élèves formulent clairement cette revendication. Le vent de contestation qui souffla au-dessus des couverts en était assurément une, l’instructeur le savait. Il répondit pourtant comme s’il venait de réaliser le besoin des élèves et que la décision dépendait uniquement de lui :
- Vous avez raison. J’obtiendrai que vous soyez tous équipés. Il est évident que l’emploi d’armes tranchantes ou perforantes serait trop dangereux, vous n’aurez donc que des bâtons. Mais ce n’est déjà pas si mal…n’est-ce pas ?
Comme tous les apprentis archers, Syl n’avait qu’une connaissance approximative du maniement des armes de mêlée. Si les riches étaient dopés et les fantassins armés, il allait vraiment faire partie du groupe le plus désavantagé. Il s’adressa en ces termes à l’instructeur.
- Et que proposez-vous aux archers? Si les fantassins ont droit à des gourdins, nous pourrions au moins avoir quelques flèches assommantes.
Le visage de l’instructeur se crispa légèrement, il n’était pas sûr qu’une réponse positive pouvait être donnée à cette demande. Pris en défaut, il abrégea rapidement la conversation en promettant de voir ce qu’il pourrait faire.

Les demandes des élèves furent finalement toutes prises en compte et chacun pût choisir, avant le départ vers les épreuves, un gourdin ou un arc avec une poignée de flèches assommantes. Le terrain de jeu avait été installé à proximité des faubourgs de la ville dans un lieu extrêmement paisible que l’on nomme « le plan aux mille rivières ».
Les élèves ne pensèrent pas à s’équiper davantage sauf Syl qui eut le réflexe de prendre un grappin, une bougie et un briquet à amadou juste avant de sortir de sa chambre.

Le terrain ressemblait à une foire : les différentes aires de jeux étaient disposées le long d’une allée centrale. Les élèves étaient massés à une extrémité de la voie. A son autre extrémité, l’allée laissait place à un escalier de plusieurs dizaines de mètres de haut. Les marches permettaient d’accéder au sommet d’une gigantesque colonne baptisée « colonne de la victoire ». C’est en effet en haut de cette colonne que le porteur de l’amulette devait se rendre pour mettre fin aux épreuves.
La tribune des familles aisées et des organisateurs faisait face à la colonne et avait une vue imprenable sur l’ensemble des « jeux ». Les parents pauvres, par contre, étaient près des élèves du coté du départ. Ils les perdraient rapidement de vue mais étaient heureux de pouvoir étreindre leur enfant en un jour aussi symbolique.
En observant le terrain, Syl avait compris qu’il aurait pu tenter de surpasser ses concurrents dans plusieurs épreuves. Mais, pour obtenir la victoire grâce aux pièces, il fallait remporter plus de la moitié des tests, ce qui était quasiment impossible. La valeur de la médaille déséquilibrait en effet complètement le jeu. L’orphelin décida de focaliser son attention et ses efforts sur elle. Comme l’objet était dissimulé dans l’une des épreuves, il était très peu probable de la trouver en la cherchant. La meilleure chose à faire était donc de l’arracher à son découvreur. Le jeune archer eut tout à coup une idée sur la manière de tenter sa chance…

En guise d’annonce du début des épreuves, une triade d’éclairs fut tirée par un mage près du directeur. L’inoffensive déflagration était néanmoins tellement puissante qu’elle pétrifia pendant quelques secondes les deux cents élèves. A peine avaient-ils repris leur esprit qu’ils s’élancèrent sur la grande allée.
Pour la plupart d’entre eux, ils se jetèrent avec entrain dans les premières activités. Un grand nombre sauta dans les bassins de la première épreuve de natation, tandis que d’autres s’engagèrent dans un escalier en colimaçon de plusieurs centaines de mètres. Une plus petite fraction des élèves prit le temps de rejoindre des épreuves plus proches de l’arrivée pour se retrouver moins concurrencés. Syl était dans ce groupe. Pendant sa course, il remarqua que trois élèves des familles riches s’étaient postés à la base de l’escalier final. Ceux-là voyaient le jeu de la même manière que Syl mais avaient visiblement l’intention d’utiliser des méthodes nettement plus musclées !
De son coté, Syl se lança dans l’escalade d’une pyramide de cordes qui surplombait la première partie de l’escalier final. Le haut de la pyramide était une plate-forme où l’un des instructeurs attendait le plus rapide. Syl n’était pas seul à passer de corde en corde. Deux autres élèves avaient également entamé l’ascension. Initialement, le plan de Syl ne consistait pas du tout à se mesurer à eux. En effet, s’il gravissait la pyramide, c’était pour surplomber la voie et pouvoir repérer plus facilement le découvreur de la médaille. Cette position devait en outre, lui permettre de tirer sur ce-dernier dans l’escalier final. Néanmoins, Syl acquit en quelques minutes tellement d’avance sur les deux autres élèves qu’il choisit d’achever l’escalade et de répondre à la question finale de l’épreuve. L’instructeur qui attendait Syl était Fayen, le coordinateur de l’équipe éducative des déshérités. Il attendit que Syl se soit relevé pour lui poser la question, avec un petit sourire méprisant : « Mon jeune élève, pouvez vous me classer par ordre hiérarchique ces Trois fonctions : Doyen de l’assemblée, Général des Forces Extérieures, Directeur des Forces Intérieures ? » Syl donna facilement la réponse correcte : « le Doyen de l’assemblée est hiérarchiquement supérieur au Directeur des Forces Intérieures qui a lui-même l’ascendant sur le Général des Forces Extérieures ». Fayen, afficha pendant une seconde un rictus mêlant stupéfaction et contrariété, puis il remit silencieusement à Syl sa médaille. Dès que la victoire de Syl fut manifeste, ses deux poursuivants abandonnèrent l’ascension de la pyramide pour se lancer au plus vite dans une autre épreuve. Syl redescendit lui-aussi mais s’arrêta à la moitié de la pyramide, lieu idéal pour l’exécution de son plan. Il accrocha son grappin à un des cordages pour être en mesure de descendre en rappel rapidement, prit son arc en main et tira une de ses flèches de sa ceinture. Syl avait du temps devant lui et repensa à la question que Fayen lui avait posée. Syl avait la certitude qu’aucun autre élève de sa condition n’aurait pu y répondre. Ses camarades n’avaient aucune notion de politique. La hiérarchisation des différents pouvoirs et contre-pouvoirs était un domaine dont ils ne soupçonnaient même pas l’existence. Tous auraient sans doute répondu que les Forces Extérieures, leur future administration, surpassait toutes les autres et auraient ainsi misérablement échoué à l’épreuve. L’apprenti archer jeta un œil aux autres élèves. Les « fils de riches » dominaient toutes les activités, qu’elles soient de vitesse, de force ou de résistance. Les coups de bâtons et les flèches assommantes qu’ils recevaient n’avaient aucun effet sur eux. L’affrontement final se passait en général entre fils et filles de « la haute ». Syl crut voir la victoire de Maren dans une épreuve et celle d’Othon dans au moins deux épreuves. Il le perdit de vue pour le retrouver en train de courir vers l’escalier final : c’était finalement lui qui avait découvert la médaille ! Elle était cachée au cœur du labyrinthe de miroirs, épreuve la plus aléatoire qui soit. Seuls quelques élèves s’étaient lancés à la poursuite du jeune Ozgul. Les autres connaissent la force extraordinaire d’Othon et n’avaient pas l’intention de se mesurer à lui. Othon arriva à la base de l’escalier où il dût affronter trois fils de riches aussi dopés et décidés que lui. L’affrontement fut violent. Othon parvint à mettre hors de combat deux de ses opposants, mais il tomba sous les coups du Troisième. Cette situation soulagea terriblement Syl. Il ne serait pas obligé de tirer sur son ami et, mieux encore, sa flèche ressemblerait à une revanche. Avec la même vigueur qu’un taureau, le vainqueur du combat s’engagea dans l’escalier au pas de course. Il tenait la médaille par le ruban. Compte tenu de l’état frénétique de ce rival, Syl réalisa que ses flèches assommantes n’auraient aucun effet. Il retira le coussinet de protection d’une d’entre elles et constata, à sa plus grande satisfaction que l’extrémité libérée était aussi tranchante que le fil d’un rasoir. Il encocha la flèche et tira sur l’adolescent déchainé à l’instant où ce-dernier passait à quelques mètres de lui. Le tir de Syl était excessivement osé, et, plus tard, quand Syl repensa à cet instant, il réalisa à quel point la chance avait été de son côté. En effet, la flèche passa près du torse du coureur pour aller trancher le ruban de la médaille. Le médaillon glissa, rebondit au pied de l’élève médusé et tomba de l’escalier. Sous les hurlements enragés du vainqueur volé, Syl descendit en rappel et parvint à récupérer le précieux objet. La scène n’était pas passée inaperçue. Des cris d’excitation retentirent de la tribune et l’attention de la majeure partie des élèves fut désormais focalisée sur Syl. En l’observant, beaucoup reprirent espoir et se ruèrent vers lui. L’orphelin comprit qu’il ne pourrait jamais revenir au début de l’escalier. Il remarqua alors à quel point la colonne était ouvragée. Il courut à sa base et commença une ascension affolée en prenant appui sur les magnifiques frises. Les flèches assommantes pleuvaient et quelques fils de riches grimpaient à une vitesse impressionnante derrière lui. Mais Syl n’avait pas remporté par hasard l’épreuve de la pyramide. Il conserva ainsi quelques mètres d’avance jusqu’à son arrivée en haut de la colonne. Il atteint finalement son sommet et, lorsqu’il tendit la médaille vers le ciel, une nouvelle salve d’éclairs zébra le ciel suivie d’une explosion d’applaudissements. Les épreuves étaient closes pour un an.

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MessageSujet: Re: Dans l’ombre des portes   Dim 7 Nov 2010 - 8:39

Si un jour vous cherchez dans les registres de Tiramon, vous ne trouverez aucune mention de la victoire de Syl cette année là. En effet, le jury considéra qu’un autre fait était nettement plus respectable que la « victoire traître d’un jeune orphelin » : une certaine jeune fille, dénommée Maren, avait été en mesure de collecter trois pièces de réussites à elle seule. Pendant toutes les festivités qui suivirent les épreuves, ce fut elle dont on loua le mérite. On omit également de confirmer à Syl qu’il aurait le droit de choisir son orientation les années suivantes mais celui-ci comptait bien le rappeler au moment opportun.

Œil pour œil

Les élèves retournèrent ensuite à l’école passer les dernières semaines de l’année. A partir de ce jour, à chaque « bataille » - un jeu entre orphelins où deux camps s’opposent pour la domination de la cour de récréation- Syl terminait, meurtri, dans les buissons.
Peu lui avaient pardonné son coup d’éclat aux épreuves et seuls Maren et Othon lui adressaient encore la parole. Le scénario de la bataille était systématiquement le même en ce qui le concernait : le rang des « guerriers » adverses se débrouillait systématiquement pour le capturer. Il était alors tiré dans les buissons où il recevait quelques coups. Syl ne voulait pas montrer sa faiblesse mais ce harcèlement commençait à devenir difficilement supportable. Il restait de plus en plus longtemps après la bataille à ruminer son mécontentement.
Un soir, alors qu’il venait à peine de se calmer, il entendit deux adultes qui passaient devant les buissons en conversant à voix basse. Il reconnut Fayen l’instructeur et un inconnu dont le visage était caché dans l’ombre d’une capuche. L’inconnu parlait au moment où Syl fut en mesure d’entendre les premières bribes de leur conversation :
- …les rapports entre les Yeux et les forces extérieures iraient bien mieux si Astan disparaissait. En plus, je ne supporte plus d’avoir un semi-orc comme chef.
- Bien sûr, nous te soutiendrions, répondit Fayen. Mais nous ne pouvons pas faire le sale travail nous-mêmes…
- Je ne te le demande pas …mais tu me promets que ce ne sont pas des paroles en l’air. Toi et tes pairs, vous me soutiendrez vraiment ?
- Si Asten venait à disparaître, la succession se jouerait entre toi ou Olendata l’elfe, et nous sommes nombreux aux forces extérieures à souhaiter qu’un véritable humain dirige l’élite des forces intérieures !
- Pour tout te dire, demain, il y a une réception et je compte empoisonner le verre d’Astan avec du Sogaar noir. Il y aura bien trop de monde pour qu’on puisse me retrouver.
- C’est un poison dont on dit effectivement le plus grand bien, mais je te conseille d’attendre les festivités du carnaval. Tu peux quand même patienter quelques heures de plus et tu serais nettement moins identifiable par les mages si tu es masqué…
- Certes, je n’y avais pas pensé… Je pense que mon impulsivité me perdra, tu sais ! dit l’inconnu avec un petit rire nerveux. Quand le carnaval aura-t-il lieu ?
- Après demain…
Les deux hommes continuèrent à discuter mais Syl en avait déjà suffisamment entendu, il s’écarta et rentra discrètement jusqu’à son dortoir. Il avait oublié la douleur et était perdu dans ses pensées. Il était encore tôt dans la soirée et il lui restait encore deux heures pour agir avant le diner. Astan, qui était une des personnalités les plus importantes de la cité, risquait d’être assassiné. Et Fayen, ce traitre, était mêlé à cet odieux complot. Syl avait besoin de conseils sur la conduite à tenir, mais Othon et Maren étaient rentrés depuis bien longtemps dans leur familles respectives. La tentative de meurtre devait apparemment avoir lieu lors du carnaval mais l’inconnu pouvait se raviser une fois de plus et revenir à son idée d’origine en empoisonnant Astan le lendemain. Se sentant investi de la mission de faire arrêter les deux comploteurs, il se rendit au bureau du directeur de l’école.
Devant la lourde porte de bois, il hésita quelques secondes. Un pressentiment le retenait : et si le directeur ne le croyait pas ? Mais il se reprit : au pire, il l’enverrait paitre et il serait temps de trouver une autre solution. Il frappa à l’aide du lourd marteau et attendit. Après un instant, une voix forte lui demanda d’entrer. C’était la première fois qu’il pénétrait dans la salle. Le bureau était une grande pièce circulaire qui respirait la sérénité et la sagesse : une bibliothèque gigantesque couvrait quasiment la totalité du mur, ne laissant de place que pour une cheminée. Le directeur était un homme massif au visage sévère, il était chauve mais arborait une imposante moustache grise. Il était vêtu d’une robe de mage aux motifs somptueux. Au moment où Syl était entré, il lisait dans un fauteuil près de la cheminée au feu mourant. De son air le plus serein, il lui affirma :
- Je pense que tu t’es trompé de salle, mon jeune ami
- Malheureusement non, répondit Syl gêné…Je viens à cause d’une affaire grave.
Le directeur passa derrière le bureau, apparemment frustré d’avoir à interrompre sa lecture
- Que se passe-t-il ? As-tu été battu par un de tes camarades ?
- Je ne viendrais pas pour ça, s’écria Syl vexé, puis reprenant sur un ton plus bas, il continua : j’ai entendu Fayen discuter avec un homme qui voulait empoisonner Astan, il parlait de prendre le pouvoir chez les Yeux
- Et que répondait Fayen ? Interrogea le Directeur d’un ton neutre, mais Syl vit une lueur mauvaise allumer son regard.
- Il le conseillait sur le meilleur moyen de parvenir à ses fins…
Le directeur fit signe à Syl de s’asseoir, un sourire ambigu aux lèvres, il sonna ensuite une petite cloche. Quelques instants plus tard, une porte secrète s’ouvrit dans la bibliothèque et un gobelin apparut. Il courut jusqu’au directeur. L’homme se baissa et murmura au gobelin quelques mots. Dès qu’il eut achevé sa phrase, le gobelin reprit sa course et disparut de la vue de Syl par une autre ouverture. Pendant un long moment, le directeur regarda Syl sans parler, il paraissait le jauger. Il semblait attendre quelque chose… ou quelqu’un. On frappa à la porte. Le directeur se leva et demanda à la personne d’entrer. A la stupéfaction de Syl, il s’agissait de Fayen. Le directeur montra un siège à l’instructeur, puis, il leva les yeux vers le plafond et s’adressa à ce-dernier :
- Fayen, que diriez-vous si l’un de vos jeunes élèves, ici présent, vous accusait d’être le complice d’un empoisonneur ?
Fayen, le visage déformé par la colère, se tourna vers Syl et le foudroya du regard :
- Je dirais que je vois un bâtard d’orc et d’elfe noir qui aurait mieux fait de se couper la langue plutôt que de venir médire ici.
- Je croyais savoir que cet élève faisait partie de ceux qui sont destinés à l’armée, il semble pourtant n’avoir rien compris à la notion de loyauté. Qu’en pensez-vous ?
- Je pense que sa fourberie l’empêchera même d’en atteindre le rang le plus bas. J’aimerais néanmoins savoir pourquoi il a inventé ce conte. J’ai deux élèves de dernière année, spécialisés en interrogatoire, qui ont besoin de perfectionnement. Pourrais-je leur demander leur aide ?
- Très bonne idée…par contre, je souhaiterais que vous ne parliez plus en présence de cet élève en dehors de mon bureau : il ne vous vaut rien.
N’étant pas idiot Syl, avait bien compris qu’il s’était adressé à la mauvaise personne.


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MessageSujet: Pour Blanchet   Dim 7 Nov 2010 - 9:41

Sincèrement, je trouve que cela prend bonne tournure et j'irai prochainement chercher la suite. Mais puisque vous êtes écrivain, j'aimerais bien avoir vôtre opinion quant à mon propre travail. Sincère et sans flatterie.

Allez sur le portail et tapez texte, par Aragorn.

Bonne continuation.
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MessageSujet: Re: Dans l’ombre des portes   Dim 7 Nov 2010 - 15:54

Merci Aragorn, ce compliment a pour moi beaucoup de valeur car c'est le premier d'une personne qui ne sois pas d'un proche.

J'irai donc lire vos propre textes et vous dirai ce que j'en pense.

C'est encore à l'état d'ébauche, mais j'ai tellement aimé écrire cette première histoire que j'aimerais enchaîner sur d'autres projets...peut-être des 4 mains (ou même 6)...
Je dispose de peu de temps en ce moment mais on en reparlera si ça vous tente.

A+
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MessageSujet: Re: Dans l’ombre des portes   Mar 9 Nov 2010 - 5:43

Il s’attendait désormais à subir un châtiment douloureux, mais il était encore loin de la réalité. Fayen le prit fermement par le bras et le conduisit avec un calme inquiétant au dortoir des dernières années. Il convoqua deux élèves et leur présenta Syl. Même s’ils étaient au même stade de leur apprentissage que Syl, les élèves semblaient beaucoup plus âgés que lui. C’était presque des adultes et leur carrure était impressionnante. Fayen murmura quelques mots à l’un d’entre eux. Puis il emmena le trio au premier étage du bâtiment d’entraînement au combat, dans une grande salle dont les murs étaient couverts d’armes. Il dit aux deux élèves de ramener le jeune homme dans son dortoir après « un long interrogatoire ». Mais il fit un clin d’œil peu discret à l’élève auquel il avait parlé à voix basse un peu plus tôt. Fayen referma la porte et s’en alla. Syl fut prestement ligoté. Puis l’interrogatoire débuta, limité à la seule question : « Pourquoi as-tu accusé Fayen d’être un empoisonneur ? » Au départ, Syl répondit qu’un complot visait à tuer Astan le chef des yeux et qu’il voulait le sauver. Mais cette réponse ne lui attirait qu’une pluie de coups. Alors, au fil des minutes et des blessures, il tenta d’autres réponses, de moins en moins crédibles. A la fin, à bout de force, il finit par abandonner et dit : « Je voulais faire renvoyer Fayen. Je l’ai fait pour me faire remarquer et obtenir un bon poste dans l’armée ». Malgré cette réponse, il fut encore frappé un long moment. Puis l’un des deux dit finalement :
- Je crois que c’est bon : on s’est bien entrainé, mais maintenant je suis fatigué, on le ramène ?
- Il y a une surprise : on a le droit de le tuer, répliqua l’autre, un sourire sadique aux lèvres.
- Que veux-tu dire exactement ?
- Que le petit doit mourir ! dit le plus belliqueux en allant chercher une masse sur l’un des murs. Et que je vais enfin savoir ce que c’est que de tuer quelqu’un !
Syl avait été sonné par les coups mais son esprit, stimulé par la terreur, trouva d’un seul coup une nouvelle vigueur. Il remarqua à ce moment que les deux élèves avaient une mâchoire inférieure prognathe et des canines légèrement saillantes. De plus, leur peau présentait de légers reflets verdâtres. D’un coup, il réalisa que ces éléments trahissaient une ascendance orc plus ou moins éloignée. Syl repensa alors aux raisons affichées par l’inconnu pour tuer Astan. Certes, il ne faisait aucun doute que l’empoisonneur était seulement guidé par son ambition personnelle mais il avait déclaré à Fayen que sa motivation principale était d’écarter un semi-orc de la direction des Yeux. Syl décida de s’en servir et expliqua à ses tortionnaires que le complot visant Astan n’était rien de plus qu’une tentative de meurtre raciste contre les semi-orcs.

Le retournement de situation fut inespéré : à peine Syl eut-il précisé qu’Astan était un semi-Orc, que les deux élèves se rangèrent de son côté. Celui qui voulait le tuer était même le premier à vouloir l’aider à fuir. Après une rapide discussion sur la manière de faire, les orcs cassèrent une fenêtre et accrochèrent une corde. Puis ils quittèrent la salle en laissant Syl seul : ils avaient décidé de prétendre qu’ils l’avaient laissé agonisant dans la salle. Cela lui laisserait le temps de s’enfuir. Et le plus dangereux des deux conclut par ces mots :« pour une fois, Fayen me fouettera pour quelque chose de mérité… ».

Malgré ses nombreuses blessures, Syl était encore capable de descendre la corde. Il partit en titubant dans les rues froides et brumeuses de la nuit tiramonique. Instinctivement il se dirigea vers la maison de Maren. Mais, alors qu’il n’était plus qu’à quelques dizaines de mètres, il réalisa son erreur : Il n’avait jamais caché sa relation amicale avec cette camarade, et ce serait donc le premier endroit où Fayen viendrait le chercher. Il se retourna et jeta un regard vers le bout de la rue. Comme pour répondre à ses craintes, deux cavaliers surgirent au galop d’une des intersections. L’adolescent se précipita dans une ruelle en espérant que son pressentiment n'était pas justifié. Mais, alors qu’il prenait une première bifurcation , ses espoirs s’évanouirent : les cavaliers avaient fait ralentir leur monture et le suivaient. Syl se lança alors de plus belle dans l’inconnu. Incapable de s’orienter dans ce dédale de rues, il choisit d’alterner systématiquement gauche et droite aux intersections. La méthode de Syl était efficace pour s’éloigner rapidement mais, par un curieux hasard, les choix des cavaliers leur firent croiser sa route quelques rues plus loin. Syl revint sur ces pas en courant et s’engagea dans une autre ruelle…Mais, par malheur, il s’agissait d’une impasse. Quelques secondes plus tard, les cavaliers lui faisaient face et descendaient de cheval. Ils avancèrent vers lui masqués et armes sorties. Syl reconnut Fayen.
Il dit d’une voix forte et claire : « Fayen, ta traîtrise sera punie ». Les deux cavaliers se tournèrent l’un vers l’autre, apparemment surpris par le ton assuré de Syl. Profitant de ce bref flottement, le jeune homme se jeta sur le mur du fond de l’impasse pour l’escalader. La peur explosa en lui. Cette énergie, loin de le rendre maladroit, lui conféra une vitesse peu commune.

Les cavaliers se ruèrent pour le frapper mais il était déjà hors d’atteinte. L’un d’entre eux commença à s’agripper aux murs pour essayer de le suivre mais il retomba lourdement. Son comparse s’exclama avec un mélange d’agacement et d’ironie : « En matière d’escalade, tu devrais t’inspirer de ton élève ». Celui qui devait être Fayen lui rendit un regard noir.

Après être passé de toit en toit pendant plusieurs minutes, Syl fut certain d’avoir semé ses poursuivants. L’épuisement le gagna, ainsi que l’angoisse liée à sa situation : il n’avait que quatorze ans, et il était désormais sans ressources, sans foyer, et il ne pouvait appeler personne à l’aide. De plus, ses poursuivants étaient visiblement bien décidés à le tuer. L’excitation l’ayant quitté, Syl se rendit compte qu’il avait très froid. Il chercha donc un abri. Il tenta d’entrer dans plusieurs auberges, mais son jeune age et son manque d’argent, le faisaient refouler au bout de quelques minutes. Syl se rendit dans le seul endroit qui pouvait l’héberger gratuitement : un temple de la cité. Il choisit celui du phœnix, la divinité de son « presque père » Haaken. Avant de s’endormir sur l’un des bancs de la grande nef, Syl décida de prier l’oiseau de feu pour qu’il l’aide à trouver un moyen de contacter les Yeux. Il s’endormit au milieu de sa prière et ne se réveilla qu’au matin.

La nuit avait été extrêmement inconfortable, pourtant Syl se sentait infiniment mieux que la veille. Ses blessures n’étaient plus douloureuses et semblaient même partiellement guéries. Il recommença à réfléchir à ce qu’il devait faire…Puisque ses ennemis avaient cherché à l’éliminer, ils considéraient donc qu’il était un danger potentiel. Il devait pouvoir trouver un moyen de joindre Astan. Mais Syl ne parvenait pas à savoir de quelle manière. Il imagina quelques instants demander la localisation du service des Yeux à des passants, mais il y avait si peu de chances que quelqu’un puisse l’orienter… Bien sur, les gardes de la cité en savaient davantage, mais il semblait peu probable que l’un d’entre accordât un quelconque crédit à ses accusations et acceptât de le conduire au cœur d’un des services les plus secrets de la ville. Il pensa qu’il pouvait aussi aller chercher dans une bibliothèque s’il n’existait pas un livre abordant la fondation du service. Mais il n’avait que quelques heures devant lui. A l’issue de sa réflexion, Syl restait extrêmement pessimiste sur ses chances de réussir à trouver les Yeux. Il se leva de son banc et se dirigea d’un pas rapide vers la sortie, toujours indécis quant à la méthode à utiliser. Il tourna la tête une dernière fois vers la statue du phœnix pour la remercier de l’avoir protégé. Il percuta alors un aveugle qui sortait d’entre deux rangées de bancs. L’aveugle fut à peine déséquilibré mais Syl, confus, s’excusa sincèrement. Alors qu’il repartait, l’aveugle lui demanda :
-Je ne me sens pas très bien… Je comptais rentrer chez moi, pourriez-vous m’accompagner ?
Syl se sentit obligé d’accepter. Mais son anxiété augmenta encore d’un degré : il perdrait encore un peu de temps alors qu’ il n’en avait pas assez. Le tandem quitta le temple et se dirigea lentement dans les rues. Le voyage fut très agréable. L’aveugle semblait ravi de pouvoir converser avec quelqu’un et il posa à Syl beaucoup de questions sur qui il était, d’où il venait, ce qu’il étudiait. Chaque réponse que celui-ci formulait était l’objet de commentaires sympathiques et de nouvelles interrogations du non-voyant. Ainsi, tour à tour, l’infirme s’affligea de la mort prématurée des parents de Syl, le congratula sur ses choix scolaires, le félicita pour sa culture politique. Nicodam, c’était son nom, s’arrêta tout à coup devant une maison. Il la pointa du doigt et déclara : « Nous sommes arrivés chez moi… ». Prêt à repartir Syl jeta un œil sur la demeure de l’aveugle et se dit qu’il s’agissait vraiment de la construction la plus banale de la ville. Elle lui rappelait étrangement un vieux souvenir : il était déjà venu ici avec Haaken, Kali et une femme à son arrivée dans la ville… C’est alors qu’il se souvint qu’Haaken revenait d’une mission pour les Yeux quand il l’avait trouvé.
L’aveugle continua sur un ton anodin « …si tu veux voir des Yeux, tu devrais y entrer toi aussi ! ». Un frisson de panique parcourut Syl. Il se retourna vivement vers l’homme, s’attendant presque à le voir sortir une dague. Mais, au contraire, Nicodam venait mystérieusement de disparaitre.

Syl ne savait vraiment pas s’il pouvait se fier à lui. Il avança, hésitant, vers la maison et frappa à la porte.


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MessageSujet: Re: Dans l’ombre des portes   Jeu 11 Nov 2010 - 7:23

La porte s’ouvrit et trois hommes en armure cuivrée en sortirent. Devant ces hommes armés, Syl tenta par réflexe de fuir. Mais ils étaient beaucoup plus rapides que lui. L’un d’entre eux le saisit et l’entraina à l’intérieur, dans une entrée peu éclairée. Il lui demanda ce qu’il voulait. Syl donna son nom et expliqua qu’un aveugle lui avait indiqué cette maison comme étant un lien vers le service des Yeux. Le garde s’enquit du nom de l’aveugle. Quand Syl répondit « Nicodam » le visage de l’homme prit une expression hautaine. Il était sur le point de s’adresser à ses acolytes, qui étaient visiblement ses subordonnés, mais il se retourna à nouveau vers Syl :
- Que viens-tu faire ici ?
- Je viens avertir Astan qu’un complot visant à l’empoisonner est en préparation. J’ai entendu quelqu’un en parler avec Fayen, instructeur à l’école administrative de Tiramon.
L’homme déclara calmement à ses compagnons :
- Cet enfant ment. Il doit avoir été payé pour raconter cette histoire. Faites le parler.
Puis il murmura une instruction supplémentaire à l’un des deux gardes. Cette attitude ressemblait étrangement à celle de Fayen…
L’homme partit. Syl hurla et tenta de fuir mais ce fut peine perdue : un des deux gardes le frappa durement et le sonna. A moitié conscient, il fut entrainé dans un dédale de couloirs sans fenêtre. Au moment où ses geôliers ouvrait une trappe, Syl tenta à nouveau de se libérer. Mais les hommes le maintinrent avec aisance. Au niveau inférieur, l’un des deux gardes dit à l’autre :
- Commence comme Lonel t’a dit de faire. Tu as eu plus de consignes que moi. Je te rejoins mais j’ai quelque chose à faire avant.
Les couloirs du niveau inférieur étaient sordides et ils menaient à une salle dont Syl devait se souvenir longtemps. Il s’agissait d’une salle de torture parfaitement équipée :
Dans la pénombre, Syl y distingua nettement plusieurs croix, des machines à écarteler et toutes sortes d’engins de tortures. Chaque meuble ou objet de la salle avait été conçu pour faire souffrir. Syl ne put réprimer un hurlement de peur. Le garde l’attacha à un mur, dos à la salle. Syl le regarda par-dessus son épaule et l’aperçut en train de dérouler un fouet .
-Voilà le paiement de tes mensonges, dit le garde d’une voix brutale.
Une demi-douzaine de coups de fouet lui fut donnée sans douceur.
A peine, ce premier châtiment terminé, le garde détacha l’adolescent à demi conscient et le porta jusqu’à un banc où il lui ligota à nouveau les poignets. Le garde fit entrer les pieds de Syl dans une presse puis commença à tourner la manivelle. Une explosion de douleur réveilla Syl qui pensa être sur le point de trépasser. Il se mit à crier à mesure que la machine remplissait son sinistre usage. Il ne restait plus grand chose des os de ses pieds quand la porte de la chambre de torture s’ouvrit. Le deuxième garde entra, suivi par une silhouette encapuchonnée.
- Arrête ça tout de suite, Protokel , dit la forme noire d’une voix grave et calme.
Le bourreau s’exécuta immédiatement. La tension se relâcha et arracha un râle de soulagement à Syl.
- Qu’a avoué le prisonnier ? demanda l’homme au visage caché
- Rien pour l’instant, je commençais par le punir avant l’interrogatoire, conformément aux ordres de Lonel, répondit le garde
- Mais, Protokel, comment tirer quoique ce soit de ce jeune homme si tu le rends fou avant ? Lonel t’a-t-il dit de le tuer ?
- Il m’a donné la consigne de frapper très fort.
- Je le trouve effectivement très abimé pour un prisonnier qui n’a pas eu l’occasion de s’exprimer, affirma la voix d’un ton de reproche.
L’homme ne répondit rien et se retira de la salle en s’excusant. Le personnage encapuchonné se découvrit, c’était manifestement un semi-orc. Il s’adressa au garde restant :
- Etan, penses-tu que Lonel ait pu donner un tel ordre ?
- Protokel est une brute mais ce n’est pas un fou. Lonel a dû trouver que le petit exagérait en disant qu’il avait été envoyé par Nicodam.
- Nicodam…Rien que ça ! s’esclaffa l’orc en se retournant vers Syl, puis il reprit la conversation avec le garde : je ne comprends pas qu’un Oeil ait pour réflexe de faire tuer un informateur potentiel dès son arrivée,même si ses dires sont farfelus.
- Lonel a l’air stressé en ce moment. Peut-être pensait-il que le petit était aux ordres d’un manipulateur…
- Attends !!! Lonel, toi et moi, savons que l’hypnose et la magie sont bien plus utiles que la torture pour obtenir des informations. Moi, je suspecte Lonel d’avoir voulu éliminer un indésirable…
- Je suis venu te chercher parce que je trouvais que tout allait trop vite mais je n’irai pas jusqu’à accuser Lonel de malveillance ou de félonie.
- C’est tout à ton honneur. Nous allons donc écouter ce que ce jeune homme avait à dire.

Astan le semi-orc sortit une petite bourse emplie de poudre. Il en tira une poignée qu’il projeta sur Syl. Une pluie d’étincelle tomba sur l’adolescent qui se retrouva tout à coup parfaitement éveillé.
La poudre agissait comme un sérum de vérité et Syl se mit à dire tout ce qu’il savait, sans aucune hésitation. Il raconta ainsi toute l’histoire qu’il avait commencée devant Lonel. Il expliqua donc à nouveau que Fayen, un instructeur de l’école administrative, discutait la veille avec un Oeil d’un plan d’assassinat d’Astan. Astan devait être empoisonné lors d’une réception ou lors du carnaval de la ville avec du Sogaar noir. Tout à coup, le visage de l’adolescent prit une expression de stupéfaction illuminée : Il réalisait que l’homme conversant avec Fayen était vraisemblablement Lonel. Quand il l’expliqua à Astan, celui-ci se retourna d’un air convaincu vers Etan. Syl raconta sa fuite de l’école administrative et sa rencontre avec Nicodam dans le temple du feu. A la fin de son récit, Astan dit à Etan.
- Nous avons deux choses urgentes à faire. Nous devons nous emparer de Lonel et soigner cet enfant. La seule erreur à ne pas commettre serait de nous séparer : nous ne sommes que deux à avoir entendu ce récit et je ne sais pas combien de comploteurs nous avons contre nous.
- Mais…Ca ne te gêne pas qu’il dise avoir été guidé par Nicodam ?
- Non, Etan, n’importe lequel de nos alliés peut avoir décidé de prendre cette apparence pour l’aider…et puis, après tout, il était dans un temple en train de prier un dieu de la réincarnation. Où est donc passé ta foi ? demanda Astan en souriant légèrement..
Etan souleva délicatement Syl qui grimaça de douleur.
-Il faudra utiliser la magie pour le sortir d’affaire. Protokel est véritablement un monstre, marmonna Etan.
-Je suis d’accord avec toi. Nous avons malheureusement besoin de bourreaux mais dorénavant je validerai moi-même la pertinence de leurs « investigations », dit Astan d’un ton sentencieux.
Astan, Etan et Syl revinrent au niveau supérieur. Tout près de l’infirmerie, ils croisèrent Lonel. Ce-dernier sursauta légèrement quand il croisa le regard d’Astan.
- Bonjour Astan… dit-il d’un ton amical. Puis il remarqua qu’Etan portait Syl inanimé. Son visage se crispa insensiblement mais il se reprit : Que faites-vous de ce prisonnier ? Protokel l’a-t-il tué ?
Une lueur de panique pouvait se lire dans les yeux de Lonel mais Etan ne la remarqua pas. Abusé par le calme de Lonel, il répondit naïvement :
- Non, le jeune homme est vivant. Il délire peut-être mais il nous a parlé.
Au contraire, Astan n’avait pas été abusé par les talents de Lonel. Il lui jeta un regard de glace sans ambiguïté mais prit la parole d’un ton apparemment détaché.
- Je pense que nous reparlerons prochainement de votre avenir parmi nous.
Il y eut un instant de flottement, chacun faisant mine de reprendre sa route. Mais, à peine Lonel eut-il Astan dans son dos, qu’il dégaina sa rapière, se retournant pour le frapper.
-C’est tout vu, maudit orc ! hurla-t-il.
Mais Astan n’était pas le premier des Yeux pour rien. Il lança sa dague alors que Lonel ne lui faisait même pas encore tout à fait face. Le projectile meurtrier se ficha dans le cou de Lonel. L’homme s’effondra et mourut en quelques instants.

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MessageSujet: Cafouillage   Jeu 11 Nov 2010 - 17:45

Excuse-moi, Maistre Blanchet, mais je n'arrive plus à retrouver le message où tu avais fait une relecture de mon texte. Cela m'embête parce que j'ai passé trois quarts d'heure à taper une seconde partie et j'ai bien peur que ce travail se soit "égaré" dans la nature.

Si tu en as quelque nouvelle, merci de me faire signe.

A bientôt.
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MessageSujet: This is the End   Sam 13 Nov 2010 - 21:36

Voilà c’est fini ! Pour le tout début…

Maintenant tout dépend de vous :

Si vous ne faîtes rien, mon univers ne restera qu’un petit délire entre potes et ce court début disparaîtra dans les limbes des forums.

Si vous appréciez ce que j’ai écrit malgré la dégradation liée à l’interface :
Ce serait cool de faire connaître ce début, de parler du titre autour de vous, et/ou de me répondre sur ce forum.

Dans le reste du texte, il y a des batailles entre mages, des dragons en furie, des infiltrations de guildes, etc.

Je vous remercie en tout cas d’être passé même si j’adorerais avoir un peu plus de remarques sur mon « bébé » lol

Au revoir et à très vite !


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MessageSujet: Je l'aurais bien téléchargé...   Dim 14 Nov 2010 - 10:38

mais mon problème, c'est que je n'ai pas renouvelé ma carte de crédit. Je voulais m'en servir deux fois par an et, bien sûr, j'avais oublié le code à chaque fois!

Existe-t-il une autre solution car j'aimerais bien connaître la suite?

Et puis, Maistre Blanchet, j'espère que tu vas rester sur ce forum qui est intéressant dans son ensemble.
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MessageSujet: Re: Dans l’ombre des portes   Dim 14 Nov 2010 - 13:48

Salut monseigneur,

Il suffirait de procéder par rib ou alors par envoie de liquide.
Je t'envoie les coordonnées bancaires ou mon adresse en fonction de ce que tu préfères.

Pour la version électronique, ce serait 2 €. Version pdf.

Pour le bouquin physique, le prix est de 11€+4€ de frais de ports par le site d'origine.
Comme je devrais te le renvoyer depuis chez moi, je me renseignerai pour savoir combien celà rajouterais. Surement 2-3 € supplémentaires.

Pour ce qui est du forum, j'y suis un peu seul pour l'instant. Par contre, je m'engage être un lecteur (et un scribe assidu si mes corrections te plaisent)

A+


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MessageSujet: Maistre Blanchet   Dim 14 Nov 2010 - 16:21

L'adresse et la somme globale, et on devrait parvenir à faire quelquecose.

A bientôt.
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MessageSujet: Re: Dans l’ombre des portes   Mer 24 Nov 2010 - 19:16

C'est super comme début d'histoire.... J'ai lu uniquement le début par contre (le premier message que tu as posté en fait) Je me suis arretée a "La formation de Cyl"
Mais bon voila j'ai plein de petites questions et commentaires a propos de ton histoire

POur le premier paragraphe... t'aurais du mettre un avertissement genre (ÂME SENSIBLE S'ABSTENIR) C'est super cruel d'avoir fait tué une humbles famille de paysans qui avaient l'air si heureux. :O Mais pour l'enfant du paysan... est il toujours vivant? Es ce que c'est Cyl?

Pour ce qui est de ton duo.. le guerrier et le magicien lol vraiment deux caractères différents c'est ce que j'aime de l'histoire!
Et qu'es ce qu'Haaken a fait quoi de si atroce?

Un "embrouilleur" J'adore l'idée

Si j'ai bien compris l'ennemie numéro un du duo est "Dénéthor" ?

Mon dieu :O Je ne savais pas que des être tels des gobelins pouvaient avoir du sang noble dans les veines moi qui les a toujours considéré étant profondément barbes...

Lool j'adore ce plan "Peu de gardes oseraient souiller un grand cru à la recherche de clandestins." C'est fort bien penser...

La fin de la partie qui j'ai lu est assez stressante j'ai vraiment aimé et je lirai certainement la suite.

Bonne continuation noble villageois.
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MessageSujet: Re: Dans l’ombre des portes   Mer 24 Nov 2010 - 21:15

Merci beaucoup pour ces gentils compliments! Very Happy
Oui, le gamin c'est bien Syl.
Denethor n'est pas vraiment l'ennemi personnel des 2 personnages, mais de la ville qui les a embauchés.

Par contre, pour la question au sujet d'Haaken.......
La réponse arrive après toute la partie que j'ai postée!
Bon, si tu arrives à la fin et que tu ne peux pas me télécharger ou m'acheter mon bouquin, je te répondrai en Privé! lol

A plus
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