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 Mon roman (enfin le début, hein !)

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Kamaria
Baron, Baronne
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MessageSujet: Mon roman (enfin le début, hein !)   Lun 8 Aoû 2011 - 17:17

Certaines personnes m'ont fait part de leur envie de lire ce que j'écrivais... Voilà le prologue de mon roman... Je mettrai la suite plus tard.

Bonne lecture !


Dans un temps si lointain qu'il n'en subsiste aujourd'hui plus qu'une trace, un pâle souvenir dans l'esprit des créatures les plus âgées, naquit une fillette qui allait changer le sort du monde de façon radicale.
La jeune Mefilia grandit dans les terres du sud, désormais appelées Haleremar. Sa mère avait disparu et elle n'avait pour toute famille que son père, un colporteur qui sillonnait l'Arwildra en vendant des babioles (le plus souvent volées ou pillées). C'était un homme violent qui la battait et la traitait en esclave. Elle vécut ainsi pendant presque dix-huit ans.
Un jour, elle disparut, et l'on pensa qu'elle avait été capturée par des brigands. Les années suivantes, elle ne reparut pas, on la pensa morte et on l'oublia.
Cependant, elle était en vie.
Elle ruminait une vengeance. Contre son père qui l'avait battue. Contre sa mère qui l'avait abandonnée. Contre tous les gens qui avaient refusé de l'aider. Elle vécut cachée dans les montagnes pendant de longues années et son cœur devint bientôt aussi noir que les ténèbres au sein desquelles elle s'abritait. En secret, elle rassembla une armée, composée des créatures les plus ignobles qu'il puisse exister, des monstres dont l'horreur dépassait tout imagination : des Orques, des Trolls, des Garshtaks et même des Dragons.
Elle les lança dans le monde pour accomplir sa vengeance. La première victime fut son père, qui l'avait tant fait souffrir auparavant. Cependant, la vengeance se transforma rapidement en un simple prétexte. Son véritable objectif était devenu la conquête.
Ses troupes furent repoussées et elles se replièrent dans les montagnes, où personne ne put les débusquer. Les montagnes furent alors surveillées jour et nuit, sans interruption, pendant plus de cent ans. On finit par penser que Mefilia était morte et que le danger s'était dissipé, on relâcha la surveillance.
Pendant plus de cinq cent ans, rien ne se passa.

Un jour, une femme fut tuée d'une manière d'une rare violence. À côté de son corps ensanglanté avait été déposé une plume de corbeau. Lors des années suivantes, les meurtres se multiplièrent. Après au moins dix ans de crimes en série, des bruits coururent. On disait que la sorcière noire était revenue, que tout le monde était en danger, que la guerre allait ravager l'Arwildra. Les rois, les conseillers, les chefs, les empereurs, les gouverneurs, les intendants et les présidents déclarèrent qu'il n'y avait rien à craindre. Aucune mesure ne fut prise et les populations des états les plus proches des montagnes se révoltèrent. Le vent de la rébellion qui souffla alors sur le monde dévasta tout sur son passage. Une nouvelle ère du Chaos vit le jour.
Les Armées Noires profitèrent du désordre pour sortir de leur cachette. La déferlante du Mal dans toute sa puissance balaya les armées rassemblées en hâte et dans la plus grande pagaille. Les royaumes, les empires, les cités et les sultanats tombèrent un à un.
Le plus grand pays du monde connu, l'Eriaïn, fut le seul à opposer une quelconque résistance. Les Elfes, ayant vécu jusqu'ici en marge des évènements, rentrèrent en guerre à leur tour face aux immenses troupes de Mefilia. Les Nains se joignirent à eux.
Les Armées du Monde Libre étaient nées.
Elles marchèrent sur l'empire Noir, remportant victoire sur victoire, repoussant les Armées Maléfiques, qui se retirèrent jusqu'à leur citadelle, nommée Urgshurz. C'est à ses portes mêmes qu'eut lieu la Dernière Bataille.
Le siège dura de longs mois et les forces des assaillis déclinèrent peu à peu faute de ravitaillement. Cependant, les Armées Noires étaient presque impossibles à vaincre car Mefilia possédait une arme secrète, qu'elle n'avait encore jamais utilisée et dont personne ne soupçonnait l'existence.
Dans les Ténèbres de ses montagnes, son pouvoir et sa malice sans égaux avaient taillé le terrible, l'atroce, l'épouvantable, le cauchemardesque… Diamant Noir. Pierre plus sombre que la nuit dans laquelle elle avait déversé sa force. Pierre d'ébène contenant sa volonté. Pierre de jais emplie de sa détermination. Pierre obscure des Forces du Mal.
Mefilia fit sortir toutes ses armées de sa citadelle. Les créatures faméliques s'avançant vers les Hommes, les Elfes et les Nains ne payaient pas de mine, mais elles ne ressentaient que de la haine vis à vis de ces envahisseurs et cela les rendait d'autant plus dangereuses.
Au début, les Armées du Monde Libre eurent le dessus, mais cela ne dura pas. À la tombée de la nuit, des hommes commencèrent à mourir d'une étrange manière. Ils étaient engloutis dans un brouillard noir et disparaissaient. Il s'avéra que c'était la Sorcière Noire elle-même qui menait les attaques contre ceux qui s'évaporaient ainsi et ce fut sur elle que tous les assaillants concentrèrent leurs objectifs. Ils furent encore plus nombreux à mourir.
Le roi de l'Eriaïn, Eldain, se rendit compte que le brouillard suintait d'une pierre qu'elle portait dans sa main gauche. Il laissa tomber sa lance et empoigna son épée, Lirann-El-Rella, la Lame de Lumière. Une lumière étincelante s'opposa alors à l'ombre, car l'arme était faite de mithril, ce qui lui conférait des pouvoirs lui permettant de résister au Mal. Le roi monta sur une colline, planta sa bannière qui flotta joyeusement dans la brise qui venait de se lever et cria en levant son épée :
– Pour la Liberté !
Le roi Valdemar, commandant des Elfes, et le seigneur Holger, grand chef des Nains sous la Montagne, le rejoignirent. Toutes leurs troupes se rassemblèrent au pied de la colline. Les cavaliers pointèrent leur lance, les fantassins tirèrent leur épée, les Elfes encochèrent leurs flèches et les Nains empoignèrent leur hache. S'emparant alors d'un grand cor des mains de Tirrel, son porte-étendard, Eldain lança une claire sonnerie puis s'élança, galopant à travers la plaine, son épée haut levée, suivi de la cavalerie puis des fantassins. Lirann-El-Rella scintillait sous la lueur de la lune, protégeant les soldats de sa pâle lumière. Le blanc et le noir se mêlèrent quand les deux armées se percutèrent.
Les morts purent se compter en dizaines de milliers cette nuit là.
Ce fut le roi Eldain, blessé, qui se retrouva le premier face à l'Impératrice Maléfique. Ils se défièrent en combat singulier et, malgré sa blessure, l'homme ne faiblit pas, aidé par son épée. Le jeune Tirrel, impuissant, les regardait. Soudain, le roi cria. L'épée de la sorcière avait profondément entaillé sa main et il avait lâché sa propre arme, qui était tombée à terre plusieurs mètres plus loin. Non seulement il se trouvait à sa merci, mais le pouvoir du Diamant Noir n'était plus contré ! Les Armées du Monde Libre perdirent du terrain et Mefilia s'avança en ricanant vers Eldain. Elle avait gagné. Ce n'était plus qu'une question de temps avant que les derniers soldats ne meurent et le pouvoir de la Lame de Lumière allait s'éteindre, privé de porteur.
Elle leva son épée et ferma les yeux, sûre de son coup. Elle savourait sa victoire d'avance. La lame traversa l'air... Et claqua contre une autre épée. Mefilia rouvrit les yeux. C'était le jeune Tirrel qui se tenait devant elle, Lirann-El-Rella dans les mains. Avant qu'elle n'ait pu faire quoi que ce soit, il se rua sur elle et l'attaqua sans relâche. Elle ne pouvait que parer et se défendre.
Le combat dura plusieurs minutes, mais Tirrel finit par vaincre Mefilia. Quand il lui fit sauter l'épée des mains, elle s'enfuit dans la citadelle et en ferma les portes. Le jeune homme s'approcha de son roi et resta à ses côtés lorsqu'il rendit le dernier soupir. Autour d'eux, la bataille continuait...
Tirrel finit par se relever. Il ramassa l'épée de mithril qui gisait dans la poussière depuis qu'il l'y avait posée. Une intense lumière blanche illumina la plaine, faisant fuir les monstres de Mefilia, occasionnant l'effondrement d'Urgshurz et la mort de la sorcière.
Lirann-El-Rella avait trouvé un nouveau porteur, plus puissant que tous ceux qui l'avaient précédé.
Tirrel devint roi de l'Eriaïn. Il eut un fils, Adriel, qui régna après lui sous le nom de Tir-Adriel, et une fille, Ilvana.
L'histoire aurait pu se terminer ainsi, mais il en fut autrement...

Voilà mon prologue, du moins pour le moment. Il risque de subir des ajouts ou des modifications mais pas tout de suite.
Qu'en pensez-vous ?
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aragorn
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MessageSujet: Re: Mon roman (enfin le début, hein !)   Lun 8 Aoû 2011 - 18:17

Joli texte mais prenez garde à na pas trop vous laisser influencer pour le Seigneur des Anneaux.
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Kamaria
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MessageSujet: Re: Mon roman (enfin le début, hein !)   Lun 8 Aoû 2011 - 18:44

C'est en grande partie grâce au Seigneur des Anneaux que j'ai eu envie d'écrire un roman, donc ça s'en ressent, mais je crois que pour la suite on s'en rend déjà moins compte.
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Safitunisie
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MessageSujet: Re: Mon roman (enfin le début, hein !)   Lun 8 Aoû 2011 - 19:08

j'avoue avoir adoré ton histoire O= Je veux lire la suite =D XD
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Mélisende De Laon
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MessageSujet: Re: Mon roman (enfin le début, hein !)   Lun 8 Aoû 2011 - 21:47

Trés belle histoire !!! j'attend la suite avec impatience ^^
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skugenfolk
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MessageSujet: Re: Mon roman (enfin le début, hein !)   Mar 9 Aoû 2011 - 20:53

Demoiselle Kamaria, permettez-moi de vous dire que ce que vous écrivez est magnifique, le mot épique convient aussi très bien, sinon comme le dit Messire Aragorn, l'influence du Seigneur des Anneaux est très présente mais je ne doute pas que la suite sera différente de votre sublime prologue alors sachez que j'attend de lire vos écrits avec impatience, vous avez un talent précieux
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Kamaria
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MessageSujet: Re: Mon roman (enfin le début, hein !)   Dim 21 Aoû 2011 - 14:21

Merci beaucoup !
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Kamaria
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MessageSujet: Re: Mon roman (enfin le début, hein !)   Lun 22 Aoû 2011 - 15:35


Voila une partie du premier chapitre.

Bonne lecture !


Chapitre 1 :

Edwin essayait de ne pas s'extasier sur la beauté du palais impérial d'Altaïr, mais ce n'était pas chose facile, même s'il commençait à s'habituer au splendide paysage qu'il avait la chance de contempler tous les jours depuis plusieurs mois. Le soleil se couchait derrière lui. Dans une heure, il ferait nuit, mais pour l'instant, les colonnes d'argent scintillaient dans la lumière et les milliers de fenêtres reflétaient les dernières lueurs de l'astre du jour. Même si le fief de l'empereur était au summum de la beauté sous la pleine lune, du moins selon Edwin, il forçait l'admiration à toute heure du jour ou de la nuit.
Le jeune homme secoua la tête. Ce soir, il ne devait pas, surtout pas, être retardé. Et, pour cela, il ne devait pas admirer le palais. En effet, lui, Edwin Elecanor, lieutenant de l'armée Aïrane, allait rencontrer l'empereur Alaandir le Grand. Il avait du mal à se rendre compte de la chance qu'il avait : de nombreux vétérans n'avaient jamais ne serait-ce que posé un œil sur le chef suprême du pays et lui, une jeune recrue qui n'était que depuis cinq ans dans l'armée, allait rencontrer ce grand homme ! Il n'arrivait pas à y croire. Encore, s'il était général ou commandant depuis de longues années dans les forces Aïranes, il comprendrait, mais là !
Il avait beau y réfléchir depuis l'avant-veille, jour où il avait reçu une convocation cachetée et signée de la main même d'Alaandir le Grand, il ne parvenait pas à comprendre ce qui pouvait lui valoir un tel honneur. Il passa la main sous son plastron de cuir noir orné d'une étoile radiée argentée et frôla du bout des doigts le parchemin plié en quatre pressé contre son cœur. C'était la quinzième fois au moins qu'il vérifiait si la feuille était toujours à sa place,depuis qu'il était parti de la caserne, moins d'une demi-heure auparavant. Il n'avait jamais fait autant attention à un objet, pourtant ce n'était pas, et de loin, le plus précieux qu'il possédait.
Le jeune soldat arriva au pied de la Colline d'Argent, au sommet de laquelle se dressait le palais impérial. Une cloche sonna dans le lointain. La treizième heure suivant le lever du soleil touchait à son terme et Edwin accéléra le pas. La montée était longue et il était attendu dans une demi-heure. Des odeurs de nourriture flottaient dans l'air frais du crépuscule, montant de la ville en contrebas. L'estomac d'Edwin gargouilla et le jeune homme soupira. Cela faisait presque sept heures qu'il n'avait pas mangé et ces arômes appétissants le tentaient douloureusement, au moment où il ne fallait pas de surcroît !
Il finit par arriver devant l'imposante porte du palais, devant laquelle quatre soldats de la garde royale, reconnaissables à leur cape et leurs vêtements argentés, empêchaient quiconque d'entrer.
– Halte ! ordonna l'un d'entre eux. Que veux-tu ?
– J'ai été convoqué par Son Illustre Altesse Alaandir le Grand, empereur du Royaume d'Argent, souverain des Îles Maliarines, gouverneur suprême de Talandiar, Grand Commandant des Armées Aïranes ! répondit Edwin en sortant l'attestation de son plastron.
Le garde lut le parchemin puis fit signe au jeune homme de le suivre. À peine rentré, Edwin resta bouche bée devant la magnificence des lieux. Le sol était pavé de marbre noir, avec au centre de la pièce l'étoile radiée argentée, symbole de l'empire, gravée dans une immense dalle. La pièce était éclairée par de gigantesques fenêtres entre lesquelles étaient accrochées des tapisseries ou posées des statues, le tout à la gloire de l'empereur. Edwin aurait aimé contempler chaque œuvre, s'arrêter pour admirer les tentures, s'extasier devant chaque statue ou même se recueillir sur le superbe motif gravé, auquel il avait prêté allégeance plus qu'à Alaandir lui-même. Malheureusement, le garde traversa la pièce rapidement et le jeune soldat était obligé de le suivre s'il ne voulait pas se faire expulser du palais. Ils traversèrent une enfilade de pièces toutes plus somptueuses les unes que les autres. Partout, ce n'était que pierres précieuses, or, argent.
Le jeune homme et son guide finirent, après plusieurs minutes, par arriver devant une immense porte d'ébène, renforcée d'acier noir de Râshed. Le garde s'entretint quelques instants avec son compatriote chargé de cette entrée. Il désigna tour à tour Edwin et la porte, tout en agitant l'attestation à grands moulinets du poignet. Son interlocuteur finit par hocher la tête et frappa du plat de sa hallebarde sur le vantail. Trois coups, une pause, deux coups, une pause, un coup. Après un grand raclement de l'autre côté, les battants s'ouvrirent pesamment. Edwin remarqua qu'ils pivotaient vers l'extérieur, une garantie de sécurité pour les personnes pouvant se trouver à l'abri dans cette salle pendant une attaque. En effet, une porte comme celle-ci était plus dure, beaucoup plus dure, à détruire à l'aide d'un bélier.
Le jeune homme fut brutalement tiré de sa réflexion par une voix impérieuse lui demandant de décliner son identité.
– Lieutenant Elecanor, cinquième escouade du second bataillon de la première division de cavalerie, répondit-il machinalement.
– Entrez, vous êtes attendu.

* * *

Un petit homme grassouillet au teint rubicond et à la moustache tombante regarda Edwin rentrer dans la salle du trône d'un air condescendant et vaguement réprobateur. Pour l'avoir déjà aperçu, le jeune homme savait être en présence de maître Grindell, le héraut impérial. C'était difficile à croire, mais cet homme avait été un héros à la Bataille des Îles, trente-sept ans plus tôt, lorsqu'il avait protégé l'empereur Achtalianir, le père d'Alaandir, contre une horde de guerriers, armé d'une simple arbalète. Élevé au rang de baron, il avait choisi de rester au service de la famille impériale et s'y trouvait encore aujourd'hui, alors qu'Alaandir avait succédé à son père depuis plusieurs années.
– Inclinez-vous devant Son Illustre Altesse le seigneur Alaandir le Grand, empereur du Royaume d'Argent, souverain des Îles Maliarines, gouverneur suprême de Talandiar, Grand Commandant des Armées Aïranes ! déclara-t-il pompeusement.
Edwin posa un genou en terre et courba la tête, le poing droit plaqué sur le cœur.
– Relève-toi, mon garçon, commanda une seconde voix. Maître Grindell, vous pouvez disposer.
Alors que le pas traînant du héraut s'amenuisait, accompagné de grommellements désapprobateurs car il était vexé d'être mis à l'écart, le jeune soldat obéit et, sans parvenir à s'en empêcher bien qu'il sut que c'était tout à fait contraire à la bienséance la plus élémentaire, regarda celui qui venait de parler. L'homme se tenait debout près d'une fenêtre, les derniers rayons du soleil couchant faisant miroiter son armure, qui lui donnait un air martial. La couronne d'argent posée sur sa tête étincelait bien plus encore, empêchant Edwin de distinguer les traits de son souverain. L'empereur avait une main nonchalamment posée sur la garde de son épée, formant un contraste saisissant avec l'autre, crispée sur le bord de la fenêtre au point que les jointures blanchissent. Cela surprit le jeune soldat : ainsi, l'homme le plus puissant du royaume avait peur d'une entrevue avec un de se lieutenants... À moins qu'il ne craigne ce qui pouvait en résulter ? Ce devait être important... Edwin se passa la langue sur les lèvres. Cela ne lui disait, en tout cas, rien qui vaille.
Il jeta un regard autour de lui, détailla la pièce. Ce n'était pas la salle du trône mais une simple salle destinée aux audiences privées. Il l'examina dans ses moindres détails, non pas par curiosité vis à vis du mobilier, presque absent, mais plutôt pour vérifier s'ils étaient seuls ou si un espion se cachait derrière une tenture... Les craintes du jeune homme se révélèrent fondées. L'une des tapisseries ondulait très légèrement au rythme de la respiration de l'espion caché derrière. Et s'il y en avait un, il était probable qu'il y en ait d'autres...
L'empereur quitta la fenêtre et avança vers Edwin, qui put enfin voir son visage. Un visage anguleux et très émacié. Le souverain paraissait n'avoir pas mangé à sa faim depuis longtemps et semblait épuisé, bien loin de l'image du noble et puissant chef de guerre qu'Edwin pensait rencontrer. Seuls les yeux, gris pâle et d'une grande profondeur, reflétant la sagesse et l'intelligence d'Alaandir le Grand, se démarquaient du reste de ses traits. Et c'était largement suffisant pour lui donner l'allure imposante qui lui avait valu son surnom. Le soldat se pétrifia quand le regard de son seigneur se posa sur lui. Il avait l'impression que l'empereur pouvait, ou voulait, lire dans ses pensées...
– C'est bien toi, marmonna Alaandir d'une voix grave et rauque.
– Moi ? répéta Edwin, sidéré.
– Tu es le troisième fils de Lienneris et Jarel, n'est-ce-pas ?
– Oui, mais comment...
– On ne pose pas de questions à son souverain ! tonna celui-ci. La manière dont j'ai deviné qui tu était n'a aucune importance. Je veux que tu répondes à mes questions. Toutes mes questions.
– Je ne parlerai que quand vous aurez renvoyé vos espions, répondit Edwin du tac au tac, une colère inexplicable lui serrant les poings. Il savait que cela pouvait lui valoir de perdre son poste, ses biens, son honneur ou sa vie, selon l'humeur d'Alaandir, mais il n'avait pas réussi à s'en empêcher.
– Impitoyable, prompt, décidé... et observateur, murmura l'empereur comme s'il se parlait à lui-même. Très bien, reprit-il plus fort, j'accède à ta requête pour cette fois. Hamerel, Jelaris, laissez-nous.
Un léger mouvement fit onduler deux tentures, dont celle qu'Edwin avait repérée, puis une porte grinça légèrement. Les espions étaient partis, du moins fallait-il l'espérer. Tout en sachant que prendre une telle initiative était dangereux, le jeune soldat vérifia que l'espace situé derrière chaque tapisserie était vide. Étrangement, le souverain le laissa faire. Quand il fut certain que personne d'autre qu'eux ne se trouvait dans la pièce, Edwin se tourna vers Alaandir.
– Je vous écoute, murmura-t-il en croisant les bras sur son torse.
Un léger sourire, plus mélancolique qu'amusé, étira les lèvres de l'empereur, qui attendit quelques instants avant de prendre la parole.
– Lieutenant, j'irai droit au but. En tout autre occasion, j'aurai respecté le protocole et la bienséance, mais aujourd'hui, l'heure est trop grave. Vous avez probablement entendu parler des évènements agitant les frontières du Rhaïn ?
– En effet, seigneur. Mais en quoi cela nous concerne-t-il ?
– On raconte que c'est la Sorcière Noire elle-même qui en est à l'origine. Une rumeur s'est propagée. Il semblerait, selon celle-ci, que le Haleremar, qui a toujours penché vers les forces maléfiques, soit définitivement asservi. Les raids lancés contre les frontières rhaïnaises ne seraient pas de simples escarmouches, mais bien les prémices d'une guerre opposant les Armées Noires et leur alliés à tous ceux qui trouveront le courage de leur résister. J'ai envoyé des espions vérifier ce que je pensais n'être que commérages, mais il s'est avéré que les dires du peuple étaient vrais. Le Rhaïn rassemble toutes ses forces près des frontières du sud, limitrophes de l'Ancien Royaume désormais occupé par le Haleremar. La guerre va bientôt éclater, lieutenant, et l'empire ne pourra pas rester à l'écart. Nous allons devoir choisir notre camp. Les Forces Noires, ou les Forces Rhaïnaises. Tel est le choix qui s'offre aujourd'hui à chaque homme sur cette terre. Vous, que choisiriez-vous ?
Edwin restait perplexe. Il comprenait parfaitement ce que lui demandait son souverain, mais quelque chose ne trouvait de place nulle part... Il trouva enfin. ''Tel est le choix qui s'offre aujourd'hui à chaque homme sur cette terre.''
– Vous n'allez pas interroger tous vos soldats, l'un après l'autre et en privé, afin de connaître leur opinion ! Alors pourquoi me demander, à moi, ce que j'en pense ? Il aurait été plus sage de consulter vos conseillers et vos commandants !
– Plus sage ? Je ne pense pas. Tous ces imbéciles bouffis d'orgueil et ruisselants de condescendance sont incapables de prendre la moindre décision sans délibérer pendant une semaine, et ils seraient capables de trahir leur souverain et leur patrie sans le moindre remords si on leur offrait de l'or ou des joyaux en suffisance. Le seul qui soit vraiment digne de confiance est le commandant Telenor, et il m'a déjà donné son avis. Vous, en revanche, me paraissez très droit.
– Vous seriez prêt, en ces temps où il vaut mieux ne se fier qu'à soit-même, à vous en remettre à moi alors que vous ne me connaissez personnellement que depuis quelques minutes ?
– Ce n'est par qu'à votre jugement que je fais confiance, bien qu'il en soit probablement digne, mais aussi à celui de l'objet que vous portez et qui vous guide, bien que vous n'en ayez pas conscience.
– De quel objet parlez-vous ?
– Votre bien le plus précieux, celui pour lequel vous seriez prêt à mourir... Vous voyez de quoi je parle, n'est-ce-pas ?
Edwin sentit qu'il pâlissait. ces mots lui en rappelaient d'autres, qui lui avaient été adressés près de cinq ans auparavant... Des mots murmurés au creux de son oreille d'une voix douce et par des lèvres aimantes...
– Oui, vous voyez parfaitement... répéta l'empereur d'une voix suave, semblable à un miel cachant l'amertume d'un poison. Cet objet est bien plus important que vous ne le pensez... Il nous permettrait de vaincre nos ennemis, de gagner la guerre, de balayer nos opposants... Nous serions les rois du monde, vous et moi... Oui, vous aussi... Vous avez un grand rôle à jouer, et je vous en offre la possibilité... Fiez-vous à moi... Donnez-moi ce que je vous demande...
Edwin se crispa. La voix du souverain s'infiltrait dans son esprit alors qu'il tentait de la repousser. Elle l'enivrait, le tentait, et il sentait qu'il aurait du mal à lui résister. Elle voulait cet objet plus que tout au monde. La broche.
Le bien auquel il tenait le plus, non pour sa valeur, mais pour tout le souvenirs qui s'y rattachaient... Sa mère le lui avait donné en même temps qu'elle prononçait ses dernières paroles... ''Cette broche renferme un grand pouvoir qui sera un jour révélé. Elle a toujours été transmise au quatrième enfant de la famille Elecanor de Flaines, et tu ne fais pas exception. Tu la reçoit aujourd'hui de moi, et tu la transmettras un jour de la même manière. Quand le pouvoir ancien se réveillera, le porteur du bijou devra aider celui qui portera sur ses épaules l'écrasante responsabilité de l'avenir du monde. Je pressent que ce moment est proche... Le destin est en marche... En attendant, protège-la, surveille-la, et surtout, surtout, ne t'en sépare jamais. En aucun cas ! Tu m'entend ? Jamais ! Veille sur elle quoi qu'il t'en coûte, même si tu dois en mourir ! N'oublies pas cela Edwin. C'est surement l'une des choses les plus importantes qu'il te sera donné de faire. Adieu, Edwin... Je t'aime... N'oublies jamais...'' Elle était morte en disant ces mots dans les bras de son fils en pleurs, et il avait obéi. Non pas qu'il fut un enfant docile – il ne l'avait jamais été – , mais sa mère, qui avait toujours eu tendance à le surprotéger, lui avait demandé de mourir pour la broche. Cela l'avait tellement surpris qu'il n'imaginait pas faire autrement que de respecter son ordre. Et puis, c'étaient ses dernières volontés, et la parole d'un mourant est sacrée. Non. Il lui était impossible de quitter le bijou. Quand bien même son souverain le ferait jeter au cachot pour l'obtenir, il s'y refuserait. Pour n'importe quoi d'autre, il aurait accepté, mais cette broche était trop importante... Non ! Pour rien au monde il ne s'en séparerait ! Jamais !
La voix relâcha enfin la pression qu'elle exerçait sur son esprit et Edwin soupira légèrement. Il frissonnait, alors que l'air de la pièce était étouffant. L'empereur avait réussi à l'affaiblir et, bien qu'il essayait de se persuader du contraire, le jeune homme savait qu'il finirait par céder. À moins de mourir avant... Mais dans ce cas, la broche serait récupérée sur son corps, sauf s'il s'en séparait et la cachait, ce à quoi il ne pourrait probablement jamais se résoudre. Il pouvait aussi s'enfuir et aller se cacher quelque part, très loin... Il passerait pour un lâche mais il était déjà tombé si bas... Quelle importance si la broche était en sécurité ?
Il lança un coup d'œil à Alaandir, qui s'était effondré sur un fauteuil. L'empereur semblait lui aussi mal en point, il avait le teint grisâtre et tremblait violemment. Son armure semblait le gêner pour respirer, mais il ne paraissait pas vouloir l'enlever. Edwin s'approcha doucement de lui et s'agenouilla à ses côtés.
– Comment Votre Illustre Altesse se sent-elle ? Souhaiterai-t-elle que je fasse quérir un guérisseur ?
– On dit, ''mon humble personne'' et non ''je'', lieutenant ! Vous vous adressez à votre souverain, à votre supérieur, à votre commandant suprême, pas à un égal ! Ne l'oubliez pas ! Je pourrai vous faire jeter aux cachots pour moins que cela ! Et pour répondre à vos questions : je me sens parfaitement bien et, non, je ne veux pas voir de guérisseur ! Le premier de ces charlatans qui osera mettre ne serait-ce qu'un pied dans mon palais sera pendu haut et court, tout comme le second, le troisième et ceux qui suivront !
Edwin attendit que l'orage soit passé en se demandant, bien qu'il tentât de réfréner cette pensée parjure, si son souverain avait vraiment toute sa raison. En effet, celui-ci avait l'air d'un dément, à vitupérer comme un vieillard irascible ou un enfant capricieux en tremblotant dans son fauteuil.
Après quelques minutes, l'empereur reprit la parole comme si rien ne s'était passé.
– J'ai besoin de connaître votre avis sur la question, lieutenant. Que pensez-vous qu'il soit judicieux de faire ?
– Mon humble personne conseillerai à Votre Illustre Altesse de prendre les armes afin de soutenir le royaume du Rhaïn, puisque aucun autre choix ne s'offre à Elle.
– Aucun autre choix ? Mais il y en a un ! Les Forces Noires !
– Les Forces Noires ? Votre Illustre Altesse ne se rend assurément pas compte de ce qu'Elle avance ! C'est d'une armée de monstres dont Elle parle !
– Si c'est votre, avis, lieutenant, je vais m'y fier. Nous joindrons nos forces à celles du Rhaïn. Merci de votre aide.
Edwin comprit que l'empereur le congédiait. Il s'inclina jusqu'à terre et se dirigea vers la sortie. Dans le couloir, le garde qui l'avait amené attendait pour le raccompagner. Ils retraversèrent les immenses pièces, désormais éclairées par des torches. L'entrevue avait duré plus longtemps que le jeune soldat ne s'y attendait et, par les fenêtres, il pouvait voir le ciel étoilé. Les dernières lueurs du jour s'étaient éteintes depuis longtemps, aucun véhicule ne l'attendait et la ville grouillait de voleurs, d'ivrognes et d'assassins terrés dans les ruelles devant lesquelles il risquait de devoir passer afin de retourner à la caserne. Le retour ne serait pas une partie de plaisir, et ce n'était pas la pensée du maigre repas qui l'attendait là-bas qui pouvait le réconforter... À supposer même qu'il reste une miette de nourriture dans les cuisines !

* * *

Il descendit de la Colline d'Argent en regrettant que sa jument soit malade depuis la veille. Un officier de cavalerie sans sa monture n'était qu'un demi-officier, et Étoile de Minuit lui manquait. Cette jument était sa meilleure amie et alliée dans un monde où les rivalités poussaient plus vite que des champignons et restaient indélébiles, à peine atténuées par les années. Depuis cinq ans dans la cavalerie, Edwin ne s'était fait que peu d'ennemis, mais pas plus d'amis. Au moins avait-il réussi à gagner la confiance et la loyauté de ses soldats, ce à quoi certains officiers n'étaient pas parvenus.
Ses pensées revinrent à ce qui s'était déroulé dans le palais. Il avait compris que la guerre du Rhaïn était un simple prétexte, peut-être même inventé de toutes pièces, pour l'amener à parler de la broche. Mais pourquoi l'empereur voulait-il à tout prix la récupérer ? Il glissa la main dans sa manche et en sortit le bijou pour le contempler à la lumière de la lune. C'était un bijoux magnifique, une pierre noire et quatre vertes enchâssées dans une monture d'argent faite de fils de métal très fins qui s'entrelaçaient et paraissaient parfois bouger selon la lumière, mais il ne pouvait surement pas donner des pouvoirs comme ceux dont Alaandir avait parlé. Guider le jugement de celui qui le portait, faire gagner la guerre à un empire ? En tout cas, l'empereur y croyait et voulait employer la broche à ses propres fins. Il avait promis à Edwin une immense gloire, mais celui-ci n'y croyait pas. Il se ferait probablement éliminer dès qu'Alaandir le jugerait inutile.
Sa décision était prise. Il allait fuir. Peut importe ce qu'on dirait de lui, il devait partir. Partir ou mourir. Il allait regagner la caserne, expliquer l'histoire à ses hommes, en qui il avait toute confiance, et partir avec sa jument et ses affaires. Les soldats le couvriraient.
Pendant qu'il réfléchissait ainsi, il était parvenu dans la ville basse, royaume des tire-laine, des truands et d'hommes moins recommandables encore. Le danger semblait suinter des murs ruisselants d'humidité tandis qu'il se dirigeait vers le fleuve. Il aurait aimé avoir une torche et se morigéna de n'y avoir pas pensé. Il entendait les bruits étouffés du port, quelque part à sa gauche : craquements des gréements, rires de marins au sortir d'une taverne, éclaboussures provoquées par les navires quand une vague venait lécher leur coque... Le port était un endroit qui ne dormait jamais. Le reste de la ville, cependant, était atrocement silencieux, et l'impression de danger de plus en plus nette. Si l'empereur envoyait ses Assassins dès cette nuit, ils agiraient ici.
Une silhouette traversa brusquement la rue devant Edwin puis disparut dans une ruelle transversale à droite, une arbalète à la main. Une pierre roula sous un pied, vers la gauche. Il lui semblait que les battements de son cœur retentissaient de plus en plus fort. L'éclat d'un poignard étincela brièvement, dans les ombres d'un porche à moins de trente mètres. Une lame coulissa dans son fourreau, quelque part derrière lui. Les hommes armés qui l'entouraient faisaient énormément de bruit pour des spécialistes du meurtre discret... Comme s'ils voulaient jouer avec sa peur comme les chats le font avec des souris...
En tout cas, si cette manœuvre visait à le terrifier, c'était réussi. Il avait l'impression que sa respiration s'entendait à des lieues à la ronde. Il sortit son épée du fourreau et affermit sa prise sur le pommeau enveloppé de bandelettes de cuir, qui se logea parfaitement dans sa main.
Ces hommes étaient là pour lui et, au vu de leurs armes, ils n'avaient certainement pas l'intention de le laisser en vie. Il ne pouvait pas fuir ? Il allait se battre.
Il s'arrêta. Cinq hommes sortirent de l'ombre.
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aragorn
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MessageSujet: Re: Mon roman (enfin le début, hein !)   Lun 22 Aoû 2011 - 17:26

Très bien écrit. Du suspense, des descriptions justes suffisantes. C'est talentueux. Vivement la suite...
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Enora
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MessageSujet: Re: Mon roman (enfin le début, hein !)   Lun 22 Aoû 2011 - 20:19

Je suis scotchée Kamaria, je dois dire que vous m'impressionnée avec cette fluidité, cette facilité! La lecture ce fait avec un réel plaisir! Vite la suite Mr.Red
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Kamaria
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MessageSujet: Re: Mon roman (enfin le début, hein !)   Lun 22 Aoû 2011 - 20:35

Eh bien, merci !

La suite, ce sera à la rentrée ! Il faudra patienter encore un peu !
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MessageSujet: Re: Mon roman (enfin le début, hein !)   Ven 9 Sep 2011 - 16:11

Chose promise, chose due, voila la fin du premier chapitre.
Bonne lecture !

Un éclair argenté vola vers Edwin et il ne l'évita en plongeant à terre que grâce à un prodigieux réflexe. La lame du poignard de jet se ficha dans le mur derrière lui. Une corde d'arbalète claqua et le carreau se planta à moins d'un pouce de sa tête. Les hommes se rapprochèrent et un rayon de lune les éclaira légèrement.
Ils portaient tous un uniforme de soldat, mais celui-ci était couvert d'une immense cape noire et les têtes étaient recouvertes de voiles, noirs eux aussi, qui ne laissaient entrevoir que les yeux de chaque homme afin que personne ne les reconnaissent.
C'étaient bien des Assassins de la Légion Noire, aux ordres de l'empereur.
Ces hommes étaient des soldats d'élite choisis dans l'armée régulière pour leur loyauté à l'empereur. Ils subissaient un entraînement spécial qui en faisait de véritables machines à tuer et un seul d'entre eux pouvait combattre au moins cinq soldats normaux en s'en sortant sans une égratignure. Ils pouvaient aussi tuer de manière si discrète que la victime paraissait avoir perdu la vie dans un accident ou même de manière naturelle. Ils avaient à leur disposition une immense quantité de poisons en tous genres, dont ils enduisaient leurs armes. Face à cinq d'entre eux, Edwin n'avait aucune chance de s'en sortir vivant.
Il serra les mains sur son épée, déterminé à faire couler leur sang avant de mourir. Les Assassins l'encerclèrent et s'approchèrent pas à pas, jouant avec sa peur. La terreur s'insinua lentement dans son esprit. Il allait mourir ici, dans cette ruelle de la ville basse, et son corps serait brûlé, enterré ou jeté à l'eau. Le lieutenant Edwin Elecanor ne regagnerai jamais sa caserne après avoir vu le roi et nul ne saurait avec certitude ce qu'il était devenu.
Les tueurs n'étaient plus qu'à trois pas. Il allait mourir d'un instant à l'autre... Un pensée fugace traversa l'esprit d'Edwin : il devait attaquer avant eux s'il voulait avoir une chance de fuir. Il se baissa légèrement pour prendre son élan, affirma sa prise sur le pommeau de son épée...
L'un des hommes s'effondra. Un empennage argent et noir strié de rouge dépassait de son cou. La flèche lui avait transpercé la gorge. Avant que les Assassins n'aient le temps de réagir, un autre était tombé, touché au même endroit. Une vingtaine de soldats sortirent de l'ombre et se ruèrent sur les trois derniers tueurs. Edwin sourit fugacement. Il avait reconnu les empennes des flèches et les assaillants. Il se jeta dans la mêlée.
Les Assassins restants ne savaient plus où donner de la tête. Ils ne parvenaient pas à distinguer leurs ennemis, qui sortaient de l'abri des maisons, portaient un coup puis repartaient. Séparés les uns des autres, ils ne pouvaient se protéger mutuellement et les soldats en profitaient pour les harceler. Le lieutenant évita un coup de dague et riposta de son épée. La lame fendit les plis d'une cape et entailla le bras qui se cachait en dessous.
Le combat ne dura que quelques minutes, qui semblèrent des heures. Les soldats avaient mis au point une tactique : l'un d'eux frappait tandis que les autres le protégeaient. L'un des Assassins finit par tomber, rapidement suivi d'un autre. Le troisième résista encore un peu avant de succomber à son tour, lacéré de coups, sa cape, ses vêtements et son voile réduits en lambeaux. Edwin se redressa, rangea son épée et embrassa d'un regard la scène de bataille. Ses sauveurs se tenaient autour de lui, tandis que les corps des Assassins étaient recroquevillés sur le sol. Le sang recouvrait tout, les soldats, les armes, les cadavres, les pavés, les murs, enveloppant la scène dans une gangue rouge sombre éclairée par le reflet opalescent de la lune.
Le lieutenant se rendit soudain compte que sa main gauche était crispée sur quelque chose. Il ouvrit le poing. C'était la broche.
Un homme s'approcha, un arc à la main. C'était le sergent Seriel, le second d'Edwin, qui avait mené l'attaque. Le jeune soldat, habituellement insouciant, paraissait pour une fois très inquiet. Il ramassa ses deux flèches et les rangea soigneusement dans son carquois. Il se tourna ensuite vers Edwin, l'air interrogateur.
– Ramassez les corps et allez les jeter dans le port, lestés de pierres. Personne ne dois savoir ce qu'ils sont devenus. La moitié d'entre vous suffira pour cette tâche, dit celui-ci.
Quand dix hommes eurent emmené les cadavres, Edwin se tourna vers Seriel.
– Comment avez-vous fait pour savoir que j'aurai besoin d'aide et pour me trouver ?
– C'est grâce à votre jument, mon lieutenant. Elle était nerveuse depuis votre départ, et il y a une heure, elle s'est tellement énervée qu'elle a failli détruire les bas-flancs de sa stalle. Nous avons donc décidé de la mettre au pré, mais elle a sauté la barrière et est partie au galop. Nous l'avons suivie et elle nous a entraînés jusqu'ici. Après, elle a planté ses sabots dans le sol et a refusé de bouger. Nous nous étions résignés à attendre quand nous avons vu cinq Assassins arriver et s'embusquer dans la ruelle. Vous êtes arrivé moins d'une minute après et ils vous ont encerclés. Nous ne pouvions pas les laisser vous tuer sans rien faire !
– Vous auriez peut-être du. Ces Assassins, vous le savez tous, sont des envoyés de l'empereur et quiconque s'oppose à eux s'oppose à la volonté de notre souverain. Vous avez rompu le serment du soldat. Mais je vous suis reconnaissant. Sans vous, je serais mort.
Le sergent grimaça un rictus bien différent de ses sourires habituels.
– Qu'allez-vous faire, à présent ?
– Je n'ai pas d'autre choix que de partir. Je pense même quitter l'empire. Je serai considéré comme un déserteur, mais au moins garderai-je la vie.
Il hésita un instant puis continua, décidant de leur accorder totalement confiance :
– Je dois veiller sur quelque chose, et pour cela je dois survivre.
– Nous allons venir avec vous, répondit Seriel, s'instaurant porte-parole de la troupe. S'ils ne vous trouvent pas, ils s'en prendront à nous. Et puis, nous avons rompu notre serment ! Il n'y a plus que vous à qui nous devons obéissance !
– Si vous êtes surs de votre décision, je l'accepte avec joie. Mais je veux que vous me suiviez de votre plein gré. La désertion est punie de mort, vous le savez.
– Oui, lieutenant !
Tous les hommes vinrent serrer l'avant bras de leur chef dans le salut traditionnel des soldats aïrans. Ils le conduisirent ensuite auprès des chevaux et d'Étoile de Minuit, qui frotta sa magnifique tête de pur-sang contre le torse de son maître, heureuse de le retrouver, et qui paraissait à présent en pleine santé. Il la caressa longuement, lui aussi soulagé de la revoir, et se dit qu'il réfléchirait à ce mystère plus tard. Après tout, sans elle, il ne serait plus qu'un cadavre, une victime de plus des Assassins ! Il se tourna enfin vers les soldats, regroupés derrière lui.
– Rentrons à la caserne chercher ce dont nous aurons besoin pendant ce voyage. Nous partirons cette nuit même. Il faudra faire vite. À l'aube, nous devrons être hors de vue de la ville.

* * *

Les flammes avaient entièrement dévoré la caserne, désormais réduite à un tas de ruines fumantes. Edwin s'approcha doucement du tas de pierres brûlées qui correspondait aux écuries. Il avait laissé Étoile de Minuit avec ses hommes et n'était accompagné que de son second, lui aussi à pied. Quand ils avaient aperçu la fumée qui s'élevait en volutes paresseux, le lieutenant et le sergent avaient décidé d'y aller seuls. Ils avaient gravi la dernière colline et s'étaient arrêtés au sommet, stupéfaits. Rien n'avait échappé à l'incendie et c'était une scène de fin du monde qui s'étendait sous leurs yeux.
Arpentant les décombres, les deux hommes comprirent peu à peu ce qui s'était passé. Cet incendie n'était pas accidentel, évidemment, et c'étaient les Assassins qui l'avaient allumé. Des traces d'huile de laar sur les pierres en témoignaient. En effet, eux seuls utilisaient cette arme, bien trop dangereuse pour qui n'y était pas initié. Lors de l'embuscade, il devait y avoir un espion impérial caché dans un recoin. Celui-ci s'était empressé d'aller prévenir l'empereur, qui avait ordonné d'incendier la caserne. Le temps qu'avaient passé les soldats dans la ruelle de la ville basse les avait sauvés.
Edwin et Seriel se regardèrent. Il ne pouvait y avoir aucun survivant, et rien à récupérer. Les flammes avaient tout détruit. Ils fouillèrent tout de même rapidement les décombres, par acquis de conscience. Ils ne trouvèrent que des cadavres calcinés et des cendres, vestiges d'objets qui avaient eu auparavant une grande valeur, sinon pécuniaire, du moins sentimentale. Seriel s'arrêta devant plusieurs corps, recroquevillés près de la citerne, des anses en métal noirci à la main, vestiges de seaux. Ils étaient encore reconnaissables malgré les brûlures qui les couvraient. Edwin s'agenouilla près d'eux et murmura une courte prière. Le caporal Halser, dans un dernier acte de bravoure, avait tenté d'éteindre le feu, aidé de sept des soldats de l'escouade.
Edwin fit signe à Seriel et tous deux remontèrent la colline pour rejoindre leurs hommes. C'était Edwin qui devait, en tant que plus haut gradé, leur annoncer la funeste nouvelle.
– Tout à brûlé. Les Assassins ont détruit la caserne. Il n'y a plus rien et nous devons partir au plus vite, avant qu'ils ne reviennent. Tout le monde à cheval.
Une jeune recrue, Eiwar Sannader, qui n'était que depuis quelques mois avec l'escouade d'Edwin, s'approcha :
– Et... Et les corps, lieutenant ? On ne peut pas les laisser ! Il faudrait leur rendre les derniers hommages !
– Comment faire ? Soit on les abandonne, soit on les rejoint dans l'autre monde !
– Je pense que ce serait possible de les emmener.
– Tu es fou ! Nous serons poursuivis par des centaines d'espions, de soldats et d'Assassins, et toi tu veux que nous emmenions quatre-vingts cadavres avec nous ? Non seulement ils nous ralentirons, mais ils nous ferons repérer plus surement que si nous allions parader devant le Palais d'Argent vêtus d'armures en or ! C'est impossible !
– Mais, lieutenant ! Vous oubliez vos...
– Je n'oublie pas mes devoirs de citoyen aïran, reprit Edwin, radouci et surpris de s'être énervé ainsi. Si nous en avions la possibilité, nous nous occuperions de ces hommes qui furent des compagnons, des amis et des frères pour chacun d'entre nous. Mais nous ne pouvons rien faire pour eux. Nous devons partir, à moins de préférer la prison, la torture et la mort à la vie. Je suis désolé, Eiwar.
– Oui lieutenant, vous avez raison, excusez-moi.
– Non. Tu as eu raison de me poser cette question, et je comprend parfaitement que cela te tienne à cœur. C'est à moi de m'excuser. J'aurai du m'expliquer en gardant mon calme, je ne sais pas ce qui m'a pris. Allons-y, à présent.
Edwin et Eiwar enfourchèrent leurs montures puis le lieutenant se tourna vers ses hommes.
– Nous allons partir vers l'est en remontant le fleuve, mais nous resterons à distance de ses rives et des villages que nous verrons. Nous devons à tout prix passer inaperçus, et il faudra que nous soyons à plusieurs lieues d'Altaïr lorsque le soleil se lèvera. Nous allons passer par l'ouest pour quitter la ville, cela nous permettra d'éviter le palais. Ensuite, nous repartirons vers l'est.
Il fit demi-tour et prit la tête de la colonne qui s'enfonça dans la nuit.
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MessageSujet: Re: Mon roman (enfin le début, hein !)   Dim 11 Sep 2011 - 10:45

La suite Smile Smile Smile
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MessageSujet: Re: Mon roman (enfin le début, hein !)   Dim 11 Sep 2011 - 11:26

Woah Shocked Je suis épatée ^^ Je suppose qu'il y a beaucoup de travaille sous ces phrases =) Kamaria, je pourrais te proposer un site que tu aimerais peut-être. Un site sur l'écriture =) Si la curiosité de chipote un peu je pourrais te donner l'adresse =)
En bref, j'aime beaucoup ton histoire ^^
Vivement la suite! cheers
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MessageSujet: Re: Mon roman (enfin le début, hein !)   Lun 12 Sep 2011 - 14:40

Merci à vous deux !
Pour la suite ben... Faudra patienter... Longtemps... Le reste c'est encore dans ma plume ! Mr.Red
@Safitunisie : oui, je veux bien que tu me donne l'adresse du site !
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MessageSujet: Re: Mon roman (enfin le début, hein !)   Mar 13 Sep 2011 - 0:04

Tiens voici le lien ^^ http://skydreams.forumactif.org/ J'espère que le forum pourra t'apporter de l'aide si tu en as de besoin Smile
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MessageSujet: Re: Mon roman (enfin le début, hein !)   Mar 13 Sep 2011 - 9:02

excellent Very Happy j'adore vraiment votre histoire Demoiselle Kamaria Very Happy j'attend la suite avec impatience !!!! Very Happy
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MessageSujet: Re: Mon roman (enfin le début, hein !)   Jeu 15 Sep 2011 - 15:20

Merci messire Skugenfolk Smile

Merci pour le lien Safitunisie !
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MessageSujet: Re: Mon roman (enfin le début, hein !)   Jeu 15 Sep 2011 - 22:31

Un plaisir de partager un lien qui apportera, j'espère, une aide à ton histoire ^^
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Mon roman (enfin le début, hein !)
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