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 Sports et jeux au moyen âge

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tahliana
Bourgeois, Bourgeoise
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MessageSujet: Sports et jeux au moyen âge   Lun 15 Jan 2007 - 9:19

Les sources et traces des jeux et sports traditionnels (Première partie)

On distingue mal entraînement militaire et exercices physiques au Moyen âge ; sans doute un aspect permanent du sport. Chrétien de Troyes n'a-t-il pas emprunté son sujet à la Grèce antique ? Des exercices des anciens, il nous reste les vestiges toujours admirés des stades et des amphithéâtres. Au Moyen Âge et à l'époque moderne, on ne construit plus d'équipements ludiques et sportifs de cette ampleur.
Le Moyen Âge et l'époque moderne sont en effet caractérisés par une activité ludique extrêmement diversifiée, mais on ne trouve plus d'activité sportive unificatrice, comme les Jeux olympiques grecs ou les Jeux romains.
A l'image de la société féodale puis de la société d'ordre, il y a autant de jeux que de royaumes, autant de pratiques sportives que de classes sociales. Si on organise une activité fusionnel, le spectacle de la joute, les fêtes sportives sur la place d'un village, la fusion s'arrête à l'espace du village , du bourg ou du château. Pourquoi construire un gigantesque amphithéâtre pour une fête locale ou pour un tournoi, organisé dans une seigneurie ou réunissant les seules membres de la cour de France ?

Pour les jeux d'exercices physiques, les codifications sont variées et en cours d'élaboration au Moyen Âge et à la Renaissance. L'existence de diverses règles induit la possibilité de transgresser ces mêmes règles. Si on connaît les jeux par les auteurs médiévaux, on connaît donc surtout les règlements et décisions de justice (lettres de rémission). La société médiévale et d'Ancien Régime était aussi une société de pouvoir : pouvoir politique et pouvoir religieux, qui ont influencés les pratiques sportives et ludiques. On connaît donc les jeux par la répression et le contrôle des jeux. Les pratiques sportives doivent être interprétées à la lumière de tous ces paramètres pour être comprises. Les pratiques sportives sont au centre de toute civilisation, celle du Moyen Âge, de la Renaissance, comme de la nôtre.

Les voyages d'un mot , le «sport»

Les exercices physiques sont une création française

Contrairement à ce que l'on croit généralement, le sport, ou, plutôt, les exercices physiques médiévaux ne viennent pas d'outre Manche. C'est du moins l'interprétation classique de J.-J. Jusserand (Les sports et jeux d'exercices dans l'ancienne France, 1986). Pour dire «faire de l'exercice», on employait l'expression «prendre de l'esbat» ou «s'exerciter», comme en témoigne cette invitation poétique à l'entraînement d'Eustache Deschamps (v. 1346-v. 1406) :
«Exercitez-vous au matin Si l'air est clair et entérin (pur) Et soient vos mouvements trempés (exécutés avec mesure) Par les champs, en bois et es prés Et si le temps n'est pas de saison Prenez l'esbat en vos maisons
(D'un notable enseignement pour continuer santé en corps d'homme)

"Exercitez-vous au matin si l'air est clair et enterin..."

Le vocable sport vient aussi de France

Le mot sport lui-même n'est nullement un emprunt fait à nos voisins anglais ; le vocable leur venait de France : il s'agissait de notre ancien «desport», «desporter».
Les Anglais utilisèrent d'abord ce mot tel qu'ils l'avaient importé par l'intermédiaire des Normands. Leur grand poète du XIVe siècle, Chaucer (1340-1400), dans Tale of Melibeus, parle ainsi d'un jeune homme qui allait «pour son desport jouer aux champs».
Au XVIe siècle, Rabelais employait aussi notre vieux vocable dans son sens sportif :
«Se desportaient es prés et jouaient à la balle, à la paume, à la pile trigone, galamment s'exerçant les corps comme ils avaient les âmes précédemment exercé»
(Gargantua, chap. XXIII).
Le terme s'appliquait ainsi, dans les deux pays, à toute forme d'amusement, jeux de paroles comme jeux d'exercices physiques. La France montrait tellement l'exemple, que les Anglais employaient parfois pour désigner l'activité physique et ludique, un mot français, non pas «desport», mais «ébattements».
Le sport majeur au Moyen Âge est la guerre. Conscient de la fragilité de l'existence, l'homme médiéval joue et s'entraîne pour se défendre.

La guerre et l'esprit chevaleresque

«Le grand point, au temps passé, n'était pas d'être savant mais d'être fort»(J.-J. Jusserand, Les sports et jeux d'exercices dans l'ancienne France, 1986)
Au Moyen Âge, dans notre pays, les jeux physiques connurent une grande faveur. Il était nécessaire, nous dit Jusserand, d'être prêt à défendre sa vie. On mourait jeune et on s'attachait moins à l'existence qu'aujourd'hui. On la risquait donc pour le plaisir. Dans les tournois, le véritable enjeu était la vie. De là de nombreux décrets des rois et des papes interdisant les joutes en raison des morts inutiles que ces affrontements provoquaient.
«On faisait ainsi du sport sans le savoir»(J.-J. Jusserand); les jeux ressemblaient à la guerre et la guerre ressemblait aux jeux :
• l'escrime à la lance, le tournois étaient pratiqués à une large échelle par les nobles, pour se préparer à la guerre.
• Chez les citadins et les paysans, le tir permettait de gagner un prix, célébré en chansons et honoré en rasades, mais c'était aussi un moyen de devenir habile et de défendre le village.
On parle souvent de la législation ecclésiastique contre les jeux et des discours tenus par les moralistes et les théologiens s'élevant contre les affrontements mortels des luttes, des joutes et des jeux de balle. (Le sport chez un théologien)
Mais le phénomène le plus étonnant est la caution que l'Église a apporté aux exercices guerriers pratiqués par la noblesse en forgeant l'idéal chevaleresque.

La naissance de l'idéal chevaleresque

Durant le haut Moyen Âge et l'époque féodale, le pouvoir séculier contrôlait le pouvoir spirituel. A partir du XIe siècle, l'Église chercha à gagner son autonomie, puis intégra les laïcs à la réforme spirituelle en cours et aux croisades.
C'est dans ce contexte que naît l'idéal de la chevalerie. Après un long temps de formation comme page puis écuyer, l'apprenti chevalier était adoubé lors d'une cérémonie religieuse d'intronisation. Il recevait après la messe et le festin une épée bénie par le parrain. Il devait alors prêté un serment spécifiant qu'il devait vivre conformément à la loi de l'Église et à l'honneur de la chevalerie : protéger les faibles, les veuves, les orphelins ; servir les bonnes causes, poursuivre les malfaiteurs ; aider son prochain, ne pas trahir, ne pas tuer un homme sans défense. Mais la principale vertu du chevalier restait «la vaillance», c'est-à-dire la vertu guerrière.
On voit ainsi comment l'Église a christianisé de vieux usages profanes, en pérénisant et en cautionnant la spécialisation des chevaliers dans le combat.
Fossoyeur du sport antique, c'est paradoxalement le christianisme qui va inventer le sport moderne. Le développement de l'esprit chevaleresque s'appuyait sur des vertus que lui fixait l'Église ; celle-ci avait anéanti l'athlétisme antique ; elle fit surgir un autre type d'activité physique qui lui échappa bientôt.

Des jeux pour une société d'ordre

La société médiévale était une société d'ordre : la société était composé de trois classes caractérisées par des fonctions déterminées : les travailleurs, les hommes de prière et les guerriers. Cette partition correspond aussi aux trois ordres de l'Ancien Régime : le tiers état, la noblesse et les ministres de Dieu.
Ces ordres se sont appropriés les différentes activités de la société et, parmi elles, les activités physiques. En effet, parmi les jeux physiques :
• certains appartiennent à la noblesse : les tournois, les joutes, la chasse.
• d'autres sont plus des pratiques populaires : la soule.
• Quelques-uns semblent communs aux deux ordres : la lutte ou la quintaine.
• Enfin, tout le monde jouait à la paume y compris les ecclésiastiques !



Source:http://www.arena-stadium.eu.org/


Dernière édition par le Lun 15 Jan 2007 - 9:31, édité 2 fois
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tahliana
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MessageSujet: Re: Sports et jeux au moyen âge   Lun 15 Jan 2007 - 9:28

Sports et jeux au moyen age:deuxième partie

Les sports de la noblesse : les jeux de la guerre

Le noble, même si ses moyens ne lui permettent pas toujours de se faire armer chevalier, a pour principale occupation de se préparer à la guerre par des sports violents.

La chasse et la pêche

La chasse
La chasse était à la fois un excellent entraînement, un jeu passionnant et un sport utile (chasse nourricière). La chasse médiévale ressemble beaucoup à la chasse pratiquée par les Anciens (cf. 2.3 La chasse dans Rome et son Empire).
Elle exigeait un équipement coûteux et un personnel nombreux. La plus belle des chasses était la chasse au faucon, très accessible aux dames : des rapaces de haut vol (gerfaut, faucon) ou de bas vol (vautour), minutieusement dressés, attrapaient des rongeurs et de grands oiseaux (hérons, grues, canards).
L'art de fauconnerie était l'un des plus délicat. les seigneurs aimaient à se faire représenter sur leur sceau allant à la chasse, le faucon au poing. La meute était également un des éléments caractéristiques de la maison seigneuriale avec ses chenils, ses dresseurs. Les chiens, particulièrement entraînés, étaient de taille et de race sélectionné. Lors de la chasse au faucon, dès que ce dernier était à terre, le chien était capable d'achever sa victime tout en évitant de blesser le faucon.
Les magnifiques manuscrits enluminés du comte de Foix Gaston Phébus évoquent ces scènes de chasse, où l'on devait déployer mille astuces pour impressionner les gentes dames et les preux.

La pêche
La pêche en rivière ou en étang était souvent aussi sportive, comme la pêche à la loutre ou au saumon, avec tridents, chiens et filets lestés de plombs.

Les exercices militaires

De nombreux exercices militaires venaient animer la vie quotidienne un peu terne du château seigneurial.
• Á deux, on pouvait s'entraîner au «béhourd», sur un champ ou dans les lices du château, en s'élançant l'un contre l'autre, rompant des lances et tâchant de se désarçonner mutuellement.
• Parfois, on dressait une quintaine, gros mannequin avec haubert et écu fixé sur un pieu enfoncé dans le sol ; les chevaliers tentaient au grand galop de renverser la quintaine en la frappant de leur lance au milieu de l'écu; On ne devait pas frapper plus de cinq fois d'où le nom de cet exercice, la quintaine. Si le coup était dévié, le mannequin pivotait, et un de ses bras, muni d'ue forte lance envoyait le maladroit mordre dans la poussière. C'était un exercice de préparation à la joute. Mais comme il était pratiquement sans risque il dériva et devint aussi un jeu de manants.
• Les jeunes s'entraînaient également à l'escrime: au baton, à l'épée, à la lance.
Les adaptations cinématographiques des romans de chevalerie montrent des reconstitutions souvent fidèles de ces pratiques sportives : Lancelot de Robert Bresson par exemple.
Mais l'entraînement majeur au combat se faisait dans les tournois et dans les joutes.

Tournois

Pour l'historien Huizinga, le véritable sport de l'aristocratie médiévale c'est la guerre. Mais, du fait que l'on ne peut continuellement guerroyer, on se livre au tournoi ou à la joute. Là on limite la bataille.
Toutefois la différence entre ces deux faits d'armes reste difficile à cerner. Les tournois rassemblaient sans doute des équipes plus fournies que les joutes et les faisaient s'affronter en rase campagne. Á la fin du Moyen Âge les tournois tombèrent en désuétude au profit des joutes.
Ces spectacles d'origine indéniablement païenne rassemblait la fleur de la chevalerie.
Chaque combattant était reconnaissable à son timbre et à sa bannière. les spectateurs s'entassaient dans des hourds, sortes de tribunes, dominant l'enceinte entourée de lices de bois ou de champs clos. Là s'affrontaient les champions par équipes régionales ou nationales ou individuellement.
Les tournois et les joutes étaient ordonnés selon des règles très strictes :
• Présentation des champions et des bannières
• Armement du chevalier par le soin de l'écuyer
• Choix de la dame
• Des hérauts d'arme donnaient le signal des combats. Le jeu consistait alors pour le cavalier armé d'une lance à foncer sur son adversaire et à tenter de le désarçonner en le frappant à l'aide de sa lance, ce dernier tenait vis-à-vis de lui une conduite identique. Malgré l'épaisseur des cuirasses, les combats causaient fréquemment des blessés, parfois des morts.
• Les vaincus devaient abandonner leurs chevaux, leur harnachement, payer rançon. Les vainqueurs, outre le prix accordé au plus vaillant (faucon dressé, couronne, mouton doré) et le prestige dont ils jouissaient auprès de leur dame, pouvaient également gagner un bon pactole.

"Pour quantités de chevaliers, guerre et tournois c'est tout un" Georges Duby
Ainsi, les jeunes en mal d'aventure et fe fortune faisaient souvent la tournée des lices. On connaît l'exemple de Guillaume le maréchal, grâce à la biographie qu'en a fait l'historien Georges Duby : ce baron anglais, en quelques mois, triompha avec un associé de 203 chevaliers. Le combat était si rude que le maréchal parfois, ne pouvant plus retirer son casque, dut aller le faire décabosser, à grands coups de marteaux chez le forgeron
Georges Duby, citant les écrits de Jean le Trouvère, détermina la zone de prédilection des compétitions, limité par Fougères, Auxerre, Épernay, Abbeville.
Le tournoi et ses coutumes influencèrent les guerres. Et même «pour quantité de chevaliers, guerre et tournoi c'est tout un.»(G. Duby).
«Un chevalier ne peut y briller (à la guerre) s'il n'y est préparé par les tournois. Il faut qu'il ait vu son sang coulé , que ses dents aient craqués sous les coups de poing, que, jeté à terre, il y ait senti le poids du corps de son adversaire et, vingt fois désarçonné, que vingt fois il se soit relevé de sa chute, plus ardent que jamais au combat.»(Roger of Hoveden)

Les joutes

La joute était un duel, on se battait seul à seul et l'on pouvait finalement mieux montrer ses capacités. La joute se courrait au meilleur des trois lances. Souvent on rompait les lances.

La joute du roi Henri II contre Montgoméry le 10 juillet 1559 est restée tristement célèbre. Cette compétition devait célébrer la paix conclue avec la Maison d'Autriche et scellée par un double mariage. Le vendredi 30 juin 1559 les joutes commencent à Paris, rue Saint-Antoine, dépavée pour la circonstance et recouverte de sable. Mécontent de sa première prestation contre Montgomery, le roi exige une seconde lance, ce qui est contraire à l'usage. Nostradamus pourtant avait prévu semble-t-il le drame : :
Le lion jeune le vieux surmontera
En champ bellique par singulier duelle
Dans cage d'or les yeux lui crevera
Deux classes, une puis mourir mort cruelle

Montgoméry oublie de changer de lance ce qui était aussi contraire à la coutume. Le choc entraine la rupture de cette lance qui pénètre à travers la visière du casque d'Henri II. Après bien des tentatives, les médecins du royaume ne pourront le sauver. Le roi meurt le 10 juillet.
Cet épisode apparemment anecdotique, est en fait riche de conséquences sur le plan politique et symbolique :
• En premier lieu, on remarque que les rois du premier XVIe siècle, François Ier et Henri II, étaient les premiers souverains de la Renaissance française, mais ils étaient encore très attachés à l'idéal chevaleresque : en organisant des joutes, Henri II montre qu'il est avant tout le premier des seigneurs de France et qu'il doit comme tout seigneur faire preuve de vaillance et de courage.
• Sur le plan historique, cette joute a changé le visage de la France : si Henri II n'était pas décédé, le prolongement normal du règne aurait assuré la répression de l'hérésie protestante et aurait ainsi évité la guerre civile.

La dernière joute

Ce triste épisode marqua la fin des joutes. Toutefois la langue française conservera de ce sport certaines expressions, telles «entrer en lice» et «rompre des lances».
Si les joutes et les tournois étaient pratiqués exclusivement par les hautes classes de la société, le jeu de paume passionnait tous les Français, du vilain au roi.

Jeux de balles et jeux de mains

Le jeu de paume

Ce jeu est connu puisqu'il se présente comme l'ancêtre du tennis. Le jeu de paume est connu dans notre pays dès le XIe siècle. Il s'agissait de renvoyer avec la main la balle par-dessus une corde puis plus tard un filet à son ou ses adversaire(s).
Vers 1450, après que l'on eut joué uniquement à main découverte ou avec un gant, on eut l'idée d'utiliser des cordes et des tendons afin de renvoyer la balle plus facilement ; ce fut l'invention de la raquette.
Érasme écrit, en 1541, que «l'on compte par quinze, trente, quarante ou avantage. On renvoie la balle de volée après le premier bond ; au second le coup est mauvais». Ainsi furent définies les règles du futur tennis.
Au XVIe siècle, on eut aussi l'idée de circonscrire le champ de jeu et de l'entourer de murs. Les camps étaient d'abord séparés par des cordes d'où pendaient des franges ; l'invention du filet date de 1600.
En pleine air on utilise la longue paume et en salle la courte paume. Cette salle c'est le tripot ou jeu de paume. La forme la plus ancienne est la longue paume qui se joue sur un terrain de terre battue d'environ 80 m sur 15 m.
Le nombre des jeux de paume construits en France jusqu'au milieu du XVIIe siècle fut prodigieux. L'Anglais, Robert Dallington, maître d'école qui séjourna en France sous Henri IV, affirme que l'on jouait à la paume en France plus que dans tout le reste de la chrétienté. Et il ajoutait : «il y a plus de joueurs de paume en France que d'ivrognes en Angleterre.»
En effet on jouait à la paume, nous dit Jusserand, dans toute la France et quelque soit le temps, même pendant les guerres, par tous, des vilains jusqu'au roi. Dans une chronique de Geoffroi de Paris, on peut lire à propos du roi Louis X le Hutin :
Il avait joué à un jeu
qu'il savait
Á la paume
Si but trop froid et se boua
Là il perdit plumes et pennes
Autrement dit il trépassa

Le jeu de paume a donc passionné les français à tel point d'ailleurs que, de même que pour les tournois, des ordonnances d'interdictions - hors le dimanche et les jours fériés - furent promulgués sous le motif que l'on y perd son temps : «Les religieux même se laissaient entraîner, et le Concile de Sens leur interdisait, en 1485, de jouer à la paume surtout en chemise et en public.»(J.-J. Jusserand, op. cit., p. 241)
La décadence de la paume commença au XVIIe siècle, sous Louis XIV, alors qu'en Angleterre elle proliféra sous une forme remaniée qui revint en France sous le nom de tennis, mot dérivé du français «tenez».

La soule ou la choule

La soule, ou choule, est le jeu populaire par excellence. Le plus souvent il opposait deux paroisses. Á l'occasion d'une fête chacun des deux villages composait une troupe. Le but du jeu consistait à faire pénétrer une grosse balle de cuir, la choule, dans le camp opposé.
Mais ce n'était pas qu'un jeu populaire. Les rois aussi jouaient à la choule, comme Henri II.
Il semble que ce soit d'abord dans la région nord-ouest de la France que l'on joue à la choule. La soule existait aussi en Angleterre sous le nom de Hurling over country, puis de football. D'après Jusserand, ce jeu proviendrait de la Normandie, car tout ce qui «était jeu, amusement, délassement en Angleterre était, au Moyen Âge, d'origine normande ou angevine».
En Italie on pratique le calcio, jeu qui tire son nom du pied (cf.Mercurialis (1530-1606), De arte gymnastica).

Les autres jeux

On pratiquait aussi :
• le crosse, très appréciée des jeunes, semble-t-il. La crosse était un bout de bois courbé à sa partie inférieure dont on se servaitt pour pousser une balle. Le jeu serait l'ancêtre de nombres d'autres : le golf, le hockey, le mail, le cricket.
• la lutte, sport très populaire, particulièrement en Bretagne, où le dimanche après midi on lutte sur la place du village. Seigneurs et rois luttent aussi, car dans la guerre «l'habilité à la lutte était si importante qu'elle compensait parfois le défaut d'expérience militaire».(J.-J. Jusserand, op. cit., p. 169). On se battait souvent en effet au corps à corps.
• la cournée, jeu extrêmement dangereux. Il consistait à lancer à l'adversaire des projectiles de pierre.
• le tir à l'arbalète et le tir à l'arc recommandés par les souverains pour pouvoir disposer de troupes efficaces. Les sociétés de tir dans les villes et les villages français bénéficiaient ainsi d'un certain nombre d'avantages (exemption d'impôts...).
Mais tous les jeux n'étaient pas des jeux guerriers. Ainsi les sources iconographiques nous montrent que les hommes du Moyen Âge, qui nous semblent si loin de nous, pratiquaient aussi les sports d'hiver et la natation.(Les jeux ludiques : la neige et l'eau)



Source:http://www.arena-stadium.eu.org/
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Godefroy de Bouillon
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MessageSujet: Re: Sports et jeux au moyen âge   Lun 15 Jan 2007 - 15:37

Dame Tahliana,

je vous félicite pour votre travail de recherche......

+1 pour vous......... Wink Wink

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Sois sans peur face à ton ennemi
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tahliana
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MessageSujet: Re: Sports et jeux au moyen âge   Lun 15 Jan 2007 - 17:00

Merci à vous! C'est un vrai plaisir de pouvoir partager ses recherches avec d'autres passionés Smile
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Wallace
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MessageSujet: Le tournoi à la fin du XIIème siècle   Ven 3 Oct 2008 - 12:04

Cet article provient de www.fiefetchevalerie.com
leur autorisation m'a été accordé afin de le faire paraître ici.
Par Julien Braconnier

Entre leurs lances ne peut courir le vent (Chanson d'Aspremont, XIIème siècle)

Le mot « Tournoi » évoque en chacun de nous l'image d'Epinal qui veut que deux chevaliers lourdement armurés, lancés l'un contre l'autre de part et d'autre d'une lice tentent de se désarçonner à l'aide de leur lance. Il s'agit effectivement d'un tournoi mais d'une conception assez tardive. Cette pratique « de duel » à cheval n'apparaît qu'au milieu du XIVème siècle.

Bien entendu le tournoi en lice n'a pas vu le jour ex-nihil, il est l'évolution d'une pratique plus ancienne née, semble t il, au XIème siècle.

Le vocable « Torneamentum » apparaît pour la première fois dans les textes en 1066. A partir de cette date il n'aura de cesse de se développer en France.

A quoi ressemble le tournoi au XIIème siècle ?

Avant tout chose, précisons que le tournoi est un jeu, un jeu violent certes, mais assurément un jeu. Il prend la forme d'un combat de plaisance, d'une guerre simulée.

Nous allons tenter de brosser ici une description du tournoi tel qu'il était pratiqué à la fin du XIIème siècle.
Nous verrons tout d'abord où et quand se tenaient ces rencontres, qui y participaient, de quelle manière et enfin quelles étaient leurs motivations.

La France du nord est le berceau historique des tournois.

La plupart des combattants sont issus des provinces du Parisis, du Valois, de la Brie, de la Champagne, de la Flandres, de la Normandie, de la Bourgogne et du Poitou (seule province à ne pas faire partie des principautés françaises du nord). La France est ainsi le paradis des tournoyeurs.

Les rencontres s'y déroulent aux marches des provinces, souvent loin des villes et des châteaux.



Apres avoir choisi un lieu pour la rencontre, on fixe des limites de « jeu ». Elles sont souvent très vagues, le champs de manoeuvre est « open Field », bien souvent on prend l'étendue séparant deux villages ou quelques fois le hasard de la rencontre entre deux équipes décide du théâtre des opérations.

On « tournait » à la belle saison, au printemps principalement, les dates étant choisies et fixées en rapport avec des fêtes religieuses (pentecôte, pacques).
Les « miles » qui viennent tournoyer (ou « tourner ») sont essentiellement composés de « Juventes ». Cette « classe » est celle des chevaliers adoubés qui se situe entre leur apprentissage et leur mariage. Les plus nantis jouissent de « l'aide et du patronage » de leur père, de leur oncle ou de leur suzerain. On leur verse une rente, une pension en deniers, pour financer leur « sport ».

Ils supporte à leur tour le train de vie des autres Miles en les engageant ou en les entretenant auprès d'eux au sein d'un « Conrroi ».

Certains champions étaient très convoités et les grands capitaines se les arrachaient comme le feraient aujourd'hui les clubs de football lors d'un transfert de joueur.

Les équipes étaient composées de nombreux cavaliers (miles equites), regroupant indifféremment chevaliers et sergents montés. Elles possédaient également de l'infanterie en nombre (miles pedites).

Vers 1180, le Comte de Flandre possédait une équipe de deux cent chevaliers environ, auxquels venaient s'ajouter des sergents à cheval ainsi que des gens de pieds (qualifié de sergent).

Une équipe se divisait elle-même en une myriade de petits groupes. On les nommait « conrroi ». Les Miles s'y regroupaient par liens d'intérêt, de solidarité, d'amitié, de clientélisme, d'origine géographique, familiale, parfois tout à la fois.

Le tournoi permet aux combattants désoeuvrés (chevaliers) d'avoir un exutoire tout en entretenant leur vaillance et leur aptitude à combattre. Mais le tournoi n'est pas seulement une projection ludique de l'agressivité et une activité formative de la chevalerie, il est aussi un jeu vénal dont les enjeux sont des gains énormes pour qui saura se les accaparer.

Les Chevaliers ambitionnent évidement de briller, d'acquérir du renom. Mais ils envisagent aussi de s'approprier, de prendre, de remporter un maximum de rançon, d'armes ou de chevaux.

Le tournoi est le lieu de tous les dangers, ont court le risque d'être « mis à merci »et se voir dépouiller de son harnois, de ses armes, de son destrier, ainsi que de sa parole ou de sa personne que l'on récupéra contre rançon.

Les tournois favorisent d'ailleurs la circulation des pièces de monnaies en cette fin de XIIème siècle dynamisant durablement le système monétaire.

Lorsqu'on est vainqueur et riche, il faut tenir son rang, on dépense donc naturellement les fortunes acquises. On joue aux dés ou au tric trac. On achète de nouveaux chevaux. On fait remailler son haubert chez le haubergier ou redresser son heaume. En un mot, on flambe !

Au regard des enjeux « financiers » et des rivalités existantes entre les belligérants, la mentalité des tournoyeurs de ce temps n'était pas emprunte de ce que nous désignons aujourd'hui sous l'anglicisme « fair-play ».

La chronique de Guillaume le Maréchal, le plus « grand chevalier du monde », figure emblématique du tournoi au XIIème siècle, raconte que ce dernier s'assis un jour sur un adversaire mis a terre afin qu'il ne puisse prendre la fuite pour pouvoir ainsi le dépouiller...

Gislebert de Mons nous rapporte une autre anecdote illustrant cela : en 1175 entre Braisnes sur Vesle et Soissons se tint un tournoi qui opposa le comte de Flandres au Comte de Clermont en Beauvaisis. Le Comte de Flandres et ses deux cent chevaliers attendent leur adversaire sur une hauteur à proximité de Braisnes où le Comte adverse se cache. La nuit étant tombée, les Flamands se lassent et quittent leur position. C'est le moment que choisissent français et Champenois, fort de 120 sergents a pieds, pour quitter leur position et fondrent sur eux. Les Flamands sont d'abord mis en déroute, mais l'emporte in extremis, de nuit, grâce a leur infanterie appelé en renfort.



Au tournoi, comme à la guerre tous les coups sont permis pour l'emporter. Le concept de « fair-play » n'est pas identique au notre. On peut simplifier en disant qu'il importe de remporter la victoire avec panache et stratégie. « Les mauvais coups » sont admis si ils sont perpétrés avec la manière dans le seul but d'asseoir son succès.

Dés le premiers temps, les autorités ecclésiastiques ont mis à l'index le jeu du Tournoi. En 1130 au concile de Reims et de Clermont, puis en 1179 au concile de Latran III elles dénoncent « ces déplorables réunions ou foires que l'on appel vulgairement tournois où les chevaliers ont coutumes de se rendre »...

L'église prend des sanctions contre les tournoyeurs car pour elle le tournoi est « occasion de mort d'homme et de péril des âmes ».

Effectivement, il arrive parfois qu'on meure au tournoi. Les enjeux grisent les combattants ou une rancoeur reste tenace d'une rencontre à l'autre, les esprits s'échauffent alors et les combats deviennent moins ludiques...

A ce sujet, notons que les armes courtoises (émoussées) ne sont attestées qu'à partir du XIIIème siècle. Il est vraisemblable qu'elles aient néanmoins été déjà utilisées à la fin du XIIème siècle.
"UNE JOURNÉE A TOURNER"


Au matin les tournoyeurs s'arment face au « recès » (palissade de bois servant de refuge pendant la partie pour se reposer).
Un signal est donné, les équipes prennent placent dans l'air de « jeu ». Cette zone est variable et n'est pas matérialisé. Il peut s'agir de l'espace entre deux villages ou bien d'une ville elle-même (Maastricht fut le théâtre d'un tournoi urbain).
Une fois les hostilités ludiques engagées chaque « capitaine » engagent ses « conrrois » et ses sergents dans le jeu.
Un peu avant la fin du jour, chacun regagne son camps. On déclarait alors le tournoi terminé.
Commençait alors un autre jeu, celui du commerce au sens large. On payait rançon, rachetait chevaux et armes, jouait ses gains, etc.
Mais déjà on préparait sa participation à la compétition prochaine.
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Sports et jeux au moyen âge

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